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Culture - Disparition

Ahmad Kaabour, la voix d’« Ounadikom », s’est éteint à 71 ans

Figure majeure de la chanson engagée, le musicien, compositeur et acteur libanais est décédé à 71 ans, laissant une œuvre ancrée dans les déchirures du Liban.

Ahmad Kaabour, la voix d’« Ounadikom », s’est éteint à 71 ans

Ahmad Kaabour, musicien, compositeur et comédien libanais, disparu le 26 mars 2026 à 71 ans. Photo tirée du site web de l'artiste

Il chantait bas, mais ça portait loin. Ounadikom (Je vous appelle) a traversé les années, s’installant durablement dans la mémoire collective. Le musicien, compositeur et acteur libanais Ahmad Kaabour est mort le 26 mars 2026, à 71 ans, des suites d’une maladie.

Né à Beyrouth en 1955, il grandit dans une maison où la musique circule sans apprêt. Son père, violoniste connu sous le nom de Mahmoud al-Rachidi, compte parmi les premiers instrumentistes de sa génération au Liban. L’enfance se déroule entre Basta et le quartier de Horch, dans une ville déjà traversée par ses lignes de fracture. Adolescent, il compose. Puis la guerre éclate. Il a 19 ans. « Je me sentais déjà comme un homme adulte », dira-t-il plus tard. Il ne prend pas les armes. Il écrit, chante, s’engage autrement, en participant notamment à l’organisation de comités de soutien pour les civils. C’est dans ce contexte qu’il compose Ounadikom, sur un texte du poète palestinien Taoufic Ziad. La chanson circule, s’impose, traverse les frontières. Au fil des années, elle dépasse son auteur. Reprise dans les manifestations, transmise de génération en génération, elle devient un chant de ralliement autant qu’une mémoire partagée.

Formé au théâtre à l’Université libanaise, Kaabour n’a jamais tenu en place dans une seule forme. Il joue, écrit, compose, passe de la scène à l’écran. Dans les années 1980, on le retrouve aux côtés de Ziad Rahbani, Fayek Hmaysi, Yaacoub Chedraoui ou encore Rabih Mroué. Plus tard, il apparaît dans Carlos, du réalisateur Olivier Assayas, présenté à Cannes, où il incarne le militant palestinien Wadih Haddad. Puis, il s’invite dans le quotidien des Libanais par le petit écran, notamment sur Future TV, à travers séries musicales et clips.

Mais ce sont aussi les concerts qui dessinent son parcours : des centaines, au Liban, du sud au nord, et ailleurs, en Europe comme dans le monde arabe. Des salles pleines, d’autres plus modestes. Une présence constante, sans rupture. En 2016, il s’était aussi laissé entraîner, brièvement, du côté de l’engagement citoyen, en rejoignant la liste Beirut Madinati aux municipales de Beyrouth – une parenthèse plus qu’un tournant, fidèle à son refus des carrières tracées.

Mais réduire Ahmad Kaabour à Ounadikom serait passer à côté d’une autre fidélité, plus discrète : celle qu’il a entretenue avec les enfants. Car pendant que la chanson circulait, lui continuait de travailler ailleurs, souvent loin des projecteurs. Avec la troupe Firkat al-Sanabel, puis au sein du Théâtre libanais de marionnettes, il écrit, compose, met en scène. Des spectacles pensés pour les plus jeunes, mais jamais simplistes. Il y glisse des histoires, des rythmes, une manière de regarder le monde sans le nier.

Ce n’était pas un détour. Plutôt une continuité. Chez Kaabour, il n’y avait pas d’un côté la chanson engagée, de l’autre les œuvres pour enfants. Il y avait une même ligne : parler, relier, transmettre.

À la fin, lorsqu’on lui demandait quelle chanson lui était la plus chère, il répondait : celle qu’il n’a pas encore écrite. Comme si tout restait, malgré tout, à venir.

Il chantait bas, mais ça portait loin. Ounadikom (Je vous appelle) a traversé les années, s’installant durablement dans la mémoire collective. Le musicien, compositeur et acteur libanais Ahmad Kaabour est mort le 26 mars 2026, à 71 ans, des suites d’une maladie.Né à Beyrouth en 1955, il grandit dans une maison où la musique circule sans apprêt. Son père, violoniste connu sous le nom de Mahmoud al-Rachidi, compte parmi les premiers instrumentistes de sa génération au Liban. L’enfance se déroule entre Basta et le quartier de Horch, dans une ville déjà traversée par ses lignes de fracture. Adolescent, il compose. Puis la guerre éclate. Il a 19 ans. « Je me sentais déjà comme un homme adulte », dira-t-il plus tard. Il ne prend pas les armes. Il écrit, chante, s’engage autrement, en participant notamment à...
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