Un capitaine français et un officier libanais étudient une carte avant de partir en patrouille à la recherche de caches d'armes à Tyr, au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
L’armée libanaise a renforcé jeudi le poste d'observation qu'elle a établi au cours des deux derniers jours dans la zone de Sarda, au sud de Khiam, dans le secteur-est de la frontière, deux jours après des tensions avec des soldats israéliens liés à son déploiement dans la région. Les soldats libanais ont entouré de barbelés un remblais de terre érigé la veille, selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah.
Mardi, cette position avait été la cible de tirs israéliens et le commandement de l’armée avait ordonné aux troupes de riposter aux sources de feu, dans un rare face-à-face entre les deux armées le long de la frontière. L’armée israélienne avait justifié ses tirs par le fait que l'installation par les Libanais de ce poste militaire avait été mené sans coordination préalable. Malgré les menaces, l’armée libanaise avait refusé de quitter les lieux.
Le renforcement de cette position jeudi intervient après que la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a indiqué mercredi soir que l’armée libanaise s’est redéployée dans 165 positions dans le Sud depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, qualifiant cela d’« étape importante » permettant à l’État d’exercer son autorité sur l’ensemble de son territoire. Une source militaire a précisé à L'Orient-Le Jour que ces 165 positions évoquées par la Finul correspondent à celles que l’armée libanaise avait quittées durant le dernier conflit.
Le déploiement de la troupe au Liban-Sud, zone qui était jusqu'au cessez-le-feu largement sous contrôle du Hezbollah et a été lourdement dévastée par la dernière guerre entre le parti chiite et Israël (octobre 2023-novembre 2024), fait partie des modalités de l'accord de trêve, tout comme le désarmement de la milice. Depuis l'entrée en vigueur de cet accord, l'institution militaire s'est déployée dans le Sud et y a démantelé, sans opposition, les infrastructures du Hezbollah dans cette zone. Dans un communiqué publié mercredi soir, la force onusienne a précisé qu'elle continue de « soutenir l'armée libanaise dans son redéploiement », une étape qu'elle juge « importante pour renforcer l’autorité de l’État et améliorer la sécurité des communautés dans le sud ». « Ces progrès reposent sur une étroite coordination sur le terrain et des efforts continus pour créer un environnement plus stable, conformément à la résolution 1701 » du Conseil de sécurité de l'ONU, ajoute la Finul. Un communiqué publié à une semaine de la conférence de soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure (FSI), prévue le 5 mars à Paris.
La troupe est au centre de l’attention sur la scène interne, comme de la part de la communauté internationale, en raison du rôle qu’elle est appelée à jouer dans le désarmement des milices, un processus qui doit désormais s'étendre au-delà du Sud, ce que refuse le Hezbollah. Malgré ce rejet catégorique de la part du parti chiite, le 16 février, le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, a présenté au Conseil des ministres sa vision pour l’application de la seconde phase du plan de désarmement. Avec l’approbation du gouvernement, il s'est accordé un délai de quatre à huit mois pour compléter cette étape, qui concerne la région située entre les fleuves Litani et Awali.
Par ailleurs, l'armée israélienne continue ses attaques au Liban-Sud, malgré le cessez-le-feu. Dans l'après-midi, un drone de l'armée israélienne a mené une frappe sur la forêt d'Ali Taher, sur les collines de Nabatiyé al-Faouqa, selon notre correspondant. Aux environs de deux heures du matin, des tirs d’artillerie israéliens ont visé la localité de Aïtaroun, dans le caza de Bint Jbeil, avec plusieurs obus.
« Je suis fils du Sud »
Le président libanais Joseph Aoun a reçu jeudi au palais de Baabda une délégation du conseil municipal de Rmeich, conduite par son président Hanna el-Aamil, à laquelle il a promis d’accorder « toute l’attention requise » aux dossiers des habitants qu'il a appelés à « rester enracinés dans leur terre » malgré les destructions.
« Je suis fils du Sud et je connais parfaitement les souffrances des habitants de Rmeich, des localités voisines et des villages le long de la bande frontalière, a déclaré le chef de l’État. Le Sud a beaucoup souffert au fil des années, et ses habitants ont adressé à la nation entière les messages les plus forts de résilience, de patriotisme et d’attachement à la terre comme valeur et identité ». M. Aoun a indiqué avoir « donné toutes les instructions aux ministères, notamment ceux chargés des services, afin qu’ils prennent les mesures nécessaires et assurent les moyens possibles pour soutenir votre résilience ». « Vous méritez toute notre attention, et davantage encore au regard de votre attachement à votre terre. Il est de notre devoir de suivre vos dossiers et d’accorder à vos causes toute l’attention requise », a-t-il ajouté.
Le président a également appelé les habitants « à rester enracinés dans leur terre », et rappelé que le Conseil des ministres a adopté un mécanisme de reconstruction. « Nous attendons le soutien financier qui nous permettra de lancer le chantier de reconstruction, dont bénéficieront tous les habitants du Sud touchés par les dégâts », a-t-il indiqué, en soulignant que « l’armée a augmenté ses effectifs » et « ouvert ses rangs aux habitants de la région désireux de s’y engager ».
Pour sa part, le président du conseil municipal de Rmeich a souligné que les habitants ont commencé « à constater une présence et une efficacité accrues des forces militaires et sécuritaires, ce qui a suscité un sentiment de soulagement et de confiance », tout en rappelant que les infrastructures du village « sont délabrées et nécessitent une réhabilitation urgente ». Il a notamment affirmé que « de nombreuses maisons ont été totalement ou partiellement endommagées ; des milliers d’oliviers et d’arbres fruitiers ont été brûlés, rasés ou arrachés » et que « la moitié des terres agricoles est désormais inaccessible ».



Il reste que ce qui complique le deployement de notre Armee Nationale sur tout le Sud du Litani aux frontieres avec le voisin, c,est la presence du tandem hezbos/berriotes toujours sur notre sol, meme si c,est au nord du Litani, et tout conflit contre lui, car initie par lui c,est en paroles vides uniquement, mettrait en danger notre armee non belliqueuse. Le gouvernement fait bien de s,adresser aux amis de notre pays pour qu,en cas de conflagration on s,attaque aux milices iraniennes seulement. Notre pays veur vivre en PAIX avec tout le monde et surtout ses voisins.
19 h 38, le 26 février 2026