Un homme passe devant un portait du chef du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, le 24 mai 2025 à Tyr au Liban-Sud, lors des élections municipales. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Les auteurs de la plainte pénale contre le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, présentée en août dernier devant le procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, ont adressé à ce dernier, mardi, un mémorandum dans lequel ils lui demandent de donner suite à leur recours. À travers cette requête écrite, Achraf Rifi, député de Tripoli, et d’autres parlementaires anti-Hezbollah, Georges Okaïs, Camille Chamoun et Élie Khoury, ainsi que l’ex-député Eddy Abillamaa et Élie Mahfoud, avocat proche des Forces libanaises et président du Mouvement du changement, exhortent le juge Hajjar à entamer l’examen de leurs griefs. Ceux-ci sont notamment basés sur des articles liés aux menaces, à l’incitation à la guerre civile, l’attisement des tensions confessionnelles et la rébellion contre l’État. La demande se trouve au greffe du parquet de cassation, le juge Hajjar ayant été absent de son bureau lors de son dépôt.
Les requérants avaient entrepris à maintes reprises des démarches de suivi de leur recours, qui sont restées sans réponse, selon eux. En septembre dernier, ils affirmaient déjà que la plainte en question se trouvait toujours auprès du chef du parquet, sans avoir été transmise à la police judiciaire pour l’ouverture d’une enquête.
Contacté par L’Orient-Le Jour, M. Mahfoud indique que les plaignants ont demandé que la note écrite soit jointe à la plainte initiale. D’autant, souligne-t-il, que les derniers « développements » sur la scène libanaise ainsi que les discours de Naïm Kassem et son « comportement » entraînent le Liban dans une situation de plus en plus « désastreuse ». M. Mahfoud indique, en outre, que les auteurs de la plainte ont demandé l’engagement de poursuites contre le chef du Hezbollah et l’émission d’un mandat d’arrêt à son encontre.
Chez le ministre de la Justice
Avant de déposer leur mémorandum au Palais de justice, les requérants, accompagnés de Joseph Jbeily, membre du comité exécutif des Forces libanaises, s’étaient rendus au siège du ministère de la Justice, où ils se sont réunis pendant deux heures avec le ministre Adel Nassar. Ce dernier a été exhorté à user de la compétence que lui donne l’article 14 du Code de procédure pénale, à savoir demander au parquet d’engager des poursuites concernant « les infractions dont il a connaissance dans le cadre de ses fonctions ». « La réunion s’est déroulée dans un climat positif », souligne Élie Mahfoud, se félicitant des mesures prises par M. Nassar et le gouvernement en général qui a « classé les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah hors du cadre légal, dans une volonté de restaurer la pleine autorité de l’État libanais sur son territoire ». À l’issue de la réunion, les visiteurs de M. Nassar ont publié un communiqué dans lequel ils ont réclamé l’exécution de ces décisions et « l’application des lois à tous ceux qui les enfreignent (…) ou s’arrogent le droit exclusif de l’État de déclarer la guerre et la paix ».

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Cause toujours. La république c’est lui et la justice c’est lui, comme dirait l’autre. En tout cas pendant encore quelques heures ou quelques jours. Il finira par sortir de sa cachette pour un besoin urgent.
14 h 07, le 12 mars 2026