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Moyen-Orient - frappes contre l'iran

Frégate iranienne torpillée, pétroliers ciblés… Le point sur la bataille navale qui se joue dans le détroit d’Ormuz et au-delà


Frégate iranienne torpillée, pétroliers ciblés… Le point sur la bataille navale qui se joue dans le détroit d’Ormuz et au-delà

Deux images tirées de vidéos diffusées jeudi par le Département de la guerre américain, montrant le torpillage d'une frégate iranienne, , mercredi, par un sous-marin américain au large du Sri Lanka. Photo US Department of Defense / AFP

La tension monte, sans surprise, dans le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce pétrolier mondial. Mercredi, les Gardiens de la Révolution ont affirmé en avoir le « contrôle total ». La veille, le président américain Donald Trump avait déclaré que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit, où le trafic est paralysé.

De fait, la société d'analyse Kpler indiquait, mercredi sur X, que le trafic de pétroliers traversant le détroit d'Ormuz a chuté de 90% en une semaine. « Contrairement aux autres types de navires, dont les mouvements ont largement cessé, certains pétroliers traversent encore le détroit d'est en ouest, pour partie avec leur transpondeur éteint », a précisé Matt Wright, analyste chez Kpler.
Dès le jour de la première frappe américaine sur l'Iran, des navires iraniens utilisant des radios VHF -le moyen de communication le plus largement utilisé par tous les marins du monde- « avaient clairement dit qu'ils ne nous laisseraient pas passer » le détroit, a déclaré mercredi à l'AFP un capitaine de la marine marchande ayant requis l'anonymat. Puis mardi, le général iranien Ebrahim Jabbari a promis de « brûler tout navire » cherchant à franchir le détroit. Le lendemain, un nouveau palier était franchi avec le torpillage, par les Etats-unis, d'une frégate iranienne au large du Sri-Lanka.

On fait le point sur les frappes ayant touché, ces derniers jours, des navires commerciaux ou militaires, dans le Golfe et au-delà.

Jeudi

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé qu'un missile iranien avait touché un pétrolier américain dans le Golfe. Le navire en question « a été touché par un missile dans le nord du Golfe persique » et « est actuellement en feu », ont indiqué les Gardiens dans un communiqué lu à la télévision d'Etat, qui ne donne pas plus de précisions. Jeudi à la mi-journée, l'information n’avait pas été confirmée par une autre source.

Toujours jeudi, l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO a indiqué qu’un pétrolier ancré au large du Koweït avait subi une « forte explosion » et perdait des hydrocarbures après qu'une de ses cuves a été endommagée. « Le capitaine d'un pétrolier à l'ancre rapporte avoir vu et entendu une forte explosion à bâbord, puis avoir aperçu une petite embarcation quitter les lieux » au large de la région de Mubarak al-Kabeer, a indiqué l'agence dépendant de la Royal Navy. L'équipage est sain et sauf et aucun incendie ne s'est déclenché a précisé l'agence. Le ministre de l'Intérieur du Koweït a précisé que l'incident s'était produit hors des eaux territoriales du pays, à plus de 60 kilomètres du port de Mubarak al-Kabeer.

Mercredi

Un sous-marin américain a coulé une frégate iranienne au large du Sri Lanka, dans l'océan Indien, tuant au moins 87 marins et faisant des dizaines de disparus, ont indiqué les autorités sri-lankaises mercredi soir.
« Un sous-marin américain a coulé un navire de guerre iranien qui pensait être en sécurité dans les eaux internationales. Au lieu de quoi, il a été coulé par une torpille », a déclaré le ministre de la Défense Pete Hegseth lors d'une conférence de presse mercredi à Washington. Il a souligné que le bâtiment iranien était le premier coulé par une torpille américaine depuis la Deuxième Guerre mondiale. « Comme lors de cette guerre », a-t-il dit, « nous nous battons pour gagner ». Présent à son côté, le chef d'état-major, le général Dan Caine, a précisé que « pour la première fois depuis 1945, un sous-marin d'attaque rapide de la marine des Etats-Unis a coulé un navire combattant ennemi en utilisant une seule torpille Mark 48, à effet immédiat, envoyant le navire de guerre au fond de l'océan ».
Jeudi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé les Etats-Unis d'avoir commis une atrocité en coulant sans prévenir la veille la frégate IRIS Dena et averti qu'ils « regretteront amèrement le précédent créé ».
Un deuxième navire de guerre iranien faisait par ailleurs route jeudi vers le Sri Lanka dans l'océan Indien. Plus d'une centaine de membres d'équipage se trouveraient à bord, selon des sources officielles dans l'île qui ont dit craindre qu’il ne soit pris pour cible.

L'évacuation, au Sri Lanka, des marins iraniens blessés lors du torpillage d'une frégate iranienne, le IRIS Dena, dans l'Océan indien, par un sous-marin américaine, le mercredi 4 mars 2026. REUTERS/Thilina Kaluthotage
L'évacuation, au Sri Lanka, des marins iraniens blessés lors du torpillage d'une frégate iranienne, le IRIS Dena, dans l'Océan indien, par un sous-marin américaine, le mercredi 4 mars 2026. REUTERS/Thilina Kaluthotage

Un porte-conteneur a également été touché, mercredi, par deux missiles pendant qu'il tentait de traverser le détroit d'Ormuz. L'origine des projectiles qui ont atteint le porte-conteneurs Safeen Prestige pendant sa tentative de traverser le détroit, est « inconnue », a précisé l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO. La marine omanaise a porté secours au large de ses côtes aux 24 membres d'équipage du navire de 175 mètres, selon l'agence de presse officielle omanaise. Selon des données partagées par le site spécialisé Marine Traffic, le navire était en route du port émirati de Ghantout vers Jeddah en Arabie saoudite.

Lundi

Lundi, un pétrolier battant pavillon américain, Stena Imperative, a été touché par des projectiles d'origine inconnue dans un port de Bahreïn, provoquant la mort d'un travailleur de chantier naval, selon les autorités et l'armateur. Stena Imperative est un pétrolier de 183 mètres de long, appartenant à Stena Bulk mais exploité par la compagnie maritime américaine Crowley Maritime.

 Le Stena Imperative, en août 2023, au large du Québec. Marc Boucher/Handout via REUTERS
Le Stena Imperative, en août 2023, au large du Québec. Marc Boucher/Handout via REUTERS

Le même jour, les autorités omanaises ont indiqué qu'un ressortissant indien avait été tué dans l'attaque d'un pétrolier au large de Mascate. « Le pétrolier MKD VYOM, battant pavillon des Iles Marshall, a été attaqué par une embarcation sans pilote à 52 milles marins au large du gouvernorat de Mascate », a déclaré le Centre de sécurité maritime d'Oman dans un communiqué. « L'attaque a provoqué un incendie et une explosion dans la salle des machines principale, entraînant la mort d'un membre d'équipage, de nationalité indienne », a-t-il ajouté.

Dimanche

Dimanche, Oman a indiqué que le pétrolier Skylight, battant pavillon de la République de Palau, avait été touché au large de la côte d’une enclave des Émirats arabes unis. « Le Centre de sécurité maritime a annoncé que le pétrolier SKYLIGHT, battant pavillon de la République de Palau, a été pris pour cible à 5 milles nautiques au nord du port de Khasab, dans le gouvernorat de Musandam », a indiqué l’agence de presse omanaise sur X. « Tous les membres d’équipage du navire, au nombre de 20 — dont 15 Indiens et 5 Iraniens — ont été évacués. Les premières informations indiquent que quatre membres de l’équipage ont subi des blessures de gravité variable », a-t-elle ajouté.

Également dimanche, un projectile a touché le pétrolier ravitailleur en carburant Hercules Star, battant pavillon de Gibraltar et qui approvisionne les navires en carburant, au large des côtes des Émirats arabes unis, selon son gestionnaire Peninsula. Le navire est retourné au mouillage à Dubaï dimanche matin et l’équipage est sain et sauf, a précisé Peninsula.

Samedi

« Une corvette iranienne de classe Jamaran a été touchée par les forces américaines au début de l'opération Fureur épique », avait annoncé, samedi, le Centcom dans un communiqué sur X, en utilisant le nom officiel de l'opération américaine contre l'Iran. « Le navire coule actuellement dans le golfe d'Oman, à un quai de Chabahar », ville portuaire à l’extrémité sud-est de l'Iran, avait-il précisé.

La tension monte, sans surprise, dans le détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce pétrolier mondial. Mercredi, les Gardiens de la Révolution ont affirmé en avoir le « contrôle total ». La veille, le président américain Donald Trump avait déclaré que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers « si nécessaire » à travers le détroit, où le trafic est paralysé.De fait, la société d'analyse Kpler indiquait, mercredi sur X, que le trafic de pétroliers traversant le détroit d'Ormuz a chuté de 90% en une semaine. « Contrairement aux autres types de navires, dont les mouvements ont largement cessé, certains pétroliers traversent encore le détroit d'est en ouest, pour partie avec leur transpondeur éteint », a précisé Matt Wright, analyste chez Kpler.Dès le jour de la première...
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