Le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid, lors d'une conférence de presse à la Banque centrale, le 8 janvier 2026. Photo : Philippe HAGE BOUTROS / L'Orient‑Le Jour
Le gouverneur de la Banque du Liban Karim Souhaid a tenu vendredi à Paris une nouvelle série de réunions avec des juges d’instruction français « chargés de superviser les enquêtes judiciaires en cours sur plusieurs dossiers financiers liés à la Banque du Liban au cours des dernières années », a annoncé la banque centrale dans un communiqué.
Elle a ajouté que « ces enquêtes portent sur des soupçons de détournements, de commissions illégales et de montages financiers complexes impliquant la gestion de certains actifs financiers de la Banque du Liban ». Les réunions s’inscrivent quant à elles « dans le cadre d’une coopération judiciaire continue entre la Banque du Liban et les juges d’instruction français, et plus généralement d’un effort international impliquant la France, le Liechtenstein, la Belgique, l’Allemagne et la Suisse ».
« Ces efforts constituent un élément essentiel de la stratégie de la Banque du Liban pour rétablir l’équilibre financier, car la récupération des actifs et la consolidation de la responsabilité légale demeurent deux éléments fondamentaux pour renforcer la capacité de la banque centrale à honorer ses engagements, notamment pour contribuer à la mise en œuvre du programme de remboursement des dépôts prévu », a encore expliqué la BDL. Le communiqué ne fournit aucune autre précision sur le contenu des discussions ou les affaires en cours.
Il s'agit au moins du deuxième rendez-vous entre Karim Souhaid et des juges d’instruction français depuis qu'il a annoncé dans une conférence de presse le 8 janvier sa décision de se rendre « volontairement en France pour échanger des informations extrêmement sensibles (…) dans le but de révéler des dimensions supplémentaires de la coordination illégale entre certaines sociétés, des banquiers individuels et d’anciens responsables de la BDL, qui ont conspiré pour s’approprier les fonds de la banque, et par conséquent, ceux des déposants libanais ».
Au cours de la même conférence de presse, le gouverneur avait également annoncé que la BDL s’était constituée partie civile au Liban dans la procédure lancée contre Forry Associates, enregistrée aux îles Vierges britanniques et qui aurait été utilisée – selon les enquêteurs libanais et européens – comme un véhicule de détournement de fonds publics grâce à un système de commissions, dans laquelle l’ex-gouverneur Riad Salamé et certains membres de sa famille sont poursuivis au Liban et à l’étranger.
Son premier déplacement avait eu lieu à la mi-janvier. Il s'était alors entretenu avec la juge d’instruction française Clémence Olivier à Paris. Peu de détails avaient filtré sur le contenu des discussions.


