Cette combinaison d’extraits vidéo issus d’images générées par les utilisateurs (UGC) publiées sur les réseaux sociaux le 28 février 2026, et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre une explosion rapportée à Téhéran. Photo AFP / Images UGC
Cette fois, il n’y avait quasiment aucune surprise. La guerre paraissait inévitable depuis déjà quelques semaines et imminente depuis quelques jours, à mesure que le porte-avions américain Gerald Ford se rapprochait des côtes israéliennes. Le degré de coordination entre les États-Unis et Israël était également un élément attendu à la fois pour des raisons politiques et stratégiques. La participation israélienne permet de renforcer l'efficacité opérationnelle et, aux yeux des responsables américains, de mieux justifier le conflit auprès de l’opinion publique américaine.
Le Moyen-Orient s’est donc réveillé ce matin avec une nouvelle guerre, la deuxième contre l’Iran en l’espace de moins d’un an. Il est encore trop tôt pour savoir si elle sera le dernier acte de la grande reconfiguration à l'œuvre dans la région depuis le 7-Octobre qui, sur un plan stratégique, a eu pour principal effet de consacrer l’hégémonie militaire israélienne et d’affaiblir considérablement l’axe iranien.
Israël, puis les États-Unis ont procédé à des frappes samedi matin à la fois contre des hauts responsables du régime – le guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Massoud Pezeshkian ont été visés sans que l’on sache s'ils ont été éliminés – et des sites militaires.
Les objectifs de guerre, qui étaient la grande question que soulevaient les préparatifs de cette opération, ont été au cœur du premier discours de Donald Trump, même s’ils n’ont pas été totalement clarifiés. Il s’agit de détruire partiellement ou totalement les programmes nucléaires et balistiques iraniens, ainsi que la marine iranienne, et de décapiter le régime. L'objectif d’un changement de régime a été également mentionné à la fois par Donald Trump et par Benjamin Netanyahu, mais en appelant à chaque fois les Iraniens à profiter de cette opportunité d’en finir eux-mêmes avec lui. La stratégie du couple américano-israélien semble être de porter des coups si significatifs au régime qu'il soit contraint de changer lui-même de trajectoire, d’accepter une forme de capitulation ou d'être menacé d'être renversé en interne. Si les événements qui se sont succédé depuis le 7 octobre 2023 n’avaient été anticipés par aucun analyste et appellent donc à l'humilité, ce pari semble toutefois hasardeux compte tenu de l'extrême résilience du régime iranien.
Deux grandes questions
Ce dernier ne compte d’ailleurs pas se laisser faire sans réagir, même si le déséquilibre des rapports de force est encore plus visible qu’en juin dernier. Contrairement aux fois précédentes, la réaction iranienne a été plus rapide et plus large. L’Iran a répliqué en envoyant une première salve de missiles sur Israël et sur les bases américaines dans le Golfe (Koweït, Émirats, Bahreïn, Qatar). Dans son discours, Donald Trump a prévenu l’opinion américaine, majoritairement défavorable à cette guerre, qu’il y aurait des pertes dans le camp américain.
Comment imaginer la suite désormais ? Le couple américano-israélien a intérêt à taper vite et fort pour prendre le régime de vitesse, détruire ses capacités de lancement de missiles balistiques, et atteindre un maximum d’objectifs avant que cette guerre ne soit trop coûteuse pour l’opinion publique US, pour les pays alliés dans le Golfe et pour l'économie mondiale, en cas d'envolée des prix du baril. Le régime iranien, lui, a intérêt à la rendre justement la plus coûteuse possible avant que sa survie soit éventuellement menacée. Plus il y aura de morts américains, de frappes sur le Golfe, de ripostes de l’Iran et de ses alliés dans la région, plus il peut considérer que Donald Trump sera contraint de reculer. Cela peut toutefois également encourager le président américain à aller encore plus loin.
Deux grandes questions sont centrales pour la suite des événements. La première : quel est le plan de sortie de guerre côté américano-israélien ? Se contenteront-ils d’un scénario – assez probable – dans lequel ils infligeraient des dégâts considérables à leur adversaire sans toutefois parvenir à le renverser ou à le forcer à capituler ? La durée et les conséquences de ce conflit dépendent éminemment de la réponse à cette question.
La seconde concerne les capacités de riposte iranienne. L’Iran aura-t-il la volonté et la possibilité d'élargir le conflit, en fermant le détroit d'Ormuz, en ayant recours à ses alliés dans la région ou en menant des actions terroristes au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde ? Si le régime estime que sa survie est menacée, on peut supposer qu’il sera prêt à utiliser toutes ses cartes, à condition toutefois d’en avoir encore les moyens.
Sa meilleure carte, le Hezbollah, n’est en tout cas plus ce qu’elle était. La milice a toutefois menacé d’intervenir si des hauts responsables étaient visés ou si la guerre posait une menace existentielle pour le régime. Une intervention ressemblerait à une opération suicide pour le Hezbollah tant militairement que politiquement. L'ensemble du spectre politique libanais, y compris les derniers alliés du parti, y est opposé, comme semble l'être la grande majorité de la population, y compris la base populaire du Hezbollah. La réponse israélienne serait dévastatrice pour le parti, pour sa base et pour le Liban. Mais le Hezbollah peut-il dire non à un ordre de Téhéran, d’autant plus quand tout porte à croire que ce sont les Iraniens eux-mêmes qui ont le contrôle militaire sur le terrain ?
Durant la dernière guerre, le Hezbollah prétendait qu’il possédait encore des missiles de très longue portée qu’il n’avait pas utilisés et qui ne pourraient l'être qu’en cas de dernier recours si la survie du régime iranien était menacée. L’opération suicide n’aurait donc un semblant de sens qu’à la condition que le Hezbollah dispose encore de suffisamment de capacités pour rendre cette guerre nettement plus coûteuse pour Israël et les États-Unis. Sacrifier le Liban pour sauver son parrain iranien ? Même dans la logique du Hezbollah, cela paraît insensé.



a dire vrai, je suis surpris par autant d'appui a l'iran de la part des lecteurs de l'OLJ. plus que ceux de la milice iranienne -branche liban ! a ESSAYER en faire une analyse profonde !
10 h 27, le 01 mars 2026