Rechercher
Rechercher

Politique - Baabda

Aoun : Les prochaines négociations avec Israël seront « distinctes de tout autre processus »

Le président de la République annonce que l'ex-ambassadeur à Washington Simon Karam présidera la délégation libanaise.

Aoun : Les prochaines négociations avec Israël seront « distinctes de tout autre processus »

Deux religieuses libanaises rentrent au Liban depuis la localité israélienne frontalière de Metoula, le 12 décembre 1999 durant l'occupation israélienne du Liban-Sud. Photo d'archives Atef Safadi/AFP

Le président de la République Joseph Aoun a annoncé lundi que les négociations bilatérales avec Israël seront menées par une délégation libanaise dirigée par l’ancien ambassadeur à Washington Simon Karam, dans un contexte de cessez-le-feu fragile de dix jours entré en vigueur vendredi après un mois et demi de guerre entre Israël et le Hezbollah. M. Karam avait déjà été chargé de pourparlers avec les Israéliens dans le cadre du « Mécanisme » de surveillance de la trêve qui avait été instaurée en novembre 2024.

Soulignant qu’« aucune partie ne participera à cette mission ni ne se substituera au Liban », Joseph Aoun a précisé que les prochaines négociations seront « distinctes de tout autre processus ». Il a également estimé que le Liban fait face à une alternative claire : soit la poursuite de la guerre, avec ses conséquences humanitaires, sociales, économiques et souveraines, soit la négociation pour y mettre un terme et instaurer une stabilité durable. « Je choisis la négociation », a-t-il affirmé, exprimant son espoir de « sauver le Liban ». Le président a ajouté que cette option vise à « mettre fin aux hostilités, obtenir le retrait israélien des zones occupées au Liban-Sud et permettre le déploiement de l’armée libanaise jusqu’aux frontières Sud reconnues internationalement ». Il a souligné que le président américain, Donald Trump, a exprimé lors de son appel de jeudi dernier « une pleine compréhension et une grande réceptivité à la demande du Liban » d'obtenir un cessez-le-feu et lancer des négociations et que les contacts se poursuivront à cet effet. Il a espéré que ce processus pourra « bénéficier du soutien national le plus large possible pour permettre à la délégation libanaise d’atteindre ses objectifs. »

Le « Front de la souveraineté » affiche son soutien à Aoun

Ces propos ont été tenus lors d’une rencontre avec le député des Forces libanaises (FL) Georges Okaïs, aux côtés de membres du « Front de la souveraineté », un regroupement de parlementaires anti-Hezbollah, notamment Achraf Rifi et Camille Chamoun, qui a affiché depuis Baabda son soutien au président Aoun et salué son discours prononcé vendredi soir, jour de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de dix jours au Liban entre Israël et le Hezbollah.

À l’issue de sa rencontre avec le chef de l’État, Georges Okaïs a estimé, au nom du groupe, que ce discours -marqué par l’attachement du président aux négociations directes avec Israël afin de « sauver le pays » et de le soustraire à toute influence étrangère - « s’apparente à un nouveau discours d’investiture ». Il a ajouté que ce message mettait l’accent sur la nécessité pour l’État de « reprendre son droit de négocier et de décider du sort de son peuple, en imposant sa souveraineté sur son territoire et ses décisions stratégiques, sans partage avec quiconque ».

Face à sa posture de fermeté, le président Aoun est attaqué et critiqué par le camp du Hezbollah, qui l’accuse de se soumettre à des diktats américano-israéliens. Le député a par ailleurs affirmé soutenir l’ensemble des approches, décisions et orientations du président, « en solidarité avec le gouvernement, son chef Nawaf Salam et les ministres », et se tenir à ses côtés face aux campagnes d’intimidation, d’accusations de trahison et de menaces. Il a dans ce cadre réitéré son appui à l’orientation du chef de l’État en faveur des négociations, estimant que l’objectif est de mettre fin à « l’utilisation du Liban comme théâtre de conflits régionaux ».

Georges Okaïs a également souligné que « le cœur de la crise au Liban réside dans les armes du Hezbollah », qui, selon lui, entravent la construction de l’État et l’empêchent de détenir le monopole de la décision de guerre et de paix. Il a insisté sur le fait que « le choix est clair : soit un État doté d’une seule armée et d’un seul pouvoir de décision, soit la poursuite du chaos et des guerres ». Pour lui, la priorité reste de « consolider le cessez-le-feu et de le rendre durable ».

« Initiative américaine » pour prolonger le cessez-le-feu

Avant sa réunion avec les députés du camp dit « souverainiste », M. Aoun avait reçu à Baabda l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, tout juste rentré de Washington où il avait assisté la semaine dernière à la réunion préparatoire aux négociations. M. Issa s'est également entretenu avec le président du Parlement, Nabih Berry, et devait par la suite rencontrer le Premier ministre Nawaf Salam. MM. Aoun et Issa ont discuté, selon Baabda, des suites de la réunion à Washington et des « moyens de préserver le cessez-le-feu. »

M. Berry a pour sa part fait état d'une « initiative américaine visant à prolonger le cessez-le-feu entre le Liban et Israël ». Dans des propos accordés au quotidien Ash-Chark al-Awsat, il a refusé de se prononcer sur la question des négociations directes.

Raggi : « le Liban a été entraîné dans une guerre qu’il n’a pas choisie »

De son côté, le chef de la diplomatie libanaise Joe Raggi, ministre qui fait partie de la quote-part des FL au sein du gouvernement, a déclaré à son homologue australienne Penny Wong lors d'un appel téléphonique que « le Liban a été entraîné dans une guerre qu’il n’a pas choisie » et que le gouvernement poursuit ses efforts pour « reprendre la décision de guerre et de paix et imposer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire ». Après avoir discuté des derniers développements au Liban, notamment le processus de négociations avec Israël, Mme Wong a affirmé le plein soutien de son pays aux mesures prises par le Liban pour étendre son autorité sur l’ensemble du territoire, soulignant « l’importance du rétablissement de la stabilité et de la sécurité » et se disant prête à fournir l’aide humanitaire nécessaire.

Le président de la République Joseph Aoun a annoncé lundi que les négociations bilatérales avec Israël seront menées par une délégation libanaise dirigée par l’ancien ambassadeur à Washington Simon Karam, dans un contexte de cessez-le-feu fragile de dix jours entré en vigueur vendredi après un mois et demi de guerre entre Israël et le Hezbollah. M. Karam avait déjà été chargé de pourparlers avec les Israéliens dans le cadre du « Mécanisme » de surveillance de la trêve qui avait été instaurée en novembre 2024.Soulignant qu’« aucune partie ne participera à cette mission ni ne se substituera au Liban », Joseph Aoun a précisé que les prochaines négociations seront « distinctes de tout autre processus ». Il a également estimé que le Liban fait face à une alternative claire : soit la poursuite de la...
commentaires (8)

"Distinctes de toutes autre processus". Comment? L'article n'explique pas et régurgite le même bla bla bla.. Pas convaincant.

Ma Realite

08 h 12, le 21 avril 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • "Distinctes de toutes autre processus". Comment? L'article n'explique pas et régurgite le même bla bla bla.. Pas convaincant.

    Ma Realite

    08 h 12, le 21 avril 2026

  • Malgré les critiques sur sa compassion pour la milice jugée excessive, il est devenu nécessaire d’appuyer à fond le Président. Le hezb vendu n’a pas été créé pour la paix, mais comme un parasite pour justement l’empêcher. Il est donc inutile de le voir raisonner. Si berry reste dans le gris, comme d’habitude, les autres doivent dire tout haut que le Liban ne pourra ressusciter que s’il a la paix. Si certains le font, d’autres demeurent encore discrets , et bravo pour ceux qui l’ont fait. Le courage est demandé de tous, pas de Aoun et Salam seuls.

    NG

    07 h 10, le 21 avril 2026

  • Positions des dirigeants et commentaires des lecteurs qui font chaud au cœur. Enfin un avenir plausible.

    Jean-Paul Belaich

    23 h 57, le 20 avril 2026

  • Le Liban fait face à une alternative claire : soit la poursuite de la guerre, avec ses conséquences humanitaires, sociales, économiques et souveraines, soit la négociation pour y mettre un terme ". Mais "pour le Hezbollah, « il est dans l'intérêt du Liban, de renoncer à la voie des négociations directes et de revenir à un consensus national", ce qui est une contradiction car je pense que le consensus national est très largement en faveur de la paix.

    Yves Prevost

    23 h 31, le 20 avril 2026

  • Une photo tant espérée qui fait plaisir à voir qui espérons le remplacerait bientôt les drapeaux des vendus et leurs portraits hideux.

    Sissi zayyat

    17 h 21, le 20 avril 2026

  • Notre président ne peut qu’être salué et appuyé par tous les libanais patriotes qui veulent la même chose que lui. Nous sommes derrière vous et vous invitons à ne pas vous résigner face à ces fossoyeurs épouvantails qui veulent maintenir le pays sous le joug iranien ou alors le détruire jusqu’à la dernière pierre comme ils l’ont toujours promis. A tous les libanais du Sud Liban et de toutes les autres régions de refuser la dictature de la milice vendue en se soulevant pour sauver leur pays et leurs biens, ainsi que la liberté de s’exprimer sans risquer sa vie comme chez les mollahs.

    Sissi zayyat

    17 h 15, le 20 avril 2026

  • Le Hezbollah considére le Liban comme une poubelle .Trop de manières et trop d égards ils ont pourri le pays

    Kraspec

    17 h 04, le 20 avril 2026

  • Allez y! Bravo nous sommes tous pour le processus de paix et derriere le President et premier ministre! La majorite des Libanais sont d'accord pour mener des pourparlers et finir des guerres destructrices, celles des autres dont l'arene est notre pays, qui a assez paye de feu, d'ames et de sang! A bas les mercenaires de l'Iran et les Mollahs!

    Cadmos

    16 h 04, le 20 avril 2026

Retour en haut