Des passerelles d'embarquements à l'AIB le 4 juin 2025. Photo d'archives Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient-Le Jour
Alors que le Liban et Israël ont tenu leur première séance de négociations directes à Washington mardi, et que les États-Unis et l’Iran envisagent de reprendre des discussions indirectes dimanche en vue d’un éventuel accord de paix, certaines compagnies aériennes étrangères, comme Qatar Airways ou Iraqi Airways, recommencent peu à peu à revenir à l’aéroport international de Beyrouth, tandis que d’autres, à l’image d’Air France ou de Turkish Airlines, préfèrent attendre, dans un contexte de craintes de pénurie de kérosène, une autre des nombreuses conséquences de la guerre régionale qui a éclaté le 28 février.
Comme elle l’avait annoncé il y a une semaine, la compagnie aérienne Qatar Airways a fait mardi son grand retour à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), après avoir été contrainte de suspendre totalement, puis partiellement, l’ensemble de ses vols en raison de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, selon le directeur des opérations de l’AIB, Jalal Haïdar, ainsi que plusieurs agences de voyage.
Le premier vol a décollé avec un léger retard, transportant environ 200 passagers de Beyrouth à Doha vers 14h (heure locale). L’appareil était arrivé au Liban à vide vers 12h30, selon Jalal Haïdar. L'arrivée du vol retour était programmée mercredi matin. La compagnie ambitionne de rétablir un vol quotidien jusqu’à début mai, avant d’augmenter progressivement sa fréquence.
Qatar Airways est la deuxième grande compagnie aérienne étrangère à revenir à l’AIB depuis le début de la guerre, qui s’est étendue au Liban le 2 mars. Seule Royal Jordanian avait jusque-là franchi le pas, mais en assurant sa liaison de manière très irrégulière, sur fond d’instabilité sécuritaire régionale, de hausse mondiale des prix du kérosène et de crainte d’une pénurie dans les semaines à venir pour certains aéroports si le détroit d’Ormuz ne rouvre pas, bloqué d'abord par les Iraniens, puis par les Américains. Jeudi soir, la compagnie aérienne jordanienne, qui n’avait jusqu’alors jamais communiqué clairement sur le sujet, a finalement annoncé la reprise de ses vols réguliers.
Selon le tableau d’affichage de l’AIB, UR Airlines, une petite compagnie aérienne irakienne, a également fait décoller l’un de ses avions de Beyrouth vers Bagdad mardi.
Mercredi, Iraqi Airways a annoncé dans un message envoyé aux agences de voyage au Liban, qu’elle reprendra ses vols entre Bagdad et Beyrouth le 19 avril, soit dimanche. Le transporteur national irakien avait auparavant cloué tous ses avions au sol après la fermeture de l’espace aérien irakien dans le sillage de la guerre - qui a rouvert depuis.
Jeudi, Flydubai, deuxième transporteur de l’émirat de Dubaï après Emirates, a annoncé dans un communiqué adressé à ses partenaires la reprise le 18 avril prochain de ses liaisons avec le Liban, interrompues dans le sillage de la guerre déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Et c’était à peu près tout jusqu'à jeudi, à l’exception des vols de la compagnie nationale Middle East Airlines, qui est la ule à avoir maintenu l’ensemble de ses vols, hormis ceux qu’elle a été contrainte d’annuler en raison de la fermeture totale ou partielle des espaces aériens de plusieurs pays de la région dans le sillage du conflit.
Turkish Airlines et Pegasus
« Nous avons arrêté de vendre des billets avec la compagnie jordanienne en attendant qu’elle stabilise ses dessertes », confie une source au sein de l’une des agences contactées. « Mais Qatar Airways a toujours été prompte à réagir aux changements de circonstances. Pour espérer un retour durable des autres compagnies, tous les yeux sont rivés vers les négociations entre le Liban et Israël qui (ont commencé) mardi aux États-Unis », ajoute-t-elle.
Air France a par exemple confirmé le 9 avril la prolongation de la suspension de ses vols vers le Moyen-Orient jusqu’au 3 mai. Les compagnies aériennes attendent d'être sûres que la situation va leur permettre de reprendre les vosl vers les pays qu'elles avaient arrêté de desservir. En attendant, les agences de voyage libanaises se rongent les ongles et décrivent une situation « catastrophique » pour leur filière. Selon la source au sein de l’agence contactée plus tôt, Pegasus avait prolongé ces derniers jours la suspension de ses vols vers Beyrouth jusqu’au 30 avril. Dans un message transmis mercredi à ses partenaires au Liban, Turkish Airlines a annoncé qu’elle ne desservira pas le Liban avant début juin, prolongeant ainsi la suspension de ses vols d’un mois entier par rapport à sa dernière annonce.
La compagnie nationale Middle East Airlines est la seule à avoir maintenu l’ensemble de ses vols, hormis ceux qu’elle a été contrainte d’annuler en raison de la fermeture totale ou partielle des espaces aériens de plusieurs pays de la région dans le sillage du conflit.
Tous les avions de Qatar Airways avaient été cloués au sol au début de la guerre. L’émirat gazier, situé en face des côtes iraniennes et qui abrite la plus grande base américaine de la région, avait totalement fermé son espace aérien pendant une semaine et a essuyé à plusieurs reprises des attaques de son voisin. La compagnie a depuis progressivement augmenté le nombre de ses vols.
Selon l’« indice de reprise des compagnies aériennes du Golfe » du site spécialisé Flightradar24, la compagnie qatarie fonctionnerait actuellement à près de 50 % de ses capacités maximales, soit un peu plus que Flydubai, mais moins qu’Etihad Airways et Emirates (autour de 70 %).
Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite sont les pays qui ont imposé le moins de restrictions à leurs espaces aériens depuis le début de la guerre dans le Golfe, aux côtés d’Oman, qui est resté totalement ou presque totalement ouvert, comme le Liban et la Jordanie. Ailleurs, l’Irak a rouvert son espace aérien il y a une semaine et a repris ses liaisons domestiques. La Syrie a rouvert l’aéroport international de Damas à la même période. Bahreïn a également annoncé la réouverture de son espace aérien et la reprise progressive des vols, appelant les passagers à contacter les compagnies aériennes pour obtenir des mises à jour. L'aéroport internation du Koweit est, lui, toujours fermé.
Les cours du pétrole, qui avaient grimpé lundi face au blocus américain des ports de l'Iran, se détendaient mardi matin pour repasser sous la barre des 100 dollars.


