Un passant dans la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de frappes israéliennes, à l'automne 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Israël a adressé au Liban un message indirect l’avertissant qu’il mènerait des frappes d’envergure contre le pays, visant notamment des infrastructures civiles, y compris l’aéroport international de Beyrouth (AIB), si le Hezbollah venait à s’impliquer dans une éventuelle guerre entre les États-Unis et l’Iran, ont indiqué deux hauts responsables libanais à l'agence Reuters. Les bureaux de presse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la présidence libanaise n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire de l'agence.
Selon des informations relayées par des canaux diplomatiques à des responsables libanais, et obtenues vendredi par L'Orient-Le Jour, Israël disposerait d’une liste d’environ 1 200 cibles au Liban prêtes à être frappées dans l’hypothèse d’une implication du Hezbollah dans la guerre. L'OLJ rapportait également ce week-end qu'Israël envisagerait soit une action préventive contre le Hezbollah, soit, en cas de détection de mouvements du parti, le lancement d’une frappe massive et extrêmement puissante visant de nombreux centres de commandement et positions, ainsi que des assassinats ciblés contre des responsables jihadistes et militaires de premier plan. Le Hezbollah, de son côté, prend en compte tous ces scénarios et agit comme si la guerre était imminente et pouvait s’étendre au Liban ou offrir à Israël l’occasion d’intensifier ses frappes contre le parti. D’après nos informations, deux courants coexistent au sein du Hezbollah : l’un souhaiterait éviter toute implication dans la guerre et préserver le parti ainsi que le Liban de ses conséquences ; l’autre, notamment parmi certaines figures du Conseil jihadiste, estimerait qu’il est impératif d’entrer pleinement dans le conflit et de ne plus rester silencieux face aux frappes israéliennes.
Beyrouth se mobilise
C'est dans ce contexte que le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a de nouveau appelé le Hezbollah à ne pas s'impliquer dans une éventuelle confrontation entre les États-Unis et son parrain iranien. « L’aventure de Gaza a coûté cher au Liban, et nous espérons ne pas être entraînés dans une nouvelle aventure », a martelé M. Salam dans un entretien publié mardi dans le quotidien Nida' el-Watan. Le Hezbollah avait ouvert un « front de soutien » à Gaza le lendemain de l'attaque du 7-Octobre, qui s'est muée en guerre totale au Liban à l'automne 2024, faisant des milliers de morts. Le coût de la reconstruction des zones détruites est évalué à plusieurs milliards de dollars. Lors de la guerre de douze jours entre l'Iran et Israël en juin 2025, le parti chiite ne s'était pas impliqué.
« Il existe des signaux indiquant que les Israéliens pourraient frapper très fortement en cas d'escalade, y compris potentiellement des infrastructures stratégiques comme l'aéroport », a de son côté déclaré le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, à quelques médias, dont l'AFP. « Nous conduisons actuellement des démarches diplomatiques pour demander que, même en cas de représailles, les infrastructures civiles libanaises ne soient pas ciblées », a-t-il ajouté en marge d'une session du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Des propos qui interviennent alors que la veille, les États-Unis ont ordonné « par prudence » l'évacuation du personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth.
Une même appréhension a été exprimée par les Kataëb, lors d'une réunion interne présidée par leur chef, Samy Gemayel. Le parti « observe avec une vive inquiétude les déclarations de responsables du Hezbollah concernant leur disposition à soutenir Téhéran en cas de frappe militaire », écrit la formation dans un communiqué relayé par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). Le bureau politique des Kataëb a réaffirmé en outre la « nécessité pour les forces armées légitimes d’agir avec fermeté afin de démanteler l’appareil sécuritaire et militaire du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais, sans exception ».




M. Raggi a parle : « que les INFRASTRUCTURES civiles libanaises ne soient pas ciblées » AILLEURS est-ce Carte Blanche ?
17 h 27, le 25 février 2026