Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre libanais Nawaf Salam après leur rencontre au palais de l’Élysée à Paris, en France, le 21 avril 2026. Ludovic Marin/Pool via REUTERS
Le président français Emmanuel Macron a estimé mardi, lors d'une conférence de presse à l'Élysée avec le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, qu'Israël devait « renoncer à ses visées territoriales » au Liban, ajoutant que le Hezbollah devait « cesser » ses tirs vers le territoire israélien et être désarmé « par les Libanais eux-mêmes ».
Le cessez-le-feu de dix jours, le premier en cours depuis le début de la nouvelle guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars, « devra être étendu afin de permettre l'amorce d'une véritable dynamique de stabilisation », a dit le président français devant la presse aux côtés de M. Salam. Il a plaidé pour un « accord politique entre Israël et le Liban qui garantisse la sécurité des deux pays, l'intégrité territoriale du Liban, et pose les jalons de la normalisation de leurs relations ». Emmanuel Macron a aussi assuré que la France était « prête à maintenir son engagement sur le terrain » après le départ des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), programmé pour la fin de l'année, mais a aussi appelé les Etats-Unis à aider la France « à négocier une nouvelle résolution » pour reconduire la Finul ou en définir « une nouvelle version ». Samedi, un soldat français de la Finul a été tué et trois autres blessés dans une embuscade tendues par des éléments armés au Liban-Sud. Emmanuel Macron a pointé du doigt le Hezbollah, qui se défend de ces accusations.
« Nous croyons dans un désarmement du Hezbollah par les Forces armées libanaises », que ce soit par la force ou la négociation, selon le « chemin » que choisiront les autorités de Beyrouth, a-t-il également dit. « Aussi longtemps qu'il y a une force qui occupe le territoire libanais ou qui bombarde, elle affaiblit la capacité à désarmer le Hezbollah dans la durée », a-t-il mis en garde. La stabilisation implique que le Hezbollah « cesse de viser Israël et de prétendre se substituer à l'Etat dans l'exercice de ses prérogatives », mais aussi « qu'Israël renonce à ses visées territoriales et comprenne que la condition de sa sécurité est un État libanais fort, et non une politique du chaos », a-t-il insisté.
De son côté, le Premier ministre libanais a affirmé que Beyrouth réclame le « retrait total » des forces israéliennes de son territoire, mais aussi le retour des prisonniers et des déplacés libanais, dans le cadre des négociations directes engagées avec Israël. « Il ne peut y avoir de stabilité durable sans un retrait complet d’Israël du territoire libanais, la libération des détenus et le retour des personnes déplacées dans leurs foyers et villages détruits, ce qui remet aussi à l’ordre du jour le besoin de préparer une conférence internationale pour le redressement et la reconstruction », a-t-il dit.
Le chef du gouvernement a également affirmé que son pays avait besoin « de 500 millions d'euros pour faire face à la crise humanitaire au cours des six prochains mois ». Au Liban, où un cessez-le-feu fragile de dix jours est entré en vigueur vendredi dernier, la situation reste très instable, alors que le conflit a déjà fait plus de 2 300 morts et des milliers de blessés côté libanais. De nouvelles discussions directes sont prévues jeudi à Washington entre diplomates israéliens et libanais.
« La diplomatie n’est pas un signe de faiblesse »
M. Salam a aussi dit soutenir pleinement ces négociations avec Israël « au nom de la souveraineté de l’État libanais dans la conduite des décisions de guerre et de paix ». Il s’est dit « convaincu que la diplomatie n’est pas un signe de faiblesse, mais un acte responsable, afin de ne laisser aucune voie inexplorée pour restaurer la souveraineté de mon pays ». Au sujet de ces négociations, M. Macron a déclaré que la France aiderait les autorités libanaises à les préparer, même si Paris ne participe pas directement aux discussions. Il a estimé qu’il était « secondaire » pour la France d’être assise à la table des négociations, soulignant qu’il est dans l’intérêt du Liban que tous contribuent à l’aider dans ce processus. La France, qui entretient des liens historiques étroits avec le Liban, a cherché à jouer un rôle dans ces discussions, mais s’est heurtée à des réticences de la part d’Israël et des États-Unis.
Au début de sa prise de parole, M. Salam a indiqué que le président Macron « n’a cessé de manifester, en toute circonstance, un soutien constant à l’État libanais et à ses orientations ». Il l’a également remercié pour « l’aide militaire et humanitaire apportée à l’armée libanaise ainsi qu’aux Libanais ». Il a, dans ce cadre, indiqué avoir abordé avec le président français la conférence de soutien à l’armée libanaise qui devait avoir lieu le 4 mars. Il a affirmé que cette conférence est aujourd’hui nécessaire « notamment à la lumière de la décision historique prise par le gouvernement libanais, qui a affirmé le caractère illégal de l’activité armée du Hezbollah ». Le chef de l'Etat français a, lui, promis de reprogrammer une conférence de soutien aux forces armées et aux forces de sécurité libanaises, initialement prévue début mars, dès que Beyrouth le jugera « utile ».
La France avait affirmé dimanche que la visite du chef du gouvernement permettrait de rappeler son « soutien » à « l'intégrité territoriale » du Liban et à ses efforts pour désarmer le Hezbollah implanté dans le sud du pays. Mais l'Elysée a semblé relativiser mardi la « zone tampon » instaurée par Israël dans cette région. En effet, plus tôt en journée, la présidence française avait jugé que la « zone tampon » imposée par l'armée israélienne dans le sud du Liban était « temporaire », sans réclamer son démantèlement immédiat, tout en affirmant que « l'intégrité territoriale » libanaise devra être respectée « à l'issue des négociations » entre les deux pays.



Bien entendu ce Napoleon a assiste comme d'habitude aux guet apens du Hezb et bien entendu de Poutine ici a l'arriere
20 h 52, le 22 avril 2026