Des manifestants lors d'une marche en soutien au peuple iranien organisée par des membres de la communauté américano-iranienne à Washington, DC, le 14 février 2026. Photo ROBERTO SCHMIDT/AFP
L’Iran cherche à conclure un accord nucléaire avec les États-Unis qui apporterait des bénéfices économiques aux deux parties, a rapporté dimanche un diplomate iranien, quelques jours avant un deuxième cycle de discussions entre Téhéran et Washington.
L’Iran et les États-Unis ont repris les négociations plus tôt ce mois-ci afin de résoudre leur conflit de longue date sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle confrontation militaire. Les États-Unis ont dépêché un deuxième porte-avions dans la région et se préparent à la possibilité d’une campagne militaire prolongée si les pourparlers échouent, ont indiqué des responsables américains.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré au cours d'une conférence de presse que le président Donald Trump avait clairement indiqué qu’il privilégierait la diplomatie et un règlement négocié, tout en précisant que cela pourrait ne pas se concrétiser. « Personne n’a jamais réussi à conclure un accord avec l’Iran, mais nous allons essayer », a-t-il dit.
L’Iran a menacé de frapper des bases américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque des forces américaines, mais a adopté, dimanche, un ton conciliant. « Pour garantir la durabilité d’un accord, il est essentiel que les États-Unis bénéficient aussi de secteurs à rendements économiques élevés et rapides », a affirmé Hamid Ghanbari, directeur adjoint pour la diplomatie économique au ministère iranien des Affaires étrangères, selon l’agence semi-officielle iranienne Fars. « Les intérêts communs dans les champs pétroliers et gaziers, les champs conjoints, les investissements miniers et même l’achat d’avions sont inclus dans les négociations », a-t-il ajouté, estimant que l’accord nucléaire de 2015 avec les grandes puissances n’avait pas garanti les intérêts économiques des États-Unis.
En 2018, Donald Trump avait retiré les États-Unis de cet accord, qui avait allégé les sanctions contre l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire, et avait appliqué à nouveau de strictes sanctions économiques à Téhéran.
Les émissaires US Steve Witkoff et Jared Kushner rencontreront des responsables iraniens à Genève mardi, selon une source informée. Cette réunion a par la suite été confirmée dimanche à l'agence Reuters par un haut responsable iranien. « Steve Witkoff et Jared Kushner se rendront sur place, je pense qu’ils voyagent en ce moment, pour avoir des réunions importantes et nous verrons comment cela se déroulera », a pour sa part déclaré M. Rubio, sans fournir de détails supplémentaires.
Alors que les discussions ayant conduit à l’accord nucléaire de 2015 étaient multilatérales, les négociations actuelles se limitent à l’Iran et aux États-Unis, avec des représentants omanais servant de médiateurs pour les contacts indirects entre les deux pays.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a quitté Téhéran pour Genève afin de participer aux négociations nucléaires indirectes avec les États-Unis et rencontrer le directeur de l’Agence internationale de l'énergie atomique.
Des compromis possibles
Par ailleurs, le vice‑ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht‑Ravanchi, a fait savoir au cours d'un entretien à la BBC diffusé dimanche que l'Iran est prêt à envisager des compromis pour parvenir à un accord nucléaire avec les États‑Unis, si Washington est disposé à discuter de la levée des sanctions. Il a indiqué que l'Iran était prêt à discuter de limitations à son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions, mais a exclu à plusieurs reprises de lier cette question à d’autres dossiers, notamment les missiles.
Le chef de l’Agence atomique iranienne avait déclaré lundi que le pays pourrait accepter de diluer son uranium le plus enrichi en échange de la levée de toutes les sanctions financières. M. Takht‑Ravanchi a utilisé cet exemple pour illustrer la flexibilité de l’Iran. Le diplomate a aussi réitéré la position de son pays, selon laquelle l’Iran n’accepterait pas une absence totale d’enrichissement d’uranium, ce qui avait constitué un obstacle majeur à la conclusion d’un accord l’année dernière, les États‑Unis considérant l’enrichissement sur le sol iranien comme une voie vers l’acquisition d’armes nucléaires.
M. Takht‑Ravanchi a également remis en question le renforcement militaire américain dans la région, avertissant qu’une nouvelle guerre serait « traumatisante, mauvaise pour tout le monde… Tout le monde souffrira, en particulier ceux qui ont initié cette agression ». Il a ajouté : « Si nous percevons cela comme une menace existentielle, nous réagirons en conséquence. » Quant à savoir si l’Iran considérerait une campagne américaine comme une lutte pour sa survie, il a répondu : « Il n’est même pas sage de penser à un scénario aussi dangereux, car toute la région serait plongée dans le chaos. »
L’Iran avait précisé à plusieurs reprises que les bases militaires américaines au Moyan-Orient seraient considérées comme des cibles légitimes. Au cours des attaques précédentes, y compris contre la base militaire d’al-Udeid au Qatar après que les États‑Unis ont frappé des sites nucléaires iraniens en juin dernier, Téhéran avait évité de causer des victimes américaines.


