De la fumée s'élève après une frappe israélienne qui a visé le campus de l'Université libanaise dans le quartier de Hadath à Beyrouth, le 12 mars 2026. Photo Ibrahim Amro/AFP
Ils se trouvaient dans la cour extérieure de la faculté des sciences de l’Université libanaise à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth, lorsqu’une frappe de drone israélienne les a pris pour cible jeudi. Hussein Bazzi, directeur de la faculté, et le professeur Mortada Srour ont été tués dans cette attaque survenue dans un contexte d’intensification des frappes israéliennes contre le Liban. L’affiliation politique des deux tués a suscité de vifs remous sur les réseaux sociaux, bien avant que l’armée israélienne n'accuse vendredi Mortada Srour d'être « membre de l’unité aérienne du Hezbollah ». Que sait-on de ces deux enseignants ?
Hussein Bazzi, affilié au mouvement Amal
Âgé de 38 ans, Hussein Bazzi était originaire de Bourj el-Brajné, dans la banlieue sud de Beyrouth. Titulaire d’un doctorat en chimie et physique des matériaux de l’Université Pierre et Marie Curie en France, il a commencé à enseigner à la faculté des sciences de l’Université libanaise en 2013, où il travaillait également en tant que chercheur. En 2021, il a obtenu un brevet d’invention local portant sur une composition de matériaux destinés à l’usage dentaire. Nommé directeur de la faculté des sciences de l’UL en 2023, il était également l’auteur de nombreux articles scientifiques publiés dans des revues internationales sur les sciences des matériaux, les nanoparticules et la composition des matériaux dentaires.
Après l’annonce de sa mort, une photo relayée sur les réseaux sociaux, montrant présumément Hussein Bazzi aux côtés d’Ibrahim Akil, chef de l’unité d’élite du Hezbollah assassiné par Israël à Beyrouth en 2024, a suscité de vives réactions. L’information a toutefois été rapidement démentie par l’UL jeudi. Certains internautes ont par la suite indiqué qu’il s’agissait en réalité d’Ahmad Rida Sayyed, un membre du Hezbollah tué en 2024. Hussein Bazzi serait toutefois affilié au mouvement Amal : selon une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, ce dernier aurait prononcé un discours lors d’un iftar organisé par le parti.
Sur le site de l’UL, peu d’informations figurent sur Mortada Srour, professeur de physique et également auteur de plusieurs articles scientifiques. Le rectorat de l’UL n’était pas joignable dans l’immédiat pour un commentaire.
De son côté, l’armée israélienne a revendiqué l’élimination du professeur, l’accusant d’être « membre de l’unité aérienne du Hezbollah (unité 127) ». Selon Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée, Mortada Srour « était considéré comme une figure importante et une référence dans le domaine de la fabrication de moyens de combat » et était « le frère de Mohammad Hussein Srour, commandant de l’unité aérienne du Hezbollah, qui a été tué lors de l’opération ‘‘Flèches du Nord’’ » lancée en septembre 2024. Alors que Mortada Srour était « chargé de cours de chimie » à l'UL, Adraee a accusé « de nombreux autres membres du Hezbollah de travailler également comme enseignants dans différentes universités libanaises ».
L’Université libanaise avait déjà été au cœur de controverses lors de la guerre de 2024. À l’époque, des informations stipulant que des armes auraient été dissimulées dans un entrepôt loué par l’UL à Jnah, dans la banlieue sud – un site ne faisant pas partie de ses campus – avaient suscité une vive polémique avant d’être démenties par l’université.



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Tout le pays est infiltré par ces vendus. A croire que notre pays est devenu une banlieue de la république islamique sans que cela n’ébranle le moins du monde tous nos responsables qui s’étaient succédés et qui ont laissé faire jusqu’au point du non retour.
12 h 19, le 14 mars 2026