Un bâtiment endommagé à Debbine, au Liban-Sud, le 19 avril 2026. Photo REUTERS/Stringer
Le Hezbollah, qui n'avait annoncé aucune attaque contre l'armée israélienne au cours des trois premiers jours du cessez-le-feu, a revendiqué lundi matin une opération avec des « engins explosifs » au Liban-Sud, où des quartiers et habitations sont démolies de manière systématique par Israël qui veut établir une « zone tampon » à sa frontière.
Dans un communiqué publié dans la matinée, le Hezbollah a indiqué que « huit véhicules blindés se déplaçaient depuis Taybé en direction de Deir Seriane », lorsqu'ils ont détoné des « engins explosifs improvisés et plantés au préalable » par ses combattants. Deux explosions ont eu lieu à 15h40 et 16h40, ce qui a « entraîné la destruction de quatre chars Merkava », ensuite évacués. L'armée israélienne opérait dans la zone depuis l'après-midi et s'était redéployée en direction de Deir Seriane et Qantara, selon les sources de notre correspondant, Mountasser Abdallah. L'armée israélienne avait annoncé au cours du week-end la mort de deux de ses soldats dans des détonations d'engins explosifs plantés par le Hezbollah, tandis que des sources militaires évoquaient que cette pratique constituait le plus grand risque pour les soldats opérant dans la région.
Démolitions dans la « zone tampon »
De son côté, l'armée israélienne a continué de démolir maisons et quartiers des villages de la « zone de sécurité », et des dynamitages ont été signalés tout au long de la journée à Qantara, Rab el-Thalatine (caza de Marjeyoun), ainsi qu’à Rchaf, Beit Yahoun, Tiri (caza de Bint Jbeil) Chamaa et Bayada (caza de Tyr), selon les informations de notre correspondant. Elle a aussi mené une frappe de drone ciblée, faisant trois blessés à Qaaqiyet al-Jisr (caza de Nabatiyé). Les victimes ont été évacuées par des ambulances de l’Association des scouts al-Risala.
Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a, lui, appelé les habitants à ne pas se déplacer dans les villages bordant et situés dans la bande de territoire identifiée la veille comme faisant partie de cette zone tampon.

Dans un message accompagné d’une carte, identique à celle publiée la veille, le colonel Adraee a appelé à ne pas « se déplacer au sud de la ligne » limitrophe de cette zone, qui d'ouest en est s'étend de Mazraat Beit el-Sayad, sur le littoral, jusqu'à Kfarchouba et Aïn Ata. Il a également interdit tout déplacement « près des zones qui bordent le fleuve Litani, la vallée de Salhani et la vallée de Wadi Slouki », ainsi que le retour des habitants dans plusieurs dizaines de villages au sud de cette zone, qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres carrés le long de la Ligne bleue et inclut des dizaines de villes et villages, une poignée de localités situées sur la rive nord du Litani, au niveau du coude du fleuve dans le secteur-est, une portion des eaux territoriales et de la zone économique exclusive au large du pays et une partie de l'Anti-Liban. Avichay Adraee a également précisé que les forces israéliennes « poursuivent leur déploiement dans leurs positions au Liban-Sud », malgré la trêve.
Selon des commandants de l'armée israélienne, cités par un correspondant militaire de la radio de l’armée israélienne qui effectuait une visite embarquée avec l’armée dans la région de Aïta el-Chaab, au Liban-Sud, les Israéliens veulent installer dans la zone « moins d'avant-postes et garder plus de forces mobiles ». Ces commandants refusent de la qualifier de « bande de sécurité », préférant parler de « zone de sécurité ». « Cette fois, il y aura moins d’avant-postes et les forces seront mobiles ; la population ne sera pas autorisée à revenir et les forces ne seront pas tenues de devoir faire la distinction entre ennemis et civils », rapporte ce journaliste israélien. Lors de l'occupation du Liban-Sud entre 1978 et 2000, l’armée israélienne avait établi une « zone de sécurité » s’étendant sur environ 10 à 20 kilomètres au nord de la frontière, où elle maintenait de nombreux avant-postes. Cette zone était restée habitée et était principalement sous le contrôle de l’Armée du Liban Sud (ALS), supplétive d'Israël. En outre, pour la radio militaire, « l’armée israélienne affirme qu’elle ne détruit que des infrastructures terroristes, mais en pratique, presque toute structure peut être considérée comme telle », et l'objectif principal de la campagne est donc de détruire un maximum de bâtiments et de villages.
L’armée israélienne a en outre annoncé avoir frappé, dans la nuit, une rampe de lancement « chargée et prête à être utilisée » à Qalaouiyé (caza de Bint Jbeil), au Liban-Sud, au nord de la « zone tampon » qu'elle veut établir, afin de prévenir une « menace immédiate » contre les localités du nord d’Israël.
Recherches de dépouilles à Tyr
Par ailleurs, depuis ce matin, des drones de l’armée israélienne survolent de manière intensive de nombreuses localités et villages du Liban-Sud, de la Békaa ainsi que la banlieue sud de Beyrouth.
Et dans la région de Tyr, des opérations de recherche se poursuivent dans les décombres des immeubles bombardés par l'aviation israélienne, quelques minutes avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, dans la nuit de jeudi à vendredi. Une dépouille y a été retrouvée lundi, portant le nombre de morts à 19, selon les informations de notre correspondant. Quatre autres personnes restent portées disparues. Parallèlement, des équipes de secours maritimes de la ville ont retrouvé, après plusieurs heures de recherche, les corps de deux personnes portées disparues depuis le 16 avril, alors qu'elles se trouvaient sur le pont côtier de Qasmiyé, qui relie Tyr à Saïda et au reste du Liban, rapporte notre correspondant dans le Sud. Les deux dépouilles ont été retrouvées dans leur véhicule, sous les décombres.


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Ces destructions en série révèlent une certaine jalousie de cette armée qui s’acharnent sur des maisons vides parce qu’elles représentent la résilience d’un pays meurtri mais toujours beau et en avance sur leur architecture qui ne cesse de copier les paysages de nos villages, espérant un jour l’égaler. Les missiles et les bombes ne connaissent pas de frontières. Qu’ils arrêtent donc de nous assommer avec leur périmètres de sécurité en détruisant tout à leur passage. Un missile ça traverse plusieurs centaine de km. Il faut donc se concentrer sur la racine du problème et arrêter de faire semblan
12 h 48, le 20 avril 2026