Vue aérienne de Beyrouth depuis le hublot d'un avion de Middle East Airlines après son décollage de l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, le 31 mars 2026. Photo Amr Abdallah Dalsh / Reuters

Certains ont quitté le Liban à l’aube de la guerre. Hors de question pour eux de revivre ce jour sans fin alors, au bruit des premières frappes, ils ont redescendu les valises du haut des armoires, rangé leurs affaires et fait leurs au-revoirs. D’autres ont tenu à patienter - quinze jours, un mois parfois - ont gardé espoir, puis l’ont perdu à nouveau. À leur tour, ils ont descendu les valises du haut des armoires, rangé leurs affaires et fait leurs au-revoirs. Ils ne « reviendront plus jamais » dans ce pays, m’ont-ils assuré en partant.
Ce sont pourtant toujours les premiers à demander si « ça va » quand un missile s’abat. Si l’on suit l’avancée de l’invasion. Si l’on « a entendu », quand un avion vient de franchir le mur du son. Le calme non plus, ils n’en veulent pas, alors d’où ils sont ils lisent le Liban du matin jusqu’au soir. Avec ses reportages, ses récits, ses commentaires, ses chroniques, notre Weekender s’adresse aussi à eux, histoire de les faire revenir un peu, le temps d’une lecture.


Tyr, ou ce qui est en train de disparaître

Il y a des images que l’on croit anodines jusqu’au jour où elles deviennent des preuves. Celle que Georges Boustany a choisi de dévoiler aujourd’hui, prise à Tyr en août 1990, raconte à présent bien plus qu’un souvenir d’un moment passé avec son ami : elle dit ce que le Liban est en train de perdre.

Il n’y a pas que le bruit des bombardements, il y a aussi le mur du son, la chronique de Sabyl Ghoussoub

Il est presque vingt-deux heures, rien ne va mais ça va. Beyrouth essaie de redevenir Beyrouth, lorsqu’on entend un premier boum. Fort, très fort, très très fort. Mon amie lève le doigt comme si elle humait le vent et me dit : « Jidar el-saout », le mur du son. Elle ajoute : « Il va y en avoir un deuxième dans un instant ». Retrouvez la chronique de Sabyl Ghoussoub.

Balade dans un Beyrouth en guerre et en ébullition

Beyrouth était déjà une ville fragmentée, nerveuse, où chacun tient debout comme il peut. Mais depuis un mois, elle est devenue une Cocotte-Minute humaine, prête à déborder au moindre accroc. Certains s’y murent dans un silence, d’autres sont prêts à vider leur sac, sans préambule. Nos journalistes Caroline Hayek et Salah Hijazi vous emmènent en balade dans cette capitale en ébullition.

Quand la guerre frappe, que deviennent les espaces culturels ?

Dans la cacophonie actuelle, le langage semble suspendu : celui de la parole, de la création, des théâtres, des salles de cinéma, des galeries, des sites archéologiques, des musées, des festivals. Ne subsistent que la langue de la guerre, ses obsessions, les urgences en continu et les scènes de tumulte politique. Alors, une question s'impose : sous les bombes, que peuvent les espaces culturels ? L'article de Rana Najjar.

Liban-Israël : mythes, faux-semblants et impostures

Faut-il croire les responsables israéliens, quand ceux-ci assurent n'avoir aucune revendication territoriale au Liban ? La question se soulève lors d'un échange en off entre un diplomate et un journaliste à Beyrouth. Une scène qui met en lumière des craintes, mais aussi des mythes nés bien avant le Hezbollah. Le commentaire d'Élie Fayad.

Joud, 16 ans : le secouriste foudroyé par Israël à Nabatiyé qui rêvait d’être informaticien

Tout s’est passé très vite. Il est 12h30 à Nabatiyé ce mardi 24 mars 2026. Joud, 16 ans, est à moto. Il vient de quitter le centre de secours géré par son père, où il est lui-même volontaire. Direction la husseynié, où il doit aider à préparer les repas du lendemain. Un trajet de trois minutes, quatre tout au plus, qu’il emprunte quotidiennement. Mais cette fois, il ne reviendra pas. Stéphanie Khouri revient sur sa courte vie, fauchée par Israël.

« Enfin, ça y est, je suis chevalier ! » dans les pas de Ali Akbar, dernier vendeur de journaux à la criée de Paris

Décoré des insignes de l’ordre national du Mérite par Emmanuel Macron à l’Élysée fin janvier, le Pakistanais Ali Akbar, qui connaît chaque coin des 6e et 7e arrondissements, est devenu une célébrité. À sa façon, joyeuse. Anne Ilcinkas l'a rencontré.

Kalshi, cofondée par un Libanais, lève plus d’un milliard de dollars

Fondée en 2018 par l’entrepreneur libanais Tarek Mansour et la Brésilienne Luana Lara Lopes, Kalshi, une plateforme de marchés prédictifs basée à New York, a levé plus d’un milliard de dollars lors d’un nouveau tour de table le 19 mars dernier. Une levée qui devrait doubler sa valorisation. Stephanie Bechara vous en parle.
Prenez trois minutes pour nous aider à améliorer les newsletters de « L’Orient-Le Jour » en répondant à notre questionnaire de satisfaction.

