Des déplacés dans une tente à Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Ses propos ont provoqué un tollé, notamment au sein de la communauté chiite. Interrogé au sujet de la possibilité d’ouvrir les locaux du Conseil supérieur chiite (CSC) à Hazmieh, en banlieue de Beyrouth, pour accueillir des déplacés de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le vice-président du conseil, le cheikh Ali el-Khatib, avait affirmé vendredi que cela « relevait de la responsabilité de l’État »… avant de rétropédaler moins de 72 heures plus tard. Pourquoi le dignitaire chiite a-t-il refusé d’abriter des déplacés, et qui est derrière ce revirement ? L’Orient-Le Jour revient sur cette polémique.
« Celui qui a déclenché la guerre doit assurer des centres d’hébergement »
Tout a commencé vendredi, lorsque le cheikh Khatib, réputé proche du Hezbollah, a été interrogé par un journaliste de la chaîne al-Jadeed, lors d’une tournée auprès des déplacés à Beyrouth, sur le plan qu’envisage le CSC si la crise des déplacés se poursuivait, et la possibilité d’ouvrir ses locaux pour les accueillir. « C’est le devoir de l’État d’abriter les déplacés et de leur assurer des conditions favorables. On ne doit pas demander au CSC d’évacuer ses locaux, négligeant ainsi le rôle de l’État », a-t-il rétorqué. Des propos qui ont suscité une vaste vague de dénonciation, tant dans les rangs de la communauté chiite que parmi les détracteurs du Hezbollah. Bien que le cheikh ait évoqué dans cet entretien d’autres mesures prises par le CSC pour venir en aide aux déplacés, dont l’ouverture des locaux de l’Université islamique à Wardaniyé (Chouf) et Khaldé (Mont-Liban), l’octroi d’une aide sanitaire à l’hôpital Zahraa (Jnah) et l’envoi de cheikhs dans les centres d’accueil pour aider, il n’a pas été à l’abri des critiques.
« Si c'est l'État qui a déclenché la guerre, les déplacés sont les bienvenus, mais c’est une milice iranienne qui mène la guerre pour satisfaire le régime du guide suprême. Il n'y a rien de plus honteux que ça… Le Conseil chiite sert à abriter les corrompus ! » a dénoncé sur X un internaute. « À quoi sert le Conseil sans les chiites ? Vous êtes dans vos locaux pendant que votre peuple est sur la route. C’est celui qui a déclenché la guerre qui doit assurer des centres d’hébergement », a réagi un autre. Le cheikh Khatib refuse d’accueillir les déplacés « alors que le nonce apostolique au Liban apporte de l’aide aux déplacés. La religion est miséricorde, non pas commerce et terrorisme », a fustigé un troisième. Mgr Paolo Borgia a effectué vendredi une tournée d’inspection dans plusieurs localités chrétiennes des cazas frontaliers de Marjeyoun et de Hasbaya, affirmant que « l’Église se tient aux côtés des Libanais en cette période difficile ».
Réagissant à ce tollé, le cheikh Khatib a nuancé ses propos samedi devant la presse, lors d’une autre tournée auprès des déplacés. Après avoir souligné que « la prise en charge des déplacés est la responsabilité de tous, en premier lieu du Conseil chiite, de l’État, des associations et de tous ceux qui en ont les moyens », le dignitaire a dénoncé une « campagne visant à ternir l’image de la résistance et de son environnement », affirmant toutefois « ne pas y prêter attention ». Plus de 800 000 personnes ont été déplacées, depuis le 2 mars, notamment du Liban-Sud et de la banlieue sud de Beyrouth, en raison de la guerre entre Israël et le Hezbollah.
Aïn el-Tiné fait pression
Cette prise de position ne semble toutefois pas avoir satisfait Aïn el-Tiné. Un cheikh du CSC a affirmé à notre publication, sous couvert d’anonymat, que le Conseil avait décidé dimanche d’accueillir des déplacés dans deux bâtiments de ses locaux à Hazmieh « suite à des pressions exercées par le président du Parlement Nabih Berry ». Contactés, les milieux de Aïn el-Tiné n'étaient pas joignables dans l'immédiat.
Cette décision intervient alors que le CSC est dernièrement devenu, selon certains observateurs, le théâtre d'une lutte d'influence entre le mouvement Amal et le Hezbollah. Plus de quatre ans après la mort de son président, le cheikh Abdel Amir Kabalan, le poste reste vacant. Pour cause : le fait que Nabih Berry s’oppose, selon des sources chiites concordantes, à l’accession à la tête de l’institution du cheikh Ali el-Khatib, perçu comme plus proche du Hezbollah.
Historiquement lié au mouvement Amal, le Conseil avait été fondé dans les années 1960 par l’imam Moussa Sadr comme un organe destiné à représenter les intérêts de la communauté chiite au sein de l’État. Mais avec la montée en puissance du tandem chiite Amal-Hezbollah, son rôle s’est progressivement estompé. Avec l’affaiblissement du Hezbollah en raison de la guerre, l’institution redevient toutefois un enjeu stratégique.



Berry exige toujours des autres ce qu’il refuse de faire lui même. On ne l’a pas entendu inviter ses déplacés dans son fief et ses résidences multiples. Pourquoi la charité et l’hospitalité doit venir des régions qui ont toujours étaient considérées comme les ennemis jurés de ce parti vendu qui n’a pas raté une occasion pour les traiter de traîtres, parce qu’ils voulaient les sauver de leurs tortionnaires en les prévenant de ce qu’il les attendait s’il ne se lever pas pour les stopper dans leur course à leur humiliation et leur dépouillement total en les jetant dans les rues sans aucune protec
12 h 46, le 17 mars 2026