L'ex-chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, à Clemenceau, le 27 août 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
À l'heure où l'offensive américaine a débuté contre la République islamique d'Iran, qui a répondu en touchant des bases américaines dans la région, l'ex-leader du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, estime dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour que vient de débuter « une guerre longue aux conséquences inimaginables. » Le leader druze espère que le Hezbollah « ne donnera pas de prétexte à Israël d'attaquer le Liban. »
« Dès le depart (le président américain) Donald Trump et (le Premier ministre israélien) Benjamin Netanyahu voulaient la guerre. Il y a eu la mascarade des négociations (Oman puis Genève) pour la forme avec des conditions inacceptables (pour l’Iran) », estime M. Joumblatt.
Lors des cycles de pourparlers entre les États-Unis et l'Iran ces dernières semaines, et contrairement aux volontés américaines et israéliennes, le régime iranien a refusé de discuter de son programme balistique et de son soutien aux milices, ne souhaitant discuter que du dossier du nucléaire.
« S’il y a de nouveau des attaques massives au Sud, nos maisons doivent être ouvertes »
Walid Joumblatt accuse directement les États-Unis d'avoir utilisé un faux prétexte pour lancer son offensive contre l'Iran. « Le prétexte de la guerre (exposé par Donald Trump lors de son allocution samedi, Ndlr) est que l’Iran pouvait atteindre les États-Unis avec ses nouveaux missiles. Ceci nous rappelle étrangement les missiles fictifs de Saddam Hussein qui avait déclenché la guerre contre l’Irak », en 2003, accuse l'ancien responsable libanais. À l'époque, l'administration Bush avait mis l'accent sur la menace imminente qu'auraient représenté les programmes d'armes de destruction massive de l'Irak et sur des allégations concernant des liens entre les services de sécurité irakiens et el-Qaëda.
« Ce ne sera pas une promenade mais une guerre longue un peu partout aux conséquences inimaginables », prédit ainsi le leader druze.
« Pour ce qui est du Liban, essayons de renforcer l’unité nationale et que l’on arrête les grandes palabres et les analyses qui dépassent notre capacité d’agir. Tout est dépassé même la question du désarmement du Hezbollah. Espérons qu’il ne donne pas de prétexte à Israël d'attaquer le Liban », a ensuite dit M. Joumblatt. « Seule l’unité nationale peut nous préserver. J'en appelle aux Libanais à faire preuve du maximum de cohésion et, s’il y a de nouveau des attaques massives au Sud, nos maisons doivent être ouvertes », poursuit-t-il.
Selon lui, les pays du Golfe « sont complètement dépassés. Ils n’ont aucun poids ». « Le monde entier n’a aucun poids ni une capacité préventive », a-t-il regretté. Avant de conclure : « Nous passons par des moments durs. Il faut faire preuve d’humilité devant cette terrible guerre qui dépasse tout entendement. Mais que voulez-vous, lorsqu’une partie des dirigeants sont des aventuriers et des fous, il faut s’attendre à tout ».



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10 h 00, le 01 mars 2026