Des soldats iraniens préparant les cercueils d'enfants tués lors du bombardement d'une école primaire de la province iranienne d'Hormozgan, en vue de leurs funérailles à Minab le 3 mars 2026. Photo Amirhossein Khorgooei / ISNA via AFP
Le bombardement d’une école primaire pour filles, à Minab, dans le sud de l'Iran, ayant fait au moins 150 morts au premier jour des frappes américano-israéliennes le 28 février, pourrait être le fait d'un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité, selon une enquête du New York Times (NYT).
Ni les États-Unis, ni Israël n'ont confirmé cette frappe, tandis que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré mercredi que le Pentagone menait une enquête, assurant que les forces américaines « ne prennent jamais pour cible des civils ».
Une base des Gardiens de la révolution à proximité
S'appuyant sur des images satellites, des publications sur les réseaux sociaux et des vidéos vérifiées, le NYT a rapporté jeudi que l'école avait été gravement endommagée par une frappe qui a eu lieu en même temps que des attaques contre une base navale du Corps des Gardiens de la révolution située à proximité.
Les déclarations officielles selon lesquelles les forces américaines attaquaient des cibles navales près du détroit d'Ormuz, près duquel se trouvait la base iranienne, « suggèrent qu’elles étaient les plus susceptibles d’avoir mené la frappe », ajoute le quotidien américain.
De son côté, l'agence de presse Reuters, s'appuyant sur deux responsables américains anonymes, a indiqué jeudi que des enquêteurs militaires américains estimaient « probable » que les forces américaines soient « responsables » de la frappe qui a touché l'école, ajoutant toutefois que les investigations n'étaient pas terminées.
Le bilan total des morts n'a pas encore été confirmé de manière indépendante, mais les autorités et médias d’État iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux élèves et enseignants dans cette école primaire pour filles.
L'enquête du New York Times a exclu la frappe d'un missile iranien sur l'école.
S'il se confirme « qu’il s’agit d’une bombe américaine qui a touché (l'école) Shajarah Tayyebeh, une question sera probablement de savoir si la frappe scolaire était une erreur ou si elle a été ciblée sur la base d'informations obsolètes », écrit le journal.
Représailles contre une base aux Émirats
À la suite de la publication de cette enquête, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a demandé vendredi que l'investigation du Pentagone sur le sujet soit « rapide » et « transparente », alors que ni les États-Unis, ni Israël n'ont confirmé avoir mené cette frappe jusqu'à présent.
« Nous attendons également que les responsables rendent des comptes, car il est évident que des erreurs ont été commises », et qu'il y aura des « réparations et compensations », a déclaré M. Türk lors d'un point de presse.
Le bilan total des morts n'a pas encore été confirmé de manière indépendante, mais les autorités et médias d’État iraniens affirment que la frappe a tué plus de 150 personnes, dont de nombreux enfants, à l’école primaire Shajarah Tayyebeh. De son côté, l'Unicef, le fonds des Nations unies pour l'enfance, a rapporté vendredi un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité « d'écolières âgées de 7 à 12 ans ».
Dans le même temps, les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé vendredi avoir ciblé une base aérienne américaine aux Émirats qui aurait, selon eux, servi pour lancer cette frappe contre l'école de Minab.
« La base aérienne Al-Dhafra, appartenant aux terroristes américains dans la région, a été ciblée par des drones et des missiles de précision », ont affirmé les Gardiens de la révolution, dans une déclaration diffusée par la télévision d'État iranienne.
Ni les États-Unis, ni Israël n'ont confirmé cette frappe en Iran, et Washington a affirmé que le Pentagone menait une enquête. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a assuré, de son côté lundi, que les États-Unis ne viseraient jamais « délibérément » une école.




Il s'agit d'une "erreur", comme celles que commettent les soldats israéliens à Gaza sur les écoles et les hôpitaux. On imagine la vague d'indignation si les petites filles avaient été israéliennes !
08 h 20, le 08 mars 2026