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Société - Guerre Au Liban

L'ONU alerte sur la rapide augmentation de l'insécurité alimentaire au Liban, mais pas de pénurie à l'horizon

Une phrase sortie de son contexte concernant les problèmes d'approvisionnement des marchés au Liban-Sud a poussé des syndicalistes à affirmer que le Liban a des stocks de denrées « pour au moins trois mois. »

L'ONU alerte sur la rapide augmentation de l'insécurité alimentaire au Liban, mais pas de pénurie à l'horizon

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé la périphérie du village d'Al-Taybé, dans le sud du Liban, le 10 avril 2026. Photo Abbas Fakih / AFP

Les Nations unies ont alerté vendredi sur l'accroissement rapide de l'insécurité alimentaire au Liban, en raison de la guerre et de l'impact du conflit régional, bien que les syndicats des importateurs de denrées alimentaires et des propriétaires de supermarchés aient affirmé qu'il n'y avait pas de pénuries de denrées à l'horizon.

« Les convois du Programme alimentaire mondial (PAM, ndlr) continuent de circuler, mais l'environnement opérationnel devient de plus en plus complexe », a déclaré la directrice de cette agence de l'ONU au Liban, Allison Oman. « La sécurité ne peut plus être considérée pour acquise, alors même que les besoins augmentent rapidement », a-t-elle indiqué aux journalistes à Genève, s'exprimant depuis Beyrouth. « Bien que dix convois aient pu partir » depuis le début du conflit vers les populations dans le besoin au Liban, notamment dans le Sud, « de très nombreux » autres n'ont pas pu le faire car « la sécurité ne pouvait être garantie », a-t-elle expliqué.

Difficultés de transports et impact de la guerre sur l'agriculture

Au-delà des difficultés à acheminer les convois, Mme Oman a expliqué que les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement et l'accroissement de l'insécurité alimentaire s'expliquent notamment par l'incapacité de certains agriculteurs à travailler leurs terres dans le sud du Liban et par des difficultés de transport. S'y ajoutent déjà les effets de la hausse mondiale des prix du carburant et des engrais, a-t-elle indiqué. Le PAM demande un « accès sûr et continu » pour acheminer l'aide nécessaire aux communautés touchées, en particulier dans les zones difficiles d'accès.

La crise au Liban « est en train rapidement de devenir une crise de la sécurité alimentaire », a assuré Mme Oman, expliquant que le PAM observe déjà des signes évidents de hausse des prix des denrées alimentaires, notamment du pain et des légumes, dans tout le pays. « Pour les familles qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, la situation est extrêmement préoccupante, et nous assistons actuellement à une conjoncture très inquiétante : les prix augmentent, les revenus sont en baisse et la demande s'accroît », a-t-elle averti, rappelant que le Liban était déjà confronté à une grave crise économique avant cette guerre. « Avant même cette dernière escalade, environ 900 000 personnes au Liban étaient en situation d'insécurité alimentaire, et notre dernière analyse, qui sera publiée probablement la semaine prochaine, indique que ce chiffre est appelé à augmenter », a-t-elle insisté.

Pas de pénuries dans le pays, les stocks fournis pour au moins trois mois

Et alors qu'une phrase des déclarations du PAM, sortie de son contexte, selon laquelle « des commerçants se plaignaient d’avoir seulement un stock de denrées essentielles pour moins d’une semaine » a circulé dans les médias locaux, des syndicalistes ont démenti tout risque de pénurie de denrées alimentaires. Selon une source au PAM, contactée par L’Orient-Le Jour ce sont « les commerçants de Nabatiyé et du Liban-Sud qui assurent ne plus avoir de stocks de denrées alimentaires pour plus d’une semaine ». Dans le reste du pays « les marchés restent bien approvisionnés », souligne cette source.

Dans un communiqué conjoint, Hani Bohsali, président du syndicat des importateurs de denrées alimentaires, et Nabil Fahd, président du syndicat des propriétaires de supermarchés, démentent formellement toute pénurie. « La situation reste inchangée, les lignes d’approvisionnement par le port et l’aéroport de Beyrouth restent opérationnelles, et le stock de denrées alimentaires essentielles au Liban sur le marché local suffit pour environ trois mois ».

Le Hezbollah et Israël sont en guerre depuis le 2 mars, après que le parti-milice a ouvert un front de soutien avec l’Iran, suite à l’attaque américano-israélienne contre ce pays. Depuis cette date, les régions du Liban-Sud, notamment au sud du Litani, ont été largement évacuées par leurs habitants, et les combats font rage entre les deux belligérants. La route vers les villages frontaliers toujours peuplés est pratiquement coupée.

Les Nations unies ont alerté vendredi sur l'accroissement rapide de l'insécurité alimentaire au Liban, en raison de la guerre et de l'impact du conflit régional, bien que les syndicats des importateurs de denrées alimentaires et des propriétaires de supermarchés aient affirmé qu'il n'y avait pas de pénuries de denrées à l'horizon.« Les convois du Programme alimentaire mondial (PAM, ndlr) continuent de circuler, mais l'environnement opérationnel devient de plus en plus complexe », a déclaré la directrice de cette agence de l'ONU au Liban, Allison Oman. « La sécurité ne peut plus être considérée pour acquise, alors même que les besoins augmentent rapidement », a-t-elle indiqué aux journalistes à Genève, s'exprimant depuis Beyrouth. « Bien que dix convois aient pu partir »...
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