Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Frontière Maritime Contestée

Frontière maritime contestée : l’Irak soumet de nouvelles revendications à l’ONU, le Koweït et les pays du Golfe s’y opposent

Objet de tensions de longue date entre les voisins producteurs de pétrole, les revendications de Bagdad suscitent « une profonde inquiétude » à Riyad.

Frontière maritime contestée : l’Irak soumet de nouvelles revendications à l’ONU, le Koweït et les pays du Golfe s’y opposent

Le port d'Umm Qasr, le 15 juillet 2020, en amont de la zone maritime disputée entre le Koweit et l'Irak, est essentiel à l'économie de Bagdad - Ahmad al-Rubaye/AFP

La frontière maritime contestée depuis de nombreuses années entre l’Irak et le Koweït a connu un nouveau rebondissement samedi dernier. Le ministère irakien des Affaires étrangères a ainsi annoncé dans un communiqué avoir déposé à l’ONU une nouvelle carte et une liste de coordonnées maritimes visant à officialiser la souveraineté de Bagdad sur une partie de la zone du golfe Arabo-Persique qu’il partage avec le Koweït. Une décision qui a vite été dénoncée par ce dernier, ainsi que par d’autres pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Les documents, présentés le 19 janvier et le 9 février 2026 auprès du secrétaire général des Nations unies, incluent de nouvelles définitions de la mer territoriale, de la zone contiguë, de la zone économique exclusive et du plateau continental de l'Irak, « en accord avec le droit international», selon le gouvernement irakien. Sauf que ces nouveaux contours incluent, entre autres, Facht al-Qaïd et Facht al-Aij, deux points maritimes spécifiques sur lesquels le Koweït exerce une souveraineté qui n’a « jusqu’alors jamais fait l’objet d'une quelconque dispute », affirme l’émirat, selon plusieurs médias du Golfe, notamment The National et The New Arab.

Facht al-Aij se situe sur le Khor Abdallah, un passage maritime contesté entre le Sud irakien et la frontière nord du Koweït, qui sert de porte d’entrée principale pour le commerce de Bagdad vers le golfe Arabo-Persique. En amont, le port irakien d’Umm Qasr fait transiter 60 % des marchandises du pays. C’est également le seul port en mer profonde connecté directement au réseau routier mondial, essentiel donc à l’économie de Bagdad, rappelle dans un rapport Proparco, une filiale de l’Agence française de développement.

« Violer la souveraineté du Koweït »

Le jour même de l’annonce de Bagdad, le Koweït a réagi en convoquant le chargé d’affaires irakien afin de lui remettre une note officielle de protestation. Le lendemain, l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Oman et le Qatar ont individuellement fait part de leur solidarité avec le Koweït.

Au-delà de la « profonde préoccupation » et « dénonciation » d’Abou Dhabi, ou de Doha qui accuse Bagdad de « violer la souveraineté du Koweït », c’est surtout Riyad qui a déclaré surveiller de près la situation « avec intérêt» et exprimé une « profonde inquiétude ». L’Arabie Saoudite est en effet directement concernée, puisque la nouvelle carte tracée par Bagdad inclut des zones adjacentes à l’espace qu’elle partage avec le Koweït, riche en ressources naturelles, rappelle The National.

Entre l’Irak et le Koweït, les frontières terrestres sont délimitées par la résolution 833 de l’ONU, datée de 1993, trois ans après l’invasion du Koweït par l’Irak sous la dictature de Saddam Hussein. Quant à la délimitation de la frontière maritime, elle a été laissée aux deux pays qui sont liés par des accords en la matière, notamment l’un sur la navigation dans le couloir de Khor Abdallah. Cet accord, signé en 2012 et ratifié en 2013, a été annulé par la Cour suprême fédérale irakienne en 2023.

Ce nouveau contentieux entre l’Irak et le Koweït intervient en pleines tensions entre l’Iran, allié de Bagdad, et les États-Unis, dont les pays du Golfe sont proches.

La frontière maritime contestée depuis de nombreuses années entre l’Irak et le Koweït a connu un nouveau rebondissement samedi dernier. Le ministère irakien des Affaires étrangères a ainsi annoncé dans un communiqué avoir déposé à l’ONU une nouvelle carte et une liste de coordonnées maritimes visant à officialiser la souveraineté de Bagdad sur une partie de la zone du golfe Arabo-Persique qu’il partage avec le Koweït. Une décision qui a vite été dénoncée par ce dernier, ainsi que par d’autres pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.Les documents, présentés le 19 janvier et le 9 février 2026 auprès du secrétaire général des Nations unies, incluent de nouvelles définitions de la mer territoriale, de la zone contiguë, de la zone économique exclusive et du plateau continental de l'Irak, « en...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut