Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty (3e à gauche), s'adresse aux représentants des pays participants lors de la réunion préparatoire à la conférence internationale en soutien à l'armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure au Caire, le 24 février 2026. Photo Khaled DESOUKI / AFP
L’Union européenne entend contribuer à la conférence internationale de soutien à l'armée libanaise, prévue le 5 mars à Paris, avec une somme de 100 millions de dollars, a appris L'Orient-Le Jour en marge de la réunion tenue au Caire mardi, devant préparer celle prévue à Paris le 5 mars. Cette contribution devrait en principe financer l’achat d’équipements logistiques comme ce fut le cas lors de conférences de soutien précédentes, selon nos informations.
Une source diplomatique a précisé à notre publication que Jean-Yves Le Drian, l’envoyé personnel du président français Emmanuel Macron, représentait la France au Caire, accompagné du général de division Valentin Seiler, qui représente la France au sein du « mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu. M. Le Drian est également attendu à Beyrouth après la conférence du 5 mars. Toujours selon cette source, la récente tension entre Paris et Washington ne devrait pas affecter les efforts franco-américains en faveur du Liban et de son armée. Les États-Unis ont été représentés au Caire par des diplomates de leur ambassade à Beyrouth.
L’émissaire saoudien Yazid ben Farhane dirigeait la délégation de son pays. Dans les cercles diplomatiques occidentaux, on voit d'un bon œil sa participation à la réunion du Caire. « Sa présence devrait être interprétée comme un bon signe. D'autant que les Saoudiens sont mobilisés pour venir en aide à l'armée qui a la pleine confiance de la communauté internationale », confie un diplomate occidental qui a requis l'anonymat.
Soutien du Caire à la souveraineté libanaise
En marge de la réunion, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a profité de son entretien avec l'émissaire français Jean-Yves Le Drian pour réitérer le soutien du Caire aux efforts visant à renforcer la souveraineté et l'unité du Liban, ainsi que ses institutions, à commencer par l'armée libanaise, afin de lui permettre de mener à bien ses missions, selon les informations obtenues par notre publication. Le ministre égyptien a également insisté sur l'importance de contraindre Israël à « arrêter immédiatement son agression », à se retirer du Liban et à respecter l'intégralité de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l’ONU.
La réunion « vise à aider les institutions nationales libanaises, en particulier l'armée et les forces de sécurité intérieure, à renforcer leur souveraineté et à étendre leur contrôle total » sur le territoire, a souligné le ministre égyptien des Affaires étrangères. La France, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l’Égypte et les États-Unis (le Quintette) ont pris part à cette réunion, qui s'est tenue en présence du commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal.
Ce dernier avait exposé dans la matinée les besoins de l'institution militaire dans le cadre d'un plan établi en coordination avec les membres du Quintette. La séance qui a suivi a été consacrée à une présentation détaillée du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Raëd Abdallah, des besoins des FSI pour poursuivre leurs missions sur le territoire libanais. Le général Haykal rentrera au Liban jeudi. Il est fort probable qu'il rencontrera mercredi le chef des SR égyptiens, le général Hassan Rachad, qui s'était récemment rendu au Liban, a-t-on appris de bonnes sources.
Lors de sa visite à Washington début février, le général Haykal a pu s'assurer du maintien du programme de soutien à l'armée libanaise qui devrait remplacer la Finul au Liban-Sud fin 2026. L’armée libanaise est au centre de l’attention sur la scène interne, comme de la part de la communauté internationale, en raison du rôle qu’elle est appelée à jouer dans le désarmement des milices, notamment le Hezbollah, considérablement affaibli après son dernier conflit avec Israël en 2023-2024, dans la restauration du monopole des armes à l'Etat. Cette mission fait l’objet de deux décisions du gouvernement libanais datant d'août 2025. Selon ses rapports, l’armée a déjà pris le contrôle opérationnel de la zone située au sud du fleuve Litani, à l'exception des positions toujours occupées par Israël le long de la frontière.
Interrogé sur la conférence du 5 mars, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait affirmé à L'Orient-Le Jour début février que « l’objectif final est d’assurer la mise en œuvre réussie de la deuxième phase du désarmement, mais aussi plus généralement la sécurité sur l'ensemble du territoire libanais. » La semaine dernière, en Conseil des ministres, Rodolphe Haykal a fixé un délai de quatre à huit mois pour désarmer le Hezbollah dans la région située entre les fleuves Litani et Awali, dans ce qui constitue la deuxième étape d'un plan qui en compte cinq. La formation chiite refuse toutefois de remettre ses armes au nord du Litani et considère que le désarmement ne concerne que le sud du fleuve.


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