Une colonne de blindés du contingent français de la Finul patrouille dans le village de Sarada, au Liban-Sud, le 24 février. Rabih Daher/AFP
En décembre, Beyrouth nomme l’ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis, Simon Karam, représentant civil au sein du comité du « mécanisme » de supervision du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël. Les États-Unis, la France et le reste des protagonistes saluent alors une démarche historique vers un retour à la stabilité au Liban-Sud. Mais mercredi, ce même « mécanisme » s’est, une fois de plus, réuni sans les représentants civils. Et rien n’indique qu’ils devraient prendre part aux prochaines négociations. Un hiatus qui suscite de nombreuses questions.
Composé des États-Unis, de la France, de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), d’Israël et du Liban, le comité est chargé de surveiller l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024. En décembre, à la suite de pressions américaines, le président Joseph Aoun avait décidé d’inclure l’ambassadeur Simon Karam au sein du comité du cessez-le-feu, après consultation du Premier ministre et du président de la Chambre. Cette décision avait été critiquée par le Hezbollah, qui y voyait une concession « gratuite » à Israël, voire un pas vers la normalisation. Si cette nomination avait permis au Liban de satisfaire ses partenaires internationaux, la lune de miel semble avoir été de courte durée. Contactés par L’Orient-Le Jour au sujet de l’arrêt de la participation des civils aux réunions du « mécanisme », Simon Karam, l’ambassade des États-Unis, et l’armée libanaise ont refusé de commenter.
Des divergences profondes
Selon des informations obtenues par notre publication, il semblerait qu’Israël ait poussé à limiter la représentation au sein du comité aux militaires afin de faire pression sur les autorités libanaises pour qu’elles engagent des négociations directes, probablement au niveau ministériel, dans le but de signer un accord sécuritaire.
Commentant les raisons de l’absence des civils, le général libanais à la retraite Khalil Gemayel, ancien commandant du secteur sud du Litani, a déclaré à L’OLJ que le problème ne vient pas du Liban, mais d’Israël. Selon lui, lors des deux sessions auxquelles les civils ont participé, il est apparu clairement que les propositions libanaises divergeaient profondément des objectifs israéliens. « Le Liban souhaite que les discussions portent sur les aspects militaires afin de finaliser le tracé de la frontière terrestre libano-israélienne et au retour des habitants du Sud. Israël, en revanche, veut des négociations politiques et économiques, ce qui n’est pas acceptable pour la partie libanaise à ce stade, surtout alors que les attaques sur le Liban se poursuivent », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les membres du « mécanisme » seraient désormais tous convaincus que les discussions sur les relations libano-israéliennes doivent se tenir en dehors du cadre du comité de cessez-le-feu, a appris L’OLJ. Selon une source diplomatique française contactée par L’Orient-Le Jour, l’accord de cessez-le-feu comporte deux volets distincts : l’établissement d’un comité (le mécanisme) chargé de superviser les questions militaires et techniques, et un autre cadre destiné à discuter de l’avenir des relations entre le Liban et Israël. Un processus qui devrait également inclure les Américains.
Dans ce contexte, tout semble indiquer que le mécanisme devrait renouer avec sa forme purement militaire, tandis qu’Israël pourrait poursuivre ses pressions pour lancer des négociations directes avec le Liban. Toutefois, selon une source diplomatique, cela ne signifie pas que d’autres civils, voire des diplomates, ne puissent pas participer au mécanisme ; mais, à la différence du cas de Karam, cela devrait s’inscrire strictement dans le cadre technique, via, par exemple, la participation d’experts ou de cartographes.



Ce dit MECANISME devrait dans la pratique etre remplace par des contacts et des discussions directes. La perte de temps ne sert qu,Israel.
10 h 37, le 26 février 2026