Soeur Maria Wehbé se tient dans la cour de l'école Antonine endommagée par les bombardements israéliens à Nabatiyé, le 20 avril 2026 au Liban-Sud. Photo Mahmoud Zayyat/AFP
Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours depuis vendredi, et alors que de nouvelles discussions directes entre le Liban et Israël doivent avoir lieu jeudi à Washington, la situation au Liban-Sud reste tendue, avec la poursuite d’opérations militaires israéliennes et de nouvelles menaces israéliennes contre le chef du Hezbollah. L'aviation de chasse a ainsi mené mardi une première frappe depuis le début de la trêve. L'armée de l'État hébreu a également réitéré son interdiction faite aux habitants de regagner leurs localités et continue de mener des tirs d’artillerie, des bombardements et des dynamitages d’habitations et d’infrastructures civiles dans plusieurs zones du Sud. Selon un bilan officiel, 2.387 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.
Israël ordonne aux habitants du Sud de ne pas revenir chez eux
Dans un message publié sur X par son porte-parole arabophone Avichay Adraee, l’armée israélienne a sommé les habitants du Liban-Sud de ne pas regagner leurs localités ni de s’approcher de la « zone tampon » qu’elle a instaurée, carte à l'appui. Au total, les habitants de 47 localités du sud ont été explicitement interdits de retour : Bayada, Chamaa, Tay Harfa, Abou Chech, Naquoura, Jibbein, Dhaïra, Matmoura, Yarine, Zaloutiyé, Oum Touté, Beit Lif, Boustane, Chihine, Marwahine, Ramiyé, Salhani, Aïta el-Chaab, Hanine, Tiri, Rchaf, Yaroun, Maroun el-Ras, Bint Jbeil, Aïnata, Kounine, Aïtaroun, Blida, Maïhabib, Meis el-Jabal, Qalaat el-Debbé, Houla, Markaba, Talloussé, Bani Hayyan, Rab el-Thalatine, Adaïssé, Kfar Kila, Taybé, Deir Seriane, Kantara, Aalman Marjaayoun, Adaïssé el-Qasr, Labbouné, Iskandarouna et Maïssate.
Premier raid d'un avion de chasse
Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent. Un avion de combat israélien a mené pour la première fois depuis le début du cessez-le-feu une frappe au Liban-Sud. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, ce raid a visé la vallée de Wadi Houjeir, l’une des limites géographiques de la « zone tampon » que souhaite imposer Israël au nord de la Ligne bleue. L’armée israélienne avait jusque-là mené plusieurs frappes de drone depuis le début du cessez-le-feu, dont une lundi ayant fait six blessés à Qaaqaiyat el-Jisr (caza de Nabatiyé).
En outre, des tirs d’artillerie ont visé les abords de Chebaa et Kfarchouba dans le caza de Hasbaya), ainsi qu'à Kounine et Beit Yahoun dans la région de Bint Jbeil. Dans le caza de Tyr, des tirs de mitrailleuse ont touché Chamaa et Tayr Harfa, où des habitations ont été incendiées. À Yohmor el-Chaqif (Nabatiyé), des tirs d’artillerie et de munitions au phosphore ont aussi été rapportés.
Les opérations de dynamitages se poursuivent
Parallèlement, l’armée israélienne a intensifié ses opérations de dynamitage : à Rchaf, un complexe situé sur la place publique, l’ancienne mosquée, le sanctuaire Abou Zirr et le cimetière des Martyrs ont été détruits, rapporte notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. D’autres démolitions ont été signalées à Rab Thalathine, Qantara (Marjeyoun), Beit Lif (Bint Jbeil), Chamaa, Bayyada et Naqoura (Tyr).
L’école technique publique des Martyrs de Khiam a été entièrement détruite après l’installation d’explosifs à l’intérieur du bâtiment. Les dynamitages se sont poursuivis dans plusieurs quartiers de la ville jusque près de l'ancien centre de détention, tandis que des hélicoptères israéliens survolaient la zone sans interruption jusqu’à l’aube, en direction notamment de Debbine et Jdeidet Marjeyoun.
D’autres infrastructures civiles ont également été visées. Après l’incendie d’ambulances appartenant à la défense civile du mouvement Amal, le complexe sportif de l’imam Sadr à Meis el-Jabal (Marjeyoun) a été détruit durant la nuit. Ce complexe était une importante infrastructure sportive de référence pour la région, homologué pour accueillir des matchs de basketball, volleyball et d’autres sports Il avait été construit par le Conseil du Sud et inauguré sous le patronage du président du Parlement Nabih Berry, chef d'Amal. L’armée israélienne poursuit au Liban-Sud sa même stratégie déployée dans la bande de Gaza, consistant à détruire toutes les infrastructures publiques ou privées des villages qu’elle occupe afin d’empêcher tout retour de la population sur le long terme.
Israël accuse le Hezbollah de tirs de roquettes
En outre, mardi également, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé une position du Hezbollah dans le sud du Liban en riposte à des tirs de roquettes vers ses soldats déployés dans cette région. « Il y a peu de temps, l'organisation terroriste Hezbollah a lancé plusieurs roquettes en direction de soldats opérant au sud de la ligne de défense avancée, dans la région de Rab el-Thalathine », localité du sud du Liban situé à moins de 3 km de la frontière israélienne, indique un communiqué militaire. « En réponse, l'armée israélienne a frappé le lanceur à partir duquel les roquettes ont été tirées », ajoute le texte. L'armée a aussi affirmé qu'un drone tiré du Liban avait été « intercepté avant de pénétrer dans le territoire israélien », ce qui avait provoqué des sirènes d'alerte dans deux localités du nord d'Israël, et condamné des « violations flagrantes du cessez-le-feu » entré en vigueur vendredi.
Katz menace Kassem
Dans ce contexte, la porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), Kandice Ardiel a décrit une situation « imprévisible », malgré l’espoir d’un maintien relatif du calme », alors que de nouvelles négociations entre le Liban et Israël pourraient s’ouvrir pour prolonger la trêve.
Sur le plan politique et militaire, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a réitéré les objectifs de son pays de démanteler le Hezbollah, tout en menaçant une nouvelle fois directement le secrétaire général du parti, Naïm Kassem. Lors d’une cérémonie officielle à Jérusalem, il a affirmé que ce dernier « paiera de sa tête » en cas de nouvelles attaques contre Israël, assurant que l’armée continuerait d’agir « avec force , y compris pendant le cessez-le-feu », pour garantir la sécurité des habitants du nord d’Israël.


Les Israéliens se permettent de tout détruire sachant bien qu’ils commettent des violations sérieuses ou plutôt des crimes de guerre à l’encontre des populations civils qui eux veulent regagner leur villages et demeures. Comment peuvent ils croire qu’ils auront jamais la paix avec cette mentalité destructrice? Ils n’ont rien appris…c’est un cercle vicieux.
20 h 40, le 21 avril 2026