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Moyen-Orient - frappes contre l'iran

Des Iraniens ayant fui la guerre racontent l'effroi sous les bombes

« Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre économie, à notre peuple et à notre pays », s'inquiète Sanaz, une habitante de Tabriz réfugiée en Turquie.

Des Iraniens arrivant en Turquie via le poste-frontière de Kapikoy-Razi, au niveau de Van, le 3 mars 2026. Photo Ali IHSAN OZTURK / AFP

« Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre pays », s'inquiète Sanaz, une Iranienne ayant tout quitté pour trouver refuge en Turquie, loin du « déluge » des frappes américano-israéliennes. Des Iraniens mais aussi des étrangers habitant en Iran ont réussi à se mettre à l'abri en Turquie, en Irak, en Arménie ou au Pakistan depuis samedi.

Les témoignages recueillis par l'AFP dans les pays voisins de l'Iran donnent un aperçu de l’ampleur de la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël sur la capitale Téhéran mais aussi de nombreuses localités plus ou moins importantes. Du côté turc du poste-frontière de Kapikoy-Razi des groupes de voyageurs chargés de grosses valises et d'enfants serrant leur ours en peluche, se présentent au compte-gouttes pour le contrôle des passeports. Une habitante de Tabriz, la grande ville du nord-ouest de l’Iran, a fait état d’un déluge de bombes qui l'a poussée à quitter son domicile et sa famille. « Nous nous endormons dans la peur et nous nous réveillons stressés, donc la situation est assez horrible », raconte Sanaz, qui ne donne que son prénom. « Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre économie, à notre peuple et à notre pays », s'inquiète-t-elle, tout en exprimant ses espoirs. « Après tout ce que nous avons traversé durant toutes ces années, nous espérons que, peut-être dans deux ou trois mois, nous pourrons voir un changement radical » et reprendre une vie normale.

« Par tous les moyens possibles »

À quelque 2.000 kilomètres de là, à l'extrême est de l'Iran, des Pakistanais se ruent en direction de leur patrie par le poste-frontière de Taftan et partagent des récits de guerre. Basheer Ahmed, un commerçant de 42 ans, rentrait de Bandar Abbas, le grand port du sud de l'Iran, lorsque la fermeture du détroit stratégique d’Ormuz a été annoncée par Téhéran. « La situation était très mauvaise. Il y avait cinq à dix explosions dans la journée. Nous ne pouvions même pas dire d'où venaient les bombes », raconte-t-il à l'AFP. « Comme c'était de plus en plus tendu, les gens essayaient de quitter la région par tous les moyens possibles ».

Un de ses compagnons de voyage, Mushtaq Ahmed, 41 ans, indique être passé par les villes de Qom (centre) et Machhad (est), où il a vu des manifestations pro-régime. « Les gens scandaient des slogans et exprimaient leur douleur » après la mort samedi du guide suprême Ali Khamenei et de nombreux dirigeants de la République islamique. « On avait l'impression d'un jour férié: les magasins et les bureaux étaient fermés », relate-t-il.

« Plus fermer l'oeil »

Dans le nord de l'Iran, d'autres tentent de fuir vers l'Arménie, l’un des sept pays frontaliers, à l'instar de Shahid Rashid. Cet étudiant en médecine indien à Ourmia (nord-ouest) indique avoir vu « environ huit frappes » à 200 mètres de son foyer mardi. Son université a fourni des repas gratuits aux étudiants cloîtrés dans leurs chambres et tous les commerces étaient fermés. « Nous sommes déprimés par la situation qui s'agrave », confie Shahid Rashid, qui espère obtenir un visa pour l'Arménie.

Désormais en sécurité, Nasim, une Iranienne de 35 ans, se félicite d'avoir achevé un périlleux voyage de sa ville d'Ispahan (centre) à la Turquie via Téhéran, sans connexion internet. Pour elle, les explosions provoquées par les frappes étaient à la fois une source de peur et d’espoir : « Même si je savais que je pouvais être touchée, j'étais contente qu’ils (les membres du pouvoir) reçoivent ce qu’ils méritent et qu’ils ne puissent plus fermer l’œil ».

« Nous ne savons pas ce qui va arriver à notre pays », s'inquiète Sanaz, une Iranienne ayant tout quitté pour trouver refuge en Turquie, loin du « déluge » des frappes américano-israéliennes. Des Iraniens mais aussi des étrangers habitant en Iran ont réussi à se mettre à l'abri en Turquie, en Irak, en Arménie ou au Pakistan depuis samedi.Les témoignages recueillis par l'AFP dans les pays voisins de l'Iran donnent un aperçu de l’ampleur de la campagne de bombardements lancée par les Etats-Unis et Israël sur la capitale Téhéran mais aussi de nombreuses localités plus ou moins importantes. Du côté turc du poste-frontière de Kapikoy-Razi des groupes de voyageurs chargés de grosses valises et d'enfants serrant leur ours en peluche, se présentent au compte-gouttes pour le contrôle des...
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