Une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, le 4 mars 2026. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
De nombreuses informations circulent depuis mercredi matin concernant des appels qui auraient été effectués à partir de numéros israéliens pour menacer des bâtiments de plusieurs régions du Liban, notamment à Baabda, près du palais de justice, ou encore dans le périmètre de l'ambassade de France à Beyrouth.
Une source au sein des Forces de sécurité intérieure a confirmé à L'Orient-Le Jour que des appels de ce genre avaient bel et bien été rapportés dans le pays, tout en assurant qu'il s'agissait de « faux appels ». « Nous avons déjà observé cela de manière importante pendant la guerre de 2024. Nous vérifions actuellement ce qui se passe, mais d’après notre expérience lors du dernier conflit, il s’agit le plus souvent soit de faux appels dans le cadre de la guerre psychologique [de l’armée israélienne], soit de quelqu’un qui fait une mauvaise plaisanterie », a indiqué cette source.
Le palais de justice de Baabda a ainsi été évacué ce matin, après qu'un bâtiment adjacent a été menacé de frappe, selon des informations confirmées à L'OLJ par une source proche de la municipalité, qui a requis l'anonymat, et l'Agence nationale d'Information (ANI, officielle). A la suite de ces menaces, qui ne sont « ni sérieuses, ni confirmées », selon la source, la juge Mirna Bayda a pris la décision d'évacuer immédiatement le palais de justice. Selon un habitant du secteur contacté par notre publication, le bâtiment menacé serait habité par des Libanais chiites et l'ensemble de la zone aurait été évacué par les autorités.
Par ailleurs, les employés de l'ambassade de France à Beyrouth ont été appelés à se réfugier au sous-sol après des informations sur un appel reçu par les habitants d'un bâtiment voisin. Selon une source de l'ambassade, le personnel a repris ses activités peu après et l'ambassadeur n'a pas été évacué.
Le bâtiment qui abrite le ministère de l'Economie à Beyrouth, lui, a été évacué, après des menaces reçues par téléphone concernant un bâtiment voisin. Le ministère a confirmé ces informations dans une publication sur X, assurant qu'il s'agissait d'une « mesure préventive, en attendant de s'assurer de la véracité de l'appel ». « Les forces de sécurité ont été contactées et suivent l'affaire », indique le texte.
Un immeuble de Qabr Chmoun, dans le caza de Aley, qui abrite des déplacés, a été menacé selon une voisine contactée par L'OLJ. Le siège de la municipalité de Jdeidé a également été évacué, selon des médias locaux, ainsi que le bâtiment où vivrait le vice-président de la Jamaa Islamiya à Barbour, dans le sud de Beyrouth, tout comme des immeubles de Ras el-Nabeh et Tallet el-Khayat, également dans la capitale.
Le poste-frontière de Masnaa, à la frontière avec la Syrie, a également été évacué après des menaces, dont la source fait actuellement l'objet d'une enquête, selon notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah. Elle rapporte une mesure similaire prise au siège de la Défense civile rattachée au Comité sanitaire islamique, l'organisation de secouristes du Hezbollah, à Douris (Baalbeck). La Défense civile a entrepris de couper la route près d’un barrage de l’armée à l’entrée sud de la localité.
A Tripoli, au Liban-Nord, un immeuble situé près de l'Ordre des médecins a également été évacué, après qu'un habitant a reçu un appel lui demandant de quitter les lieux, indique notre correspondant Michel Hallak. Les services de sécurité ont ouvert une enquête.
Par ailleurs, au Liban-Sud, notre correspondant Mountasser Abdallah rapporte qu'un appel menaçant l’ancien bâtiment de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à Saïda, s'est avéré être une mauvaise plaisanterie.



Alors si les FSI le disent…
17 h 22, le 05 mars 2026