De la fumée blanche s'échappe après des frappes israéliennes sur la Békaa, le 26 février 2026. Photo parvenue à notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah
L’aviation israélienne a mené jeudi après-midi trois vagues successives de frappes aériennes sur la Békaa, affirmant avoir ciblé huit bases militaires du Hezbollah, où de nombreuses armes, « dont des armes à feu et des roquettes », étaient stockées. Au total, 13 frappes ont été recensées : quatre à Chmestar, cinq à Boudai, une à Nabi Chit, deux à Hrebta et une dans les environs de Hermel, rapporte notre correspondante dans la région Sarah Abdallah.
Ces attaques ont fait au deux morts, selon les informations de sources locales : un Syrien, Hussein Mohsen el-Khalaf, âgé de 16 ans, tué près de Baalbeck, et une femme, Fatima Siblaoui, initialement blessée et qui a fini par succomber. Le ministère de la Santé a confirmé vendredi ce bilan, précisant que les bombardements ont également fait 29 blessés, dont neuf enfants.
Peu après les frappes, l’armée israélienne a annoncé avoir touché « huit camps d'entraînement de la force al-Radwan du Hezbollah dans la région de Baalbeck ». Dans un communiqué publié sur X, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a indiqué que « d’importantes quantités d’équipements militaires, notamment des armes et des missiles appartenant au Hezbollah, y étaient stockées ». Il a ajouté que ces complexes étaient utilisés par des membres de l’unité al-Radwan « pour s'entraîner et se préparer à une confrontation en situation d'état d'urgence, ainsi que pour planifier et mener des attaques terroristes contre l'armée israélienne et des civils israéliens », affirmant que « des exercices de tir et d’utilisation de différents types d’armements y étaient organisés ». « Les activités des terroristes dans ces complexes, ainsi que les tentatives du Hezbollah de se réarmer, constituent une violation des dispositions du cessez-le-feu entre Israël et le Liban et représentent une menace pour l'État d'Israël », affirme aussi le communiqué.
Les raids ont notamment frappé les jurds (terrains arides en montagne) de Chmestar, Hrebta et Boudai, avant une deuxième série d’attaques ciblant le jurd de Boudai à l’aide de missiles destinés à détruire des fortifications et des tunnels. De nouvelles frappes ont ensuite visé les environs de Tamnine et de Boudai ainsi que les jurds de Nabi Chit, avant que les bombardements ne s’étendent aux jurds du Hermel. Plusieurs commerces ont également été endommagés dans le souk de Baalbeck, à Tallet al-Ajami.
Ces frappes surviennent dans un contexte de tensions entre l'Iran et les États-Unis, alliés d'Israël, qui ont déployé d'importantes forces militaires au Moyen-Orient et menacé d'attaquer l'Iran en cas d'échec des négociations bilatérales.
Malgré la trêve théoriquement en vigueur depuis le 27 novembre 2024, l'armée israélienne continue de bombarder le Liban-Sud et la Békaa, affirmant cibler les mouvements et tentatives de reconstitution du potentiel militaire du Hezbollah, le parti chiite pro-iranien, qui a accepté de désarmer au sud du fleuve Litani mais refuse de remettre son arsenal dans le reste du pays, comme cela est normalement prévu dans l'accord de trêve et la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU (2006). L'armée israélienne continue en outre d'occuper des positions en territoire libanais et mène régulièrement des incursions au nord de la Ligne bleue, qui sépare les deux pays.



Que le Hezbollah se plie d’abord aux consignes et remette ses armes.
18 h 04, le 28 février 2026