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Politique - guerre au liban 2026

Israël ordonne l'évacuation d'une quarantaine de villages au Liban-Sud et tue encore des ambulanciers

Selon le nouveau bilan du ministère de la Santé, pas moins de 1 497 personnes, dont 130 enfants, sont morts sous les bombes de l’État hébreu.

Israël ordonne l'évacuation d'une quarantaine de villages au Liban-Sud et tue encore des ambulanciers

De la fumée provoquée par les activités militaires israéliennes s’élevant de la zone de Naqoura, le 6 avril 2026. Photo de Kawnat HAJU / AFP

Le lundi de Pâques catholique a été aussi violent pour les Libanais que le dimanche qui l’a précédé, Israël ayant poursuivi ses bombardements dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban-Sud et dans la Békaa, ont rapporté nos correspondants.

En début de soirée, les populations de plus de 40 villages du Liban-Sud ont été une nouvelle fois sommées par l'armée israélienne d'évacuer leurs habitations en prévision d'une nouvelle vague de frappes massives. Une partie de ces villages est située au nord du fleuve Litani, où plus tôt dans la journée l'armée israélienne avait ordonné aux habitants de partir, en larguant des tracts sur la région. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, au mois deux villages chrétiens ont été pour la première fois nommés dans un ordre d'évacuation : Adoussiyé, au sud de Saïda et Kfaouré, à Nabatiyé.

En milieu de soirée, de nombreuses personnes ont évacué les villages menacés par l’armée israélienne. Avant les premières frappes, le centre de la défense civile de l’Association des Scouts d'al-Rissala, affilié au mouvement Amal, a reçu un appel téléphonique d’une personne prétendant être de l’armée israélienne, demandant l’évacuation du village de Kfour (Nabatiyé). Selon le centre, le village s'est vidé de ses habitants, mais certaines familles pourraient encore y être.

Selon le nouveau bilan du ministère de la Santé, pas moins de 1 497 personnes, dont 130 enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre le 2 mars, parfois dans des frappes qui ne sont pas toujours précédées d’avertissements, à l’image de celle contre un immeuble résidentiel à Aïn Saadé, dimanche soir, qui a tué au moins trois personnes dans une zone considérée comme sûre, augmentant les tensions entre les partisans chrétiens et le Hezbollah.

En milieu de journée, lundi, un bilan provisoire faisait état d’au moins 16 personnes tuées au Liban-Sud et dans la Békaa, portant le total à 36 morts en 24 heures selon le ministère. Le ministère de la Santé a également déploré une seconde attaque en 12 heures contre des ambulanciers à Siddiqine (Tyr), après une précédente à Hariss (Bint Jbeil). Une des victimes d'une attaque israélienne de drone dans la matinée sur une route de Hamadiyé (caza de Tyr) a été identifiée comme étant Bernard el-Hajj, un chrétien originaire du village de Tanbourit (Saïda) marié à une chiite de Maaraké (Marjeyoun).

Attaques contre des chars israéliens

La banlieue sud de Beyrouth a été frappée une nouvelle fois dans la journée, après que l’armée israélienne a lancé un ordre d’évacuation pour sept quartiers : Haret Hreik, Ghobeiri, Laylaki, Hadath, Bourj el-Brajné, Tahouitet el-Ghadir et Chiyah. Par la bouche de son porte-parole arabophone Avichay Adraee, l’armée israélienne a affirmé avoir attaqué des infrastructures du Hezbollah. Une deuxième frappe a eu lieu beaucoup plus tard en milieu de soirée dans le quartier de Bir el-Abed dans la banlieue sud de Beyrouth, touchant un bâtiment abritant une succursale de la Banque libano-française.

Dans la Békaa, la localité de Meydoun a été frappée dans la soirée, selon notre correspondante Sarah Abdallah.

Au Liban-Sud, le carnage s'est poursuivi, Israël multipliant les frappes sur des villes et villages, notamment Tyr, mais aussi Bint Jbeil, Marjeyoun et Hasbaya.

Dans ses communiqués devenus traditionnels, l’armée israélienne a annoncé en milieu d’après-midi avoir détruit « plus de 300 infrastructures terroristes par voies aérienne et maritime » et « découvert plus de 10 tunnels souterrains », sans fournir plus de précisions. Un peu plus tard, elle a affirmé avoir découvert un « complexe souterrain du Hezbollah » rempli d’armes.

Le Hezbollah a quant à lui annoncé plusieurs opérations, dont des attaques à Khiam, tandis que les combats se poursuivaient selon lui à Kiryat Shmona (à plusieurs reprises) et Metula, en territoire israélien. Hanita, Shlomi, Yir’on, Karm Ben Zimra, Margaliot, Misgav Am ou encore le site de Malkiya ont également été ciblés. Le parti chiite a notamment assuré avoir ciblé à 14h30 la « base de Ghivat Olga, appartenant au commandement du Nord de l’armée israélienne, située à 75 km à l’ouest de Hadera, avec une roquette et des drones d’assaut ». Il a indiqué aussi avoir touché à 16h10 deux chars Merkava à Tallet Ghamatha, à Aïnata (Bint Jbeil), en utilisant des drones d’attaque. Il a ensuite diffusé une vidéo montrant son attaque contre les tanks israéliens.

Le ministre libanais de la Santé Rakan Nasreddine s'est rendu à l’hôpital gouvernemental de Saïda afin d’évaluer ses besoins et d’examiner les moyens de renforcer le soutien à l'établissement sanitaire.

Enfin, l'armée libanaise a indiqué dans un communiqué qu'aucun nouveau locataire ne se trouvait à l'étage du bâtiment touché dimanche par la frappe israélienne à Aïn Saadé. Elle a ajouté qu'une personne a été aperçue quittant le bâtiment à moto juste après la frappe, assurant que l’enquête se poursuivait pour identifier cette personne et établir tous les détails. Un drone a par ailleurs été entendu en train de voler à très basse altitude à 21h entre Mansourieh et Aïn Saadé, où une frappe israélienne a tué trois personnes dimanche.

Le lundi de Pâques catholique a été aussi violent pour les Libanais que le dimanche qui l’a précédé, Israël ayant poursuivi ses bombardements dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban-Sud et dans la Békaa, ont rapporté nos correspondants.En début de soirée, les populations de plus de 40 villages du Liban-Sud ont été une nouvelle fois sommées par l'armée israélienne d'évacuer leurs habitations en prévision d'une nouvelle vague de frappes massives. Une partie de ces villages est située au nord du fleuve Litani, où plus tôt dans la journée l'armée israélienne avait ordonné aux habitants de partir, en larguant des tracts sur la région. Selon notre correspondant Mountasser Abdallah, au mois deux villages chrétiens ont été pour la première fois nommés dans un ordre d'évacuation :...
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