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Politique - Législatives Au Liban

Vote des expatriés : « Rien ne peut arrêter le train des élections… à part le Parlement », affirme Hajjar

Nabih Berry assure que les législatives de 2026 se tiendront à la « date prévue » et exclut tout retard technique ou report.

Vote des expatriés : « Rien ne peut arrêter le train des élections… à part le Parlement », affirme Hajjar

Les ministres Ahmad Hajjar à son arrivée à Baabda pour un Conseil des ministres, le 16 février 2026. Photo L’Orient-Le Jour/Mohammad Yassine

Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a assuré lundi, peu avant la séance du Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, que « le train des élections a démarré conformément à la législation en vigueur et rien ne peut l’arrêter si ce n’est une décision du Parlement ». Cette déclaration intervient au surlendemain de l'avis donné par la commission de législation et de consultation du ministère de la Justice, qui a estimé samedi que les expatriés libanais peuvent voter depuis l'étranger pour élire les 128 députés et pas uniquement pour six sièges dédiés, comme le prévoit la loi électorale de 2017. Le tout dans un contexte de désaccord de la classe politique sur le vote des expatriés.

« L’objectif principal est d’organiser les élections à la date prévue », a ajouté le ministre Hajjar, affirmant avoir transmis la consultation au Secrétariat général du Conseil des ministres afin qu'il soit statué en conséquence. « La consultation n’est pas contraignante, mais le fait de ne pas l’appliquer nécessite une justification officielle conformément à l’un des articles régissant l’organisation du travail au ministère de la Justice », a-t-il précisé. Concernant les tensions politiques autour du vote de la diaspora, il a ajouté que « nul ne souhaite de désaccord ».

Ces propos font suite à ceux du président du Parlement, Nabih Berry, qui avait affirmé lundi à la chaîne de télévision NBN que les législatives se tiendraient à la « date prévue », excluant tout retard technique ou report, et soulignant qu’« il n’y avait aucune possibilité d’obstruction au scrutin ». « La loi est exécutoire. Il n’y aura pas de report, ni technique, ni autre… », a-t-il déclaré. La veille, réagissant à l'avis de la commission, le chef du mouvement Amal avait fustigé « l'existence d'un plan visant à empêcher la tenue de l’échéance législative à la date prévue ». Il a accusé l'instance, qui rend des avis consultatifs sans valeur normative, d'avoir publié son avis « sur instruction d’une partie », sans toutefois la nommer, dans un entretien au journal panarabe al-Chark al-Awsat.

La semaine dernière, pour montrer son engagement à tenir les législatives dans les délais, M. Berry, chef du mouvement chiite Amal, a officiellement déposé son dossier de candidature, devenant ainsi le premier candidat officiel à ce scrutin, juste devant un autre membre de sa formation, Kabalan Kabalan. Lundi, c’est le député du mouvement Amal Mohammad Khawaja qui a à son tour déposé son dossier de candidature.

La commission de législation et de consultation, qui dépend du ministère de la Justice, a été sollicitée la semaine dernière, pour répondre à deux questions adressées par le ministre de l’Intérieur, qui a récemment établi dans une circulaire qu’en l’absence d’identification réglementaire de la 16e circonscription, qui prévoit l'ajout de six députés pour lesquels votent les expatriés, les candidatures dans ce cadre ne pourront pas être déposées. Ce vide juridique crée potentiellement une situation dans laquelle les expatriés inscrits aux législatives, au nombre de 144 000, ne pourraient pas élire de candidats, étant donné qu’aucun candidat ne pourrait s’inscrire. Les deux questions adressées par le ministre étaient : « Les expatriés inscrits peuvent-ils voter depuis l’étranger pour les 128 députés ? » et « Les expatriés inscrits doivent-ils se rendre au Liban pour voter pour les 128 députés ? »

« Hérésie »

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a également réagi lundi, qualifiant d'« hérésie » l'avis émis par la commission de législation et de consultation. M. Bassil a par ailleurs indiqué que son parti se préparait à présenter ses candidats pour les sièges dédiés à l'étranger, malgré le flou qui continue d'entourer la tenue du scrutin et les modalités de vote pour les six parlementaires de la diaspora.

« Toutes ces discussions autour de l'avis de la commission de législation et de consultation sont dénuées de sens. La loi est claire, les délais ont expiré et le Courant patriotique libre soumettra ses candidatures depuis l'étranger », a écrit le leader du CPL sur X. Il a une nouvelle fois estimé qu'il revient au « gouvernement de promulguer les décrets d'application autorisant les candidatures à l'étranger », maintenant que la date du scrutin a été formellement décidée par le ministère de l'Intérieur et que le chef du Législatif, Nabih Berry, continue de refuser tout amendement à la loi en vigueur.
Le parti de Gebran Bassil a également publié un communiqué en des termes quasiment identiques, estimant également que tout manquement de l'exécutif à cet égard constituerait « un échec flagrant du gouvernement et de l'administration ».

La question des modalités de vote des expatriés menace la tenue des législatives, prévues en mai prochain. Le tandem chiite (Amal Hezbollah) et le Courant patriotique libre veulent conserver telle quelle la loi électorale (2017) qui prévoit l'ajout de six députés « des Libanais de l'étranger », selon l'article 112 de la loi électorale en vigueur. Une option perçue comme plus favorable à leurs intérêts. D'autres groupes parlementaires, Forces libanaises en tête, militent pour un amendement permettant aux émigrés de voter pour l'ensemble des 128 sièges actuels, en fonction de leur lieu d'origine. À deux reprises, avant les législatives de 2018 et celles de 2022, la Chambre avait suspendu l’article 112, permettant aux électeurs de la diaspora de voter dans les circonscriptions de la métropole.

Le ministre de l’Intérieur, Ahmad Hajjar, a assuré lundi, peu avant la séance du Conseil des ministres au palais présidentiel de Baabda, que « le train des élections a démarré conformément à la législation en vigueur et rien ne peut l’arrêter si ce n’est une décision du Parlement ». Cette déclaration intervient au surlendemain de l'avis donné par la commission de législation et de consultation du ministère de la Justice, qui a estimé samedi que les expatriés libanais peuvent voter depuis l'étranger pour élire les 128 députés et pas uniquement pour six sièges dédiés, comme le prévoit la loi électorale de 2017. Le tout dans un contexte de désaccord de la classe politique sur le vote des expatriés.« L’objectif principal est d’organiser les élections à la date prévue », a ajouté le...
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