Ahmad Tarmous, posant à côté d'une photo de son fils, Hassan, lors des funérailles de ce dernier dans son village natal de Talloussé, après avoir été tué par une frappe israélienne, le 13 février 2024, au Liban-Sud. Photo diffusée sur les réseaux sociaux
Tué lundi par une frappe israélienne de drone au Liban-Sud, Ahmad Tarmous, membre du Hezbollah, a reçu un appel de menace provenant de l'armée israélienne quelques minutes avant que celle-ci ne soit mise à exécution.
Selon plusieurs proches de la victime, joints par L'Orient-Le Jour, l'homme de 62 ans a été contacté par l'armée israélienne alors qu'il rendait visite à son oncle lundi après-midi, dans le village de Talloussé (caza de Marjeyoun). Au terme de la discussion, Ahmad Tarmous a informé les personnes présentes de ce qu'il venait de se passer, avant de quitter précipitamment le domicile pour se diriger vers sa voiture tandis qu'un drone israélien survolait la zone. « Ils (l'armée israélienne, ndlr) lui ont demandé : tu préfères mourir seul ou avec ceux qui sont avec toi dans la maison ? », a indiqué l'une de ses cousines à notre publication.
« En sortant, il a ordonné à un jeune garçon du village, âgé de 13 ans, de s’éloigner de sa voiture, l’avertissant qu’un drone le poursuivait », a-t-elle ajouté. Une fois dans son véhicule, l'homme a tenté de s'éloigner rapidement de la maison, avant que deux missiles ne s'abattent sur lui juste après son démarrage, le tuant sur le coup.
Ce récit a été corroboré par l'un de ses fils auprès de L'OLJ, qui a confirmé qu'Ahmad Tarmous n'était pas présent dans la demeure familiale au moment de la frappe, mais bien dans celle de son oncle. Il réfutait ainsi les affirmations selon lesquelles sa femme et ses enfants auraient tenté de le dissuader de s'éloigner d'eux, comme cela a été rapporté dans plusieurs médias.
L'un de ses fils tué en février 2024
Comme à son habitude, l'armée israélienne a par la suite partagé dans la foulée sur les réseaux sociaux des images prises par vue aérienne de l'attaque, accusant la victime d'être « un officier de liaison » du parti chiite à Talloussé. « Ahmad Tarmous tentait activement de reconstruire une infrastructure militaire appartenant au Hezbollah (...) et était chargé de coordonner les actions entre l'organisation et les villageois sur les questions militaires et économiques », a affirmé la troupe dans son communiqué.
De son côté, le parti chiite n'a pas donné suite à une demande de commentaire, mais a publié un faire-part de décès d'Ahmad Tarmous, le revendiquant comme un membre de la formation.
Le moukhtar de Talloussé, Ali Tarmous, un cousin éloigné de la victime, a également confirmé qu'un des fils d'Ahmad Tarmous, Hassan, a été tué le 13 février 2024 dans un autre raid israélien dans les premiers mois de la guerre entre le Hezbollah et Israël, qui a commencé le 8 octobre 2023. L'élu local indique qu'il s'agit de la première frappe israélienne ayant ciblé son village depuis le début du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024.
Si la majorité des personnes ciblées par les frappes israéliennes persistantes sont des membres du Hezbollah, la majorité des militants éliminés ces derniers mois semblent provenir des échelons inférieurs des rangs armés du parti.
Selon un décompte de L’OLJ, plus de 350 personnes, dont au moins 136 civils et 214 membres du Hezbollah, ont été tuées au Liban par des tirs ou des frappes de l’armée israélienne entre le début de la trêve et fin janvier 2026, tandis que la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban, a recensé plus de 10 000 violations israéliennes de la résolution 1701 de l'ONU sur ce laps de temps.




Il faut saluer la haute moralité de cette armée qui laisse le choix de mourir seul ou en famille ! Abject...
14 h 49, le 19 février 2026