Des hommes installent des panneaux « bouclier bleu » de l’Unesco à l’intérieur de l’hippodrome historique de Tyr, au Liban-Sud, le 23 mars 2026. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Face à la montée des menaces qui pèsent sur ses biens culturels, le Liban élève le ton sur la scène internationale. Sa délégation permanente auprès de l’Unesco a annoncé la convocation d’une réunion extraordinaire du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, prévue le 1er avril 2026 au siège parisien de l’organisation.
Organisée en étroite coordination avec le ministère libanais de la Culture – et en particulier la Direction générale des antiquités –, cette session s’inscrit dans une offensive diplomatique plus large. Objectif : activer les leviers internationaux face aux risques croissants qui menacent les sites archéologiques et patrimoniaux du pays.
Au cœur de cette démarche, une volonté claire, comme le souligne à L’Orient-Le Jour la déléguée permanente du Liban auprès de l’Unesco Hind Darwiche : réaffirmer l’attachement du Liban à la Convention de La Haye de 1954 et à son deuxième protocole de 1999, qui encadrent la protection du patrimoine en temps de guerre. Mais au-delà du rappel juridique, c’est bien l’urgence qui domine : celle de sauvegarder un héritage qui dépasse les frontières nationales et relève du patrimoine commun de l’humanité, comme l’a indiqué à maintes reprises le ministre de la Culture Ghassan Salamé lors de ses contacts avec le directeur général de l’Unesco Khaled el-Enany depuis la montée des violences au Liban.
Vers une protection renforcée
La réunion devrait déboucher sur une série de décisions structurantes, à commencer par la mise sous protection renforcée de 39 nouveaux sites archéologiques, répartis sur l’ensemble du territoire libanais. Leur inscription porterait à 73 le nombre total de sites bénéficiant de ce statut, après les 34 déjà reconnus en 2024.
L’enjeu est loin d’être symbolique. Cette classification implique l’apposition du bouclier bleu et rouge – emblème international de protection – et engage surtout la responsabilité juridique de toute partie qui s’y attaquerait. Toute atteinte pourrait ainsi relever du droit international.
Autre point-clé attendu : la mobilisation de financements dédiés, indispensables pour traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain.


