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Économie - Infrastructures

Le projet d’élargissement de l’autoroute de Jounieh n’est pas annulé, assure Rassamny

Certains prêts accordés au Liban ont bien été annulés, mais principalement parce que leur date de validité a expiré, en raison de la lenteur du processus de ratification.

Le projet d’élargissement de l’autoroute de Jounieh n’est pas annulé, assure Rassamny

La baie de Jounieh le 21 juin 2022. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour

Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a démenti dans un communiqué mercredi les informations selon lesquelles le projet d’élargissement de l’autoroute côtière de Jounieh, dans le Kesrouan, serait annulé, et a assuré que le ministère était « prêt à contribuer à son financement dès que le dossier sera finalisé ».

Le ministre répondait à un article de Nidaa al-Watan, publié cette semaine, selon lequel plusieurs projets d’infrastructures majeurs au Liban — dont l’élargissement de l’autoroute de Jounieh ou encore un projet d’assainissement dans la vallée de la Qadicha — auraient été compromis à la suite de l’annulation de prêts et de dons accordés par la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD), d’une valeur totale d’environ 494 millions d’euros.

Selon les informations du quotidien libanais que nous avons recoupées, les projets concernés incluent : l’élargissement de l’autoroute de Jounieh (70–75 millions d’euros), l’assainissement de Kesrouan (70 millions d’euros), le projet d’assainissement de la vallée de Qadicha (34 millions d’euros, financé par l’AFD), l’extension de la station d’épuration du bassin du Ghadir (68,5 millions d’euros), un projet routier et d’emploi (151,1 millions d’euros) ainsi que les réseaux d’assainissement de Tripoli (96 millions d’euros), tous financés en euros et tous documentés.

Nidaa al-Watan, dont l’article a été repris par plusieurs médias, ajoute que le gouvernement libanais aurait, fin janvier 2026, approuvé la demande du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) d’annuler ces financements plutôt que de les reporter, les fonds ne pouvant être réaffectés à d’autres projets.

Lenteur administrative

Dans son communiqué, qui se concentre essentiellement sur le projet de Jounieh, M. Rassamny rappelle que le CDR est chargé de préparer le « dossier technique, administratif et financier », le ministère assurant le « suivi et la coordination ». Il ajoute que l’annulation du prêt, qu’il ne conteste pas, « ne relève pas de sa responsabilité, mais dépend du mécanisme contractuel et des conditions du prêt entre le CDR et la partie financeuse, ainsi que des engagements et procédures qui en découlent », et que c’est cette dernière, à savoir la BEI, qui aurait demandé l’annulation. Le ministre n’a pas précisé comment il comptait financer le projet, alors que le budget de l’État de 2026, voté en janvier dernier, avait largement fait l’impasse sur les dépenses d’investissement, avant même que la guerre n’éclate, avec ses conséquences humaines, matérielles et financières qui ne sont pas encore connues.

Une source proche du dossier a de son côté expliqué à L’Orient-Le Jour que l’annulation des différents prêts était principalement liée à l’expiration de leurs dates de validité par rapport à leur exécution sur le terrain, combinée aux défauts de remboursement de l’État libanais sur d’autres engagements internationaux similaires, dans le contexte de crise qui dure depuis 2019 et de guerre intermittente depuis 2023.

« Dans le cas de Jounieh, les montants alloués n’étaient plus actualisés, l’État n’était pas en mesure de financer les expropriations et le processus avait mis beaucoup trop de temps entre les premières étapes du projet, qui remontent à 2012, et aujourd’hui. Pour le projet de l’AFD dans la Qadicha, le prêt est arrivé à échéance sans aucune réalisation sur le terrain.

« Pour résumer, les sources indiquent que le travail doit être refait de A à Z et que les difficultés financières et administratives du Liban sont à l'origine de l’annulation de ces prêts et non pas la guerre», ajoute-t-elle. Elle conclut en disant que l’un des principaux problèmes dans l’exécution de ces projets est le temps « incroyablement long » qui s’écoule entre le moment où une organisation internationale décide d’accorder un prêt ou un don au Liban et le processus de ratification de ces prêts ou de ces dons.

Récemment, la Banque mondiale avait menacé de suspendre des projets de prêts au Liban à la suite du retard dans leur adoption par le Parlement.

Le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny, a démenti dans un communiqué mercredi les informations selon lesquelles le projet d’élargissement de l’autoroute côtière de Jounieh, dans le Kesrouan, serait annulé, et a assuré que le ministère était « prêt à contribuer à son financement dès que le dossier sera finalisé ».Le ministre répondait à un article de Nidaa al-Watan, publié cette semaine, selon lequel plusieurs projets d’infrastructures majeurs au Liban — dont l’élargissement de l’autoroute de Jounieh ou encore un projet d’assainissement dans la vallée de la Qadicha — auraient été compromis à la suite de l’annulation de prêts et de dons accordés par la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD), d’une valeur totale...
commentaires (6)

S'il s'agissait de projets qui intéressent monsieur Berry, ils auraient depuis longtemps été adoptés au parlement et en cours d'exécution.

Corto

01 h 27, le 19 avril 2026

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Commentaires (6)

  • S'il s'agissait de projets qui intéressent monsieur Berry, ils auraient depuis longtemps été adoptés au parlement et en cours d'exécution.

    Corto

    01 h 27, le 19 avril 2026

  • pourquoi extrêmement long? quelles sont les etapes? qui est censé approuver quoi et quand? il faut expliquer pourquoi ça prend tellement de temps et indiquer combien de temps: des mois, des années ?

    Nada Haddad

    09 h 14, le 17 avril 2026

  • ..."un Failed State"?... non,we dont have A state. we have a cancer ruling since ages this commercial platform called lebanon.

    Marie Claude

    08 h 42, le 16 avril 2026

  • Élargir des autoroutes représente une perte nette d'argent. On pourrait faire un feu de camp avec ces mêmes montants, le résultat serait le même. En fait, il y a un principe très simple en urbanisme, qui stipule que l'élargissement d'autoroute crée du traffic induit, la congestion revient après quelques années. C'est le fameux "one more lane will fix it". L'inverse provoque une évaporation du traffic. Il serait beaucoup plus judicieux d'investir en mesure de transport en commun. L'idée est de déplacer le maximum de gens et non le maximum de véhicules.

    Nacouzi Jacques

    04 h 34, le 16 avril 2026

  • C'est ce que l'on dit depuis des mois : Un failed state.

    Moi

    20 h 00, le 15 avril 2026

  • L’état libanais ne cesse de démontrer son incapacité à gérer les travaux nécessaires pour le bénéfice de ses citoyens, tous les projets sont en retard et le système est lui même corrompu et voué aux surenchères de part et d’autre pour des raisons très biens connues.

    PT

    15 h 58, le 15 avril 2026

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