Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors de son allocution le 9 février 2026. Capture d’écran tirée du direct de la chaîne al-Manar
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a appelé le Liban à rejeter les pressions visant à désarmer la Résistance, alors que le parti refuse de remettre l’intégralité de son arsenal à l’armée libanaise, au nord du Litani, près de 15 mois après le début du cessez-le-feu conclu avec Israël. Un cessez-le-feu violé quotidiennement par Tel-Aviv, avec une nouvelle frappe meurtrière et un rapt ce lundi.
Il a estimé que le Hezbollah et le président Joseph Aoun se rejoignent sur plusieurs points, tout en critiquant les tentatives « des grandes puissances comme de certains pays arabes » de pousser le chef de l’État à prendre des mesures visant à créer une fracture entre lui et le parti, « c’est-à-dire entre l’État, à son plus haut niveau, et la Résistance ainsi que son peuple ».
« Que personne ne cherche à semer la discorde entre nous et le président », a-t-il prévenu, ajoutant que la visite du chef du bloc parlementaire de la Fidélité à la Résistance, Mohammad Raad, au président de la République la semaine dernière « a été positive, s’inscrivant dans une démarche de suivi, de coordination, de gestion des divergences et de confrontation des défis ». Naïm Kassem s'exprimait lors d'une allocution diffusée en marge de l’inauguration du Lebanon Medical Center, un nouveau centre hospitalier universitaire à Hadath (Baabda). Le ministre de la Santé, Rakan Nasreddine, a également pris la parole lors de cet événement.
Le chef du Hezbollah a reconnu qu’« il existe des divergences de méthode sur certaines questions » entre le parti et Joseph Aoun, tout en soulignant que « du point de vue national, nous sommes tous deux favorables à la cessation de l’agression, nous voulons tous deux la libération du Liban, nous refusons toute discorde interne et partageons la volonté de relever le pays ». « Sachez que cette phase est celle qui dessine l’avenir : par l’unité nationale et la coopération entre l’État, l’armée, le gouvernement, le peuple et la Résistance, nous façonnons l’avenir du Liban », a-t-il ajouté.
Pas de dissensions avec Amal
Naïm Kassem a salué « la récente visite du Premier ministre Nawaf Salam au Liban-Sud », estimant qu’« elle est positive et constitue une étape importante sur la voie de la reconstruction du Liban ». Selon lui, l’aspect le plus important de ce déplacement réside dans le fait que le chef du gouvernement a affirmé que la reconstruction se ferait sans attendre la fin des attaques israéliennes, « ce que nous avons toujours réclamé ». Nawaf Salam a effectué une nouvelle tournée dans plusieurs régions du Sud du Liban ce week-end, avec des étapes prévues dans les cazas de Tyr, Bint Jbeil et Nabatiyé. Il y a été bien accueilli par la population et s’est engagé à lancer la reconstruction des zones détruites par Israël.
Selon Naïm Kassem, le Liban doit « se concentrer sur deux objectifs : premièrement, mettre fin à l’agression sous toutes ses formes, et deuxièmement, sortir de la crise financière, économique et sociale ».
Le secrétaire général du Hezbollah a longuement critiqué Israël, qu’il accuse de convoiter le Liban, estimant que seule la force est à même de repousser les ambitions de Tel-Aviv. « L’ennemi a été chassé du Liban par la force, la résilience et les grands sacrifices consentis, qui ont protégé la Résistance, son peuple et ceux qui étaient à ses côtés, et ont préservé le Liban pendant 42 ans », a-t-il ajouté.
Il a précisé que les États-Unis ont eu recours à différents moyens — notamment politiques et économiques — pour tenter de « soumettre » le Liban, lorsqu’ils ont constaté qu’Israël ne parvenait pas à obtenir par la force ce qu’il voulait, notamment en réclamant le désarmement du Hezbollah. Le Liban doit, selon lui, « refuser les pressions visant à désarmer la Résistance ».
Naïm Kassem a en outre nié toutes dissensions entre le Hezbollah et le mouvement Amal, après de récents incidents ayant laissé entrevoir des fissures au sein du tandem chiite. « Le Hezbollah et le mouvement Amal forment un seul corps, partagent une même vision sur les grandes questions nationales et agissent ensemble », a-t-il affirmé. Il a précisé que la rencontre de coordination qui s’est tenue en janvier entre les deux partis avait porté sur les élections, les mécanismes de coopération, l’accélération de la reconstruction et la confrontation de l’agression.
Au lendemain de l’effondrement d’un immeuble à Tripoli, ayant fait 14 morts, Naïm Kassem a appelé le gouvernement à accorder une attention particulière à cette ville, la qualifiant de « cité libanaise historique », et estimant qu’« il n’est pas acceptable que ce type de catastrophes se produise sans que des mesures concrètes ne soient prises pour y faire face ». « Nous devons nous tenir aux côtés des habitants de Tripoli, de ceux de Bab el-Tebbané et de Kobbé, ainsi que de tous ceux qui souffrent. Il s’agit d’une responsabilité nationale », a-t-il conclu.



rien de mieux que : HAHAHAHAHA ! le rigolo !
10 h 35, le 11 février 2026