Le président libanais Joseph Aoun participant à une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron au palais de l'Élysée à Paris, le 28 mars 2025. Photo Sarah Meyssonnier/Reuters
Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, a de nouveau assuré mardi que la situation sécuritaire en interne était « sous contrôle », après l’exacerbation des crispations identitaires dimanche suite à la frappe israélienne à Aïn Saadé, un village chrétien des hauteurs de Beyrouth. Il a même affirmé que « toute personne qui tente d’alimenter une dynamique (de troubles), que ce soit via les réseaux sociaux ou les médias, constitue un danger pour le Liban et commet des actes pires que les attaques israéliennes », qui ont tué plus de 1 500 personnes au Liban depuis le 2 mars. Il a, dans ce cadre, appelé les Libanais à donner la priorité aux intérêts du Liban.
M. Aoun a émis ces déclarations devant une délégation du « Beirut Forum », conduite par le député Fouad Makhzoumi. « La main qui portera atteinte à la paix civile sera tranchée », avait affirmé le président il y a une semaine.
Un déploiement à Beyrouth
Joseph Aoun a insisté sur le fait que « la situation sécuritaire actuelle est sous contrôle et qu’il n’y a aucune crainte de troubles confessionnels ni d’un effondrement sécuritaire interne. Les incidents qui se produisent restent limités et sont traités rapidement », rapporte l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). « Toutefois, certains cherchent à exploiter la peur de troubles confessionnels pour servir leurs propres intérêts », a-t-il poursuivi, sans accuser directement une formation ou des personnalités. « Les circonstances actuelles sont différentes de celles du passé : la prise de conscience est généralisée parmi la population ainsi que chez les responsables politiques et religieux, car personne ne peut tolérer des troubles internes », a-t-il poursuivi, affirmant que la « responsabilité du maintien de la sécurité à l’intérieur du Liban, à ce stade, est partagée et nécessite une coordination totale entre les citoyens, l’armée, les services de sécurité et les municipalités ».
Il a souligné que « l’armée a procédé à un redéploiement à Beyrouth et dans plusieurs autres régions, et qu’elle renforcera sa présence aux côtés des Forces de sécurité intérieure et des autres services, avec une application plus stricte des mesures sécuritaires afin de rassurer les citoyens qui sont en sécurité chez eux ». « Durant mon mandat, je ne permettrai pas qu’un citoyen resté dans son village ou sa localité soit accusé de trahison ou de collaboration simplement parce qu’il a choisi de continuer à y vivre », a-t-il encore assuré.
« Nous devons distinguer entre l’intérêt national et les intérêts étrangers, et notre seul salut réside dans l’État », a encore martelé M. Aoun, qui avait appelé indirectement le Hezbollah à des négociations avec Israël dimanche pour mettre un terme à la guerre. Il a indiqué que « son initiative de négociation a obtenu un soutien international, car elle constitue la bonne voie pour parvenir à une solution, d’autant que le Liban a déjà signé des accords avec Israël, tels que l’accord d’armistice et l’accord de délimitation maritime ».
En mars, Joseph Aoun avait affirmé que son initiative de négociations directes avec Israël restait d’actualité, mais que l’escalade militaire en cours en avait empêché le lancement. Le 9 mars, il avait appelé à des négociations directes avec Israël sous auspices internationaux, dans le cadre d’une initiative visant à instaurer une trêve complète pour mettre fin à toutes les attaques israéliennes contre le Liban. L’initiative prévoit un soutien logistique à l’armée libanaise « afin de lui permettre de prendre le contrôle des zones de tension restantes, de confisquer les armes et de démanteler l’arsenal, les entrepôts et les dépôts du Hezbollah ».
Joseph Aoun a conclu en soulignant que « les contacts portent actuellement sur l’obtention de garanties que le poste-frontière de Masnaa, essentiel tant pour le Liban que pour la Syrie, ne sera pas pris pour cible ». Le directeur général de la Sûreté générale, le général Hussein Choucair, s’est rendu lundi au poste-frontière de Masnaa, à la frontière libano-syrienne, alors qu’Israël n’a pas encore mis à exécution une menace formulée samedi soir de frapper la route au niveau de ce passage. Des médias israéliens ont indiqué que cette demande émanait des États-Unis.
À l’issue de sa réunion avec le président, le député Fouad Makhzoumi a présenté sa feuille de route pour maintenir la stabilité à Beyrouth. Il a notamment appelé à ce que se tienne une réunion immédiate du Conseil supérieur de défense, afin de « prendre des mesures sécuritaires exceptionnelles et porter le niveau de préparation à son maximum ». Ensuite, il a souhaité le déploiement de l’armée et des appareils sécuritaires à Beyrouth, le contrôle « de tous les locataires et occupants, sans exception », et davantage d’inspections périodiques des appartements vides. « Nous avons également souligné la nécessité de mettre en œuvre le plan de sécurité de Beyrouth que nous avons proposé le 25 mars dernier, et de placer la capitale sous l’autorité pleine et entière de l’État, comme condition fondamentale à l’instauration de la stabilité – c’est-à-dire une Beyrouth exempte de toute arme », a déclaré le député.
« Présence sécuritaire accrue » dans toutes les régions
De son côté, le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a indiqué mardi que les forces de sécurité ont renforcé leur déploiement dans plusieurs régions. À l’issue d’une réunion avec le président Aoun, M. Hajjar a affirmé « œuvrer à assurer une présence sécuritaire accrue dans les régions ». Pour cela, le chef de l’État a « donné ses directives afin de rassurer la population et protéger les citoyens », a-t-il précisé, soulignant que « les Libanais n’ont de refuge que dans le cadre de l’État ».
Le ministre a en outre souligné le « rôle essentiel » que doivent jouer les municipalités pour protéger les citoyens, et en coordination avec les services de sécurité et l’armée. De nombreuses municipalités dans le pays demandent à voir les contrats de location et recueillent des informations sur tout nouveau locataire éventuel, dans le cadre de mesures renforcées.
Concernant en outre la fermeture du poste-frontière de Masnaa, M. Hajjar a exprimé l’espoir qu’il soit « prochainement rouvert ». Par ailleurs, il a évoqué la question des villages encore habités au Liban-Sud, coupés du reste du pays et en première ligne des combats terrestres entre le parti chiite et l’armée israélienne. « Le président se soucie de ces villages, qu’ils soient chrétiens ou non », a-t-il déclaré. « Les forces de sécurité sont aux côtés de ceux qui tiennent bon », a-t-il assuré, alors que l’armée libanaise en avait retiré la semaine dernière une partie de ses soldats.



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« La main qui portera atteinte à la paix civile sera tranchée », avait affirmé le président il y a une semaine. On demande à voir. Apparemment vos menaces ne pèsent pas lourds face à celles des fossoyeurs de notre pays qui ont menacé de détruire notre pays pierre par Pierre si leurs armes offertes pour ke détruire leur seront enlever de force, et sont en train de vous le confirmer. Ne vous trompez pas d’ennemi, Cher Président. L’ennemi est celui que vous peinez à nommer et à combattre alors que l’occasion est on ne peut plus propice pour le faire. Il suffit de réfléchir pour le constater.
12 h 04, le 08 avril 2026