La procureure générale d'Israël a affirmé son opposition à la nomination du prochain directeur du Mossad, services extérieurs israéliens, qui doit prendre ses fonctions en juin prochain, dans une lettre à la Cour suprême publiée dimanche par les médias israéliens.
A l'origine de l'opposition de la procureure Gali Baharav-Miara, une affaire remontant à 2022, quand le général Roman Gofman était en poste à la frontière nord d'Israël.
A l'époque, rappelle-t-elle dans sa lettre, des officiers agissant « à la demande de Gofman » avaient recruté hors de tout cadre légal Ouri Elmakiyes, un adolescent de 17 ans, pour mener des « opérations de collecte d'informations et d'influence » auprès de pays ennemis, essentiellement la Syrie.
Ignorant qu'il agissait pour le compte de l'armée, le Shin Beth (renseignements intérieurs israéliens) avait arrêté l'adolescent qui avait été incarcéré pendant plus d'un an, avant que le parquet n'enquête et annule tous les chefs d'inculpation.
Selon la procureure, Roman Gofman n'aurait rien fait pour innocenter le jeune homme après son arrestation, niant même initialement avoir eu connaissance des faits.
Roman Gofman, actuel secrétaire militaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été désigné en décembre 2025 par ce dernier au poste clef de directeur du Mossad.
Une commission a ensuite été chargée de donner un avis, consultatif mais très scruté.
Le président de cette commission, un ancien juge à la Cour suprême, s'est opposé à sa nomination, affirmant que Roman Gofman n'avait pas dit la vérité sur cette affaire lors de son audition, jugeant cela problématique en terme d' « intégrité morale ».
Mais il a été mis en minorité par ses trois autres collègues de la commission, tous connus pour soutenir le Premier ministre.
Une audience est prévue devant la Cour suprême dans les jours à venir pour examiner l'affaire, après plusieurs recours contre cette nomination, de la part d'associations israéliennes pour la probité, et d'Ouri Elmakiyes.
Benjamin Netanyahu a, pour sa part, écrit à la Cour pour demander le rejet de ces recours, affirmant que « la responsabilité de la sécurité de l'État et de ses citoyens incombe au Premier ministre, et à lui seul ».
L'argument interpelle la société israélienne, étant donné que M. Netanyahu rejette systématiquement depuis deux ans sur l'appareil sécuritaire la responsabilité de l'attaque du Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre 2023.

