Vue sur Beyrouth, en mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le retour du conflit entre le Hezbollah et Israël au Liban a fragilisé le marché immobilier à Beyrouth, comme lors de la dernière guerre ouverte entre ces deux belligérants, en octobre et novembre 2024. La demande pour les achats d’appartements s’est drastiquement affaiblie et l’intérêt des investisseurs reste hésitant. Le marché est plongé dans une période d’incertitude. Il est en stand-by. Globalement, acheteurs et vendeurs restent en attente de l’évolution du conflit, entré vendredi dans une phase de trêve de dix jours.
Inquiets, les gens n’arrivent pas à se projeter dans l’acquisition d’un bien dans le climat actuel. La clientèle aisée à la recherche de larges appartements dans les beaux quartiers de Furn el-Hayek, au centre-ville ou à Ras Beyrouth s’est retirée. Disposant de budgets conséquents, elle n’est pas pressée et a préféré s’éclipser à moyen terme. En dehors de l’élite, qui est absente, l’intérêt est timide.
Mais le marché n’est pas totalement à l’arrêt. Il y a encore des téméraires prêts à faire des affaires. Ces derniers jours, plusieurs transactions ont été observées à Beyrouth. Deux exemples à Achrafieh nous ont interpellés :
- Un appartement de trois chambres, situé dans un ancien immeuble, peu lumineux, vient de se vendre à 1 500 dollars par m². L’acheteur a payé le juste prix pour un bien qui demandait d’importants travaux de rénovation.
- La seconde vente concerne un appartement de deux chambres avec une terrasse dans un immeuble des années 1940 avec une belle hauteur sous plafond. La transaction a été réalisée sur la base de 3 000 dollars par m². L’appartement avait besoin de légers travaux et n’avait pas de place de parking.
Dans les deux cas, les ventes n’ont pas été sous-cotées. Les acquéreurs ont payé le prix affiché avant mars 2026. Ils n’ont obtenu aucune ristourne significative. À ce stade, la guerre n’a pas, encore, affecté les valeurs qui restent stables. Les nouveaux propriétaires ont agi par coup de cœur. Ils n’ont pas attendu la fin des hostilités pour prendre une décision. Ils ont voulu être réactifs, conscients que le marché n’a pas beaucoup de disponibilités.
« Acheter au son du canon »
Malgré le climat anxiogène actuel, il y a toujours des personnes qui se renseignent et qui sollicitent les agences immobilières dans l’attente d’opportunités. Elles comparent les prix et visitent certains biens. Les investisseurs fonciers et les promoteurs sont également toujours présents. Ils espèrent trouver des terrains à de justes valeurs après la hausse des prix constatée en 2025.
Secrètement, ils espèrent que les prix ont fléchi et que le dicton d’« acheter au son du canon » leur sera bénéfique. Mais, à ce jour, ce n’est pas le cas. Beaucoup sont déçus et ont une vision erronée du marché. Le manque de disponibilités sur le marché où certains propriétaires préfèrent louer que vendre ne permet pas, à court terme, une correction des prix des appartements.
Ainsi, les propriétaires campent sur leur position. Les plus optimistes ont même retiré leur bien du marché dans l’espoir de jours meilleurs. Après sept semaines de conflit, la majorité ne paniquent pas et maintiennent leurs prix d’avant la guerre. Aucune flexibilité n'a été constatée. Cela avait déjà été le cas d’octobre à novembre 2024. Au cours de cette période, les valeurs des appartements n’avaient pas bougé.
Finalement, la durée de la guerre actuelle sera déterminante. L’évolution du cessez-le-feu temporaire de 15 jours conclu le 8 avril par les États Unis et l’Iran dans la guerre régionale maintient les craintes. Une dégradation et un enlisement vont automatiquement pousser certains propriétaires, pressés, à céder à des contre-offres agressives.




"" Les acquéreurs ont payé le prix affiché avant mars 2026 "" BIZARRE CETTE ANALYSE. comme si les prix etaient restes les memes depuis AVANT oct 2019, apres oct 2023 et ce jusqu'au 1er mars 2026..... LES COMPARER A CEUX SEULEMENT D'AVANT 2026 EST ULTRA FAUX.
10 h 53, le 20 avril 2026