Des nuages de fumée s'élèvent à la suite d'une frappe aérienne israélienne sur la Békaa, le 25 septembre 2024. Photo archives AFP assortie d’un portrait de Riyad Husseini fourni par son frère. Montage Céline Bejjani/L'Orient-Le Jour
« Je creuse une tombe et je reviens prendre un café avec toi. » Ce fut les derniers mots de Riyad Husseini, militaire à la retraite et fossoyeur, à son frère Issa. Le rendez-vous n'aura pas lieu, rompant à jamais le rituel de ces deux frères, voisins et avant tout « amis ». Mercredi 8 avril 2026, vers 14h40, l'homme de 55 ans est tué par une frappe israélienne alors qu’il creusait, lors des funérailles, une tombe au cimetière de son village natal, à Chmestar, dans la Békaa. Avec lui, neuf autres personnes ont perdu la vie et au moins trois ont été blessées. Parmi les victimes, Ali Kassem, un soldat de 20 ans, venu de Hay el-Sellom, dans la banlieue sud de Beyrouth, assister aux funérailles du cousin de son père, ainsi que Mohammad Bassam Chheitali, soldat de première classe âgé de 29 ans, qui vivait à Beyrouth et participait aux obsèques de son oncle. Le dimanche 12 avril l’armée libanaise a également perdu l’un de ses rangs dans le même raid : Abbas Kassem, adjudant-chef, qui a succombé à ses blessures.
Ce jour-là, surnommé « mercredi noir », le chaos qui s’est abattu sur le Liban n'a pas épargné Chmestar. En l’espace de dix minutes, la machine de guerre israélienne a mené une centaine de frappes à travers le pays faisant au moins 357 morts et plus de 1 200 blessés, selon le ministère de la Santé.
La maison de Riyad se trouve à 200 mètres du cimetière du village, Raoudet el-Janné. « Quand j'ai entendu la détonation, je suis allé illico vers le lieu », souffle Issa. Sa voix se brise lorsqu’il évoque la scène : « Le raid était d’une telle puissance que son corps disloqué a été projeté à 200 mètres. Je l’ai pris dans mes bras et serré contre moi. »
Dans ce cimetière, tout s’est confondu. Les vivants, les défunts, et ceux venus enterrer l’un des leurs, devenus à leur tour victimes. Le sol est jonché de gravats et de fragments de tombes éventrées. Dans cet espace de recueillement, même les morts ne reposent plus en paix. « On a vu des ossements parmi les décombres », confie un témoin, arrivé sur place peu après la frappe. « Israël ne fait même plus de distinction entre les vivants et les morts », lâche un autre. « On a été surpris par ce bombardement, ils étaient tous des civils », assure un originaire du village. Avant de nuancer : « Quelques-uns gravitaient dans l'environnement du Hezbollah, mais n'avaient jamais tenu aucune arme. »
« C’est un ultime au revoir »
Riyad avait pris sa retraite il y a une dizaine d'années. À cause de la crise, sa pension ne valait plus grand-chose. Il enchaîne alors les petits métiers pour arrondir ses fins de mois : ouvrier , livreur, ferrailleur et fossoyeur. Il ne cessait de travailler « pour subvenir aux besoins de sa famille », raconte son autre frère, Hussein. « Ces derniers jours, il nous répétait de ne pas sortir. Et c'est lui qui a été emporté... » regrette-t-il.
L'ancien militaire, qui assistait à tous les enterrements à Chmestar, aimait aussi prendre soin des autres. Il laisse derrière lui sa femme, Suzanne, et quatre enfants, Fatima, Khalwa, Zeinab et Mohammad. Ils étaient tous à la maison au moment de la frappe. « Je suis sortie… puis j’ai emmené mes enfants à l’hôpital Dar el-Amal où son corps a été transporté », raconte la veuve. « Vingt-trois ans de mariage… ça ne se résume pas. Il y a trop de souvenirs », parle-t-elle à voix basse, les mots hachés.
À Chmestar, Riyad a été enterré jeudi 9 avril, dans ce même cimetière où il avait passé ses derniers instants. « C’est un ultime au revoir », murmure l’un de ses proches.


Arrêtez de radoter, le HB n’a jamais était nommé pour La Défense des libanais et n’a jamais été légitime pour les patriotes libanais. C’est le soldat inconnu, ou plutôt très connu des mollahs. Ouvrez donc les yeux aveuglés par la haine et l’endoctrinement bête et méchant.
16 h 50, le 18 avril 2026