Un phoque moine de Méditerranée sur une plage au Liban. Photo Terre Liban.
L’affaire du chantier controversé à Amchit (caza de Jbeil, Mont-Liban), au-dessus d’une grotte fréquentée selon les experts et les écologistes par un phoque-moine, une espèce menacée en Méditerranée, est revenue à la surface cette semaine, malgré la guerre entre le Hezbollah et Israël qui fait rage dans le pays. Ce chantier, rappelons-le, est celui d’une villa privative, appartenant à une ancienne journaliste libanaise sur le littoral de Amchit.
Une vingtaine d’ONG libanaises ont adressé cette semaine une lettre à la ministre de l’Environnement Tamara el-Zein, exprimant leur « vive inquiétude face à une reprise des travaux le 10 mars 2026 sur le terrain 345 à Amchit, qui se trouve à proximité de la grotte dite du phoque-moine et qui en est le prolongement ». Leur communiqué rappelle les nombreuses études, effectuées notamment par le Centre d’études marines du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), qui montrent que ce site est d’une importance cruciale pour cette espèce rare et pour sa reproduction.
Les ONG plaident donc pour « la protection de ce site exceptionnel contre toutes les menaces qui peuvent peser sur lui », en harmonie avec les lois libanaises et les conventions internationales de protection de l’environnement ratifiées par le Liban.
Si les ONG s’adressent à la ministre de l’Environnement, c’est que celle-ci avait émis une décision, le 22 octobre 2025, imposant aux promoteurs de préparer une étude d’impact environnemental avant de poursuivre leur chantier. Elle avait reconnu par ailleurs une « erreur » dans l’octroi du permis de construire. Les ONG rappellent aussi que cette affaire fait l’objet d’un recours auprès du Conseil d’état, lequel n’a toujours pas été tranché.
Les signataires du communiqué demandent donc à la ministre « un arrêt provisoire des travaux » le temps qu’une étude d’impact environnemental soit soumise à son ministère et évaluée, conformément à la loi. Ils mettent également en avant la nécessité d’une « protection durable » de la grotte.
Il convient de noter que l’association Terre-Liban, chef de file dans cette affaire, a présenté cette semaine une plainte urgente au ministère de l’Environnement en vue d’obtenir un arrêt des travaux sur le chantier.



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