Le patriarche maronite Béchara Raï, à Baabda, le 23 avril 2026. Photo X / @LBPresidency
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a assuré jeudi que « les négociations [avec Israël] sont une nécessité », ajoutant qu' « aucune concession ne sera faite » sur les droits du Liban. Le chef de l'Église maronite a fait ses déclarations lors d'une visite auprès du chef de l'Etat, Joseph Aoun, qu'il a soutenu dans la démarche diplomatique de contacts directs avec Tel-Aviv.
« Le président de la République assume la responsabilité de ses choix nationaux. Il est attaché aux droits du Liban et à sa souveraineté (...) Assez de destruction, de dévastation et de guerres ! » », a déclaré Mgr Raï depuis Baabda. Il a insisté sur le fait que Joseph Aoun « représente tous les Libanais et parle en leur nom, et pas en tant que maronite. Aucune concession ne sera faite dans les négociations sur quelque question ou droit que ce soit concernant le peuple libanais. »
Raï salue le discours post cessez-le-feu de Joseph Aoun
Joseph Aoun a annoncé mercredi que le Liban solliciterait une prolongation du cessez-le-feu à Washington jeudi, lors du deuxième contact direct entre le Liban et Israël depuis 1983, une fois de plus au niveau de leurs ambassadeurs respectifs aux États-Unis. C'est le président libanais qui avait, le premier, appelé à des négociations directes avec Israël, dès le début de la reprise de la guerre le 2 mars. Un appel initialement refusé par l’État hébreu, et qui a suscité l'ire du Hezbollah.
« Le discours du 17 avril est crucial et restaure la dignité. Il est conforme au discours prononcé lors de la prestation de serment du président », a encore lancé le patriarche maronite, en référence à la première allocution du chef de l’État au lendemain de l'entrée en vigueur d'une trêve de 10 jours avec Israël. M. Aoun avait alors déclaré que les négociations avec Israël ne sont « pas un signe de faiblesse », mais une démarche visant à préserver les droits, la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban. Il avait souligné que le Liban ne serait « plus le théâtre de guerres étrangères », ajoutant que le pays négocie selon ses propres conditions.
Solidarité avec le commandant de l'armée
« L'ouverture de couloirs humanitaires pour les populations réfugiées dans les villages du Sud est un droit et un devoir international », a encore lancé le patriarche, alors que quelques localités, majoritairement chrétiennes et certaines druzes ou sunnites, sont toujours habitées dans le sud du Liban, malgré l'invasion israélienne et l'établissement, unilatérale et à coup de démolitions de grande ampleur, d'une « zone tampon » en territoire libanais.
Enfin, outre son soutien au chef de l’État, Mgr Raï a également affiché sa solidarité avec le commandant en chef de l'armée, un autre responsable maronite. Rodolphe Haykal est sous le feu des critiques, en interne et au niveau international, notamment de la part Israël et des États-Unis, pour son refus de désarmer le Hezbollah par la force. « Le commandant de l'armée agit avec sagesse et prudence, il mérite le soutien de tous », a souligné le chef de l’Église maronite.


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La visite est un appui au Président dans cette période difficile. Le patriarche est pour la neutralité du Liban et donc pour la fin de l’état de guerre avec le puissant voisin, qu’on attaque chaque fois “nous-mêmes” avec toujours le même résultat pathétique. Le Président ne doit plus déclarer que ce n’est pas une soumission que de négocier. Il doit sauver le Liban et tous les Libanais, et il n’a pas à s’en défendre. On a vu où nous ont emmenés les fanfaronnades et les guerres stupides d’autrui.
07 h 36, le 24 avril 2026