Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d'un discours prononcé le mercredi 4 mars 2026. Capture d'écran de son allocution retransmise sur la chaîne du parti Al-Manar.
S'efforçant de « libaniser » sa décision de rejoindre la guerre régionale, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a affirmé mercredi que le Hezbollah combat au Liban depuis lundi contre « l'agression continue » israélienne depuis fin 2024. Dans son premier discours depuis le début des hostilités, il a justifié par ailleurs le « droit légitime » pour son parti de garder ses armes. Fait notable, il n'a pas fait mention de la République islamique d'Iran, son parrain, attaquée samedi à l'aube par une campagne militaire américaine et israélienne, se contentant de regretter l'assassinat du guide suprême, Ali Khamenei.
Dans la nuit de dimanche à lundi, le Hezbollah a tiré six roquettes en direction d’Israël pour « venger » la mort de Ali Khamenei, tué samedi. Une décision qui a pris de court l’État libanais, la majorité du peuple libanais, et a surpris cette fois-ci jusque dans une partie de sa base populaire. La riposte israélienne s'est avérée meurtrière.
« Réponse à l’agression israélo-américaine contre le Liban »
Dans une volonté manifeste de répondre aux critiques, qui l'accusent d'exécuter une injonction iranienne, le chef du Hezbollah a estimé que « le tir d’une salve de roquettes constitue une réponse à l’agression israélo-américaine contre notre pays », a-t-il indiqué, avant de mentionner qu'il s'agit aussi d'une réponse à l'assassinat de Khamenei. « À ceux qui demandent pourquoi ce moment précis, je leur demande : veut-on que nous patientions indéfiniment ? », a-t-il ajouté. Israël a poursuivi ses frappes au Liban-Sud et dans la Békaa depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu fin novembre 2024, conditionnant l’arrêt des attaques au désarmement du Hezbollah. « Nous sommes donc confrontés à une réponse à une agression continue », a estimé Naïm Kassem.
À l'heure où l'entrée en guerre du Hezbollah et la réponse israélienne ont déjà tué au moins 72 personnes au Liban, et déplacé plus de 80 000 autres, Naïm Kassem a affirmé que l'attaque d'Israël était « préparée ». « Ce n’est pas une riposte aux roquettes ; cette agression est désormais connue du monde entier comme faisant partie intégrante du projet (expansionniste) d’Israël pour le Liban », a-t-il affirmé,
Le port des armes est un « droit légitime »
Le numéro un du Hezbollah s'est ensuite pris au gouvernement, qui a interdit lundi les activités militaires du Hezbollah, et pressé l’armée d’exécuter le plan relatif au monopole des armes dans les plus brefs délais et par « tous les moyens possibles. »
« Au lieu de s’opposer à l’agression, le gouvernement s’est retourné contre la Résistance et a repris les revendications israéliennes : ce sont pourtant les habitants de votre pays, et vous êtes un gouvernement libanais ! », a accusé Kassem. « Les décisions des 5 et 7 août (relatives au monopole des armes, Ndlr) prises par le gouvernement libanais ont constitué un grave péché. Elles ont affaibli la position de l’État libanais et légitimé la liberté d’agression israélienne », a-t-il affirmé. Et d'ajouter: « Il incombe au gouvernement d’œuvrer à la restauration de la souveraineté du Liban, de se tenir en protecteur de son peuple et en défenseur du droit de la résistance jusqu’à la cessation de l’agression et le retrait (israélien) de notre terre et de notre patrie, et d’être fidèle à sa responsabilité envers tous ses citoyens ». En attendant, a-t-il estimé, « la résistance est un droit que nous ne négocierons avec personne ».
À l'heure où le Hezbollah est plus esseulé que jamais sur la scène politique libanaise, il a affirmé que les attaques israéliennes sont « une agression contre tout le Liban, et tous, au Liban, portent la responsabilité de faire face à l’agression ». Il a également estimé que la base populaire restait « fidèle » à son parti malgré les attaques israéliennes. S'adressant aux Libanais, il a ensuite affirmé : « Unissons-nous autour de la priorité de l’affrontement avec cet ennemi ; ensuite, nous discuterons de nos divergences et nous nous accorderons à leur sujet », appelant les « adversaires de la résistance » à « ouvrir une page blanche avec elle ».




Il semble qu’il soit bloqué dans les embouteillages (je parle des quelques neurones qu’il a suite à son EEG plat)
16 h 33, le 05 mars 2026