Capture d’écran d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux
« Nous sommes tous ici sous les armes du Hezbollah ! Vous tous êtes sous la botte du Hezbollah. » Ces propos attribués à un homme armé dans la soirée de dimanche par des habitants de Doha Aramoun (caza de Aley), qui auraient refusé de louer un appartement à des déplacés, ont créé la polémique sur les réseaux sociaux. Ils ont aussi semé la colère au sein de populations de plus en plus remontées contre le groupe chiite qui, dans la nuit du 1er au 2 mars, a une nouvelle fois fait entrer le Liban dans une guerre contre Israël, provoquant des bombardements israéliens intensifs au Liban-Sud, dans la banlieue sud de Beyrouth et la Békaa-Nord, et des déplacements massifs en conséquence.
Dans une vidéo postée sur X par la journaliste Mariam Majdoline Laham, connue pour son hostilité au Hezbollah, un homme armé et visiblement très en colère lance ces menaces aux habitants d’un immeuble dans cette banlieue cossue au sud de la capitale. La journaliste le nomme et l’identifie comme un membre du Hezbollah, puis s’adresse aux autorités dans un message cinglant : « Un avertissement clair, ou un signal d’alarme : soit A.J. est arrêté (...) soit les décisions du gouvernement n’auront plus aucune valeur réelle. » Faisant ensuite référence à la répression implacable traditionnellement menée par l’organisme sécuritaire et militaire du groupe chiite contre ses opposants, elle assure que ce temps est « révolu » et que, désormais, c’est « l’État (qui) gouvernera ».
Sur les réseaux sociaux, certains assurent que l’homme armé a été arrêté, à l’instar du compte d’information LebyNews, partageant une vidéo qui aurait été tournée dans la région de Aramoun et qui montre l’arrivée d’une voiture avec à son bord plusieurs hommes armés qui ont menacé des habitants de la zone. Selon ce compte également, A.J. « dispose d’un groupe armé à Aramoun composé de 11 personnes ». D’autres rétorquent que non, dénonçant le manque de réactivité de l’État, comme Mariam Majdoline Laham : « Faux, nul n’a été arrêté. Le lieu a été perquisitionné, mais l’opération n’a abouti à aucun résultat », rétorque la journaliste, faisant état de la colère de jeunes de la région qui « manifestent dans la rue ».
Contactée, la direction de l’orientation de l’armée indique avoir été informée de l’incident à travers les réseaux sociaux et n’avoir pas plus d’informations. Elle reconnaît toutefois que le risque d’incidents de ce genre est élevé dans les circonstances actuelles. L’OLJ n’a pas été en mesure de joindre les renseignements de l’armée.
A Aïn el-Remmané, un incident qui inquiète les habitants
Un autre incident a eu lieu samedi à Aïn el-Remmané, quartier beyrouthin chrétien situé face au quartier chiite de Chiyah, séparés par l'ancienne ligne de démarcation durant la guerre civile. Selon plusieurs médias, une fusillade aurait éclaté lorsque des jeunes du quartier ont poursuivi et arrêté deux inconnus en possession de documents contenant des informations sur la Force al-Radwane, unité d’élite du Hezbollah, des points de livraison et de réception, ainsi que des clés d’appartement.
Pour plus de détails, L'OLJ a contacté le député des Forces libanaises Pierre Bou Assi, qui avait demandé dans la presse que « justice soit faite », sachant qu'une importante partie des habitants de Aïn el-Remmané sont proches du parti de Samir Geagea. Il précise que des jeunes qui veillaient pour garder le quartier, comme ils ont l'habitude de le faire, ont aperçu dans la nuit du 7 au 8 mars, aux alentours de 3 heures du matin, deux individus suspects. « Dès qu'ils se sont approchés d'eux pour en savoir plus sur leur présence dans le quartier, les deux hommes se sont éloignés chacun dans une direction. Les jeunes de Aïn el Remmané ont réussi à aborder l'un d'entre eux. Une voiture s'est aussitôt approchée. Devant l'insistance des habitants pour en savoir plus sur les individus, les occupants de la voiture ont tiré à bout portant, blessant gravement deux jeunes vigiles du quartier », raconte M. Bou Assi.
Selon le député, l'un des individus a réussi à prendre la fuite à bord de la voiture, alors que le second a été remis aux forces de l'ordre. « Ils ont trouvé en sa possession des documents écrits, notamment une série de numéros de pagers, le nom de points de rassemblement et de livraison de messages écrits par coursiers, quelques lettres et des numéros de comptes bancaires. Il est aussi mentionné qu'il ne faut pas avoir son téléphone sur soi et que les messages doivent être livrés en main propre », explique M. Bou Assi. Il dit croire que ces documents appartiennent au Hezbollah et que les individus étaient des coursiers qui venaient remettre des informations à des responsables du groupe chiite réfugiés dans la région. « S'ils suivent cette procédure compliquée, c'est qu'il y a des responsables de haut niveau à qui il faut livrer ces messages », note encore Pierre Bou Assi qui appelle la justice et les forces de l'ordre à faire leur devoir « loin de toute pression ». « Nous demandons aux forces de l'ordre d'être présentes à Aïn el-Remmané 24h sur 24 et d'identifier les destinataires de ces messages afin qu'ils soient évacués des zones résidentielles s'ils représentent un danger pour les habitants », insiste-t-il.



Les gens sont dégoûtés des décisions molles,tièdes qui restent lettre morte sans application par"manque de courage""par crainte de guerre"..A force d'hésiter:Ils attisent les frustrations ..Personne n'aimera vivre dans un système pareil.Au lieu de fédérer pacifiquement et calmement , un pays UNIFIÉ de 10452KM2 où chacun trouvera SON BONHEUR... Ce sera un Liban divisé laissé à lui-même et des Libanais de TOUS BORDS FRUSTRÉS... oui c'est la FRUSTRATION qui peut mener là où personne n'a envie d'y aller... Faute de COURAGE des dirigeants et Leaders actuels...Aucun visionnaire parmi eux.
23 h 23, le 09 mars 2026