Des soldats de la Finul au Liban-Sud. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour archives
Des membres de la Finul ont pu récupérer mardi matin les corps des deux Casques bleus du contingent indonésien tués la veille sur la route reliant Markaba à Bani Hayyan, dans une explosion d'origine inconnue, selon la force onusienne et notre correspondant dans le Sud. Ces dépouilles n'avaient pas encore pu être déplacées faute de garantie sécuritaire, dans cette zone du Liban-Sud où l'armée israélienne poursuit son invasion, sur fond de combats avec le Hezbollah. Un développement qui intervient alors que la communauté internationale a condamné la mort de ceux deux soldats de la paix, et d'un autre, également du contingent indonésien, tué dimanche quelques kilomètres plus au nord. Un Conseil de sécurité doit avoir lieu dans la journée sur ces incidents.
La porte-parole de la Finul, Kandice Ardiel, a indiqué à L'Orient-Le Jour que « les corps des deux Casques bleus tragiquement tués ont été récupérés ». « La nature et l’origine de l’explosion ayant causé leur mort font l’objet d’une enquête », a-t-elle rappelé.
Dans ce cadre, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence à 10h (14h GMT - 17h au Liban) à la demande de la France, après le décès de ces trois Casques bleus. La Finul, présente dans le sud du Liban depuis 1978, date de la première invasion israélienne, avait auparavant annoncé la mort d'un autre Casque bleu indonésien dimanche dans des circonstances similaires à la frontière avec Israël. « Toutes les parties au conflit sont instamment priées de respecter le droit international humanitaire et d'assurer la sécurité du personnel de maintien de la paix », a réitéré Jakarta mardi via son ministère de la Défense. L'armée israélienne assure aussi enquêter sur ces incidents, appelant à « ne pas présumer » qu'elle en est responsable. « Ces incidents font l'objet d'un examen approfondi afin d'en clarifier les circonstances et de déterminer s'ils résultent d'une activité du Hezbollah ou de l'armée israélienne », a déclaré l'armée sur Telegram.
De son côté, l'Union européenne a dénoncé des attaques « absolument inacceptables ». « Nous demandons qu'une enquête approfondie soit menée afin de faire la lumière sur ces graves attaques », a affirmé un porte-parole de la Commission européenne, Anouar El Anouni, déplorant une « grave violation du droit international ».
Et c'est notamment en solidarité avec la Finul qu'Alice Rufo, ministre française déléguée auprès de la ministre des Armées, est attendue au Liban mardi. Cette visite surprise se veut une marque de soutien de Paris à la « souveraineté libanaise » et en solidarité avec la Finul, selon un communiqué du ministère des Armées. Au cours de sa visite à Beyrouth, elle s'entretiendra avec les officiels libanais, dont le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, et le ministre de la Défense, Michel Menassa, et remettra à l'armée libanaise, au port de Beyrouth, 39 véhicules de l'avant blindé (VAB), un type de véhicule militaire français pour le transport de troupes. La ministre déléguée déposera également une gerbe au mur mémoriel à la Résidence des pins en mémoire des 58 militaires français tués lors de l'attentat du Drakkar le 23 octobre 1983.


