Le président Joseph Aoun prononce un discours télévisé le 17 avril 2026. Photo Présidence libanaise
Une caricature peu flatteuse du président Joseph Aoun, signée par le dessinateur yéménite Kamal Sharaf, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux ces deux derniers jours.
Le dessin représente des chaussures aux couleurs des drapeaux américain et israélien, frappant un ballon à l’effigie du chef de l’État en direction d’une cage de but ornée du drapeau libanais.
Certaines rumeurs ont également affirmé que l’agence de presse iranienne Tasnim aurait republié la caricature. Bien que des médias locaux libanais aient rapporté que Tasnim avait effectivement partagé le dessin, la publication ne figurait pas sur leurs comptes officiels. On ignore donc si l’agence n’a jamais relayé l’information initialement ou si elle l'a supprimée par la suite de ses réseaux.
Sur X, plusieurs comptes ont vivement critiqué à la fois la caricature et l’agence iranienne. « Alors que l’ambassadeur iranien expulsé reste reclus à l’ambassade, avec la bénédiction du (Hezbollah), l’Iran, via ses médias, lance une campagne offensive contre le président Joseph Aoun », a ainsi écrit un utilisateur se présentant sous le nom de « Flam Freedom ».
L’ambassadeur iranien au Liban, Mohammad Reza Chibani, a été déclaré persona non grata le mois dernier par les autorités libanaises, dans un contexte de tensions croissantes entre Beyrouth et Téhéran. Malgré cette décision, il a choisi de demeurer dans la capitale libanaise. Réagissant à cette affaire, le président du Parlement, Nabih Berry, avait estimé que la décision du ministère des Affaires étrangères d’expulser le diplomate « ne saurait passer », affirmant, selon le quotidien al-Joumhouria, que seule « l’annulation de la décision d’expulsion de l’ambassadeur et rien de moins » était exigée.
« L’agence de presse iranienne Tasnim, avec une audace flagrante, a publié cette caricature du président libanais Joseph Aoun », a encore affirmé un autre compte sur X.
La guerre entre le Hezbollah et Israël, qui s’est déroulée du 2 mars au 16 avril, a exacerbé les tensions entre les autorités libanaises, d’une part, et l’Iran ainsi que le Hezbollah, d’autre part. Beyrouth accuse notamment Téhéran d’ingérence dans ses affaires internes, en particulier à travers son soutien au Hezbollah. Par ailleurs, les négociations directes engagées plus tôt ce mois-ci entre le Liban et Israël, une première depuis 1983, ont contribué à raviver ces tensions.

