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Politique - Politique Au Liban

Bassil : Il n'y a « pas d’enthousiasme » pour les législatives, car elles « ne modifieront pas la configuration du Parlement »

« Le Hezbollah conservera sa force, et nous disposerons d’un groupe parlementaire conséquent », prédit le leader du CPL.

Bassil : Il n'y a « pas d’enthousiasme » pour les législatives, car elles « ne modifieront pas la configuration du Parlement »

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lors de l'émission « Sar el-Waet » (Il est temps, en arabe) sur la chaîne MTV, le vendredi 6 février 2025. Photo publiée sur le compte X de l'émission/@sarelwa2et

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, poursuit son retour sur le devant de la scène médiatique libanaise, à trois mois des élections législatives, normalement prévues en mai. Interrogé sur le scrutin, le leader du CPL a déclaré qu'il n'y a « pas d’enthousiasme pour la tenue des élections, car elles ne modifieront pas la configuration du Parlement » , lors de l'émission « Sar el-Waet » (Il est temps, en arabe) sur la chaîne MTV.

« Je ne peux pas affirmer avec certitude que les élections auront lieu, mais je constate qu’il n’y a pas d’enthousiasme, car elles ne changeront pas le paysage politique. Le Hezbollah conservera sa force, et nous disposerons d’un groupe parlementaire conséquent », a déclaré l'ancien allié du parti chiite, à la tête aujourd'hui d'un bloc comptant treize députés, après quatre défections depuis les législatives de 2022. Il a indiqué que le CPL avait « exposé une manoeuvre » visant à reporter de deux mois le scrutin pour donner aux expatriés la possibilité de venir voter au Liban, « ce qui aurait mis « le gouvernement dans l'embarras, à la fois en train de faire avorter les droits des expatriés et incapables de s’accorder sur une solution. » Le leader du principal bloc d'opposition au gouvernement a réitéré sa volonté d'appliquer la loi électorale en vigueur, prévoyant que les expatriés votent pour six sièges dédiés, et non l'ensemble des députés. Une option perçue comme plus favorable à ses intérêts.

« Le Hezbollah demeure une composante essentielle du pays »

M. Bassil s'est par ailleurs montré conciliant à l'égard du Hezbollah, reprenant ses vues sur plusieurs points, malgré la rupture consommée dans le sillage de l'ouverture du « front de soutien » du parti chiite au mouvement islamiste palestinien Hamas en octobre 2023.

« Le problème fondamental est que le Hezbollah refuse l’idée de remettre ses armes (au nord du Litani, Ndlr) et lie celles-ci à son existence et à son honneur », a-t-il expliqué. Épousant à nouveau les vues du parti chiite, il a déclaré que « pour convaincre le Hezbollah de remettre ses armes, il faut mettre en place une politique complète de protection du Liban », expression synonyme de fuite en avant ces dernières années, alors que le parti chiite demande régulièrement l'élaboration d'une « stratégie de défense nationale ».

Le député de Batroun a en outre indiqué que le « Hezbollah avait reçu des promesses du président (Joseph Aoun), avant son élection, de séparer le nord et le sud du fleuve », sans détailler davantage ce point. Selon lui, l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, signé fin novembre 2024 après deux mois de guerre ouverte « porte essentiellement sur la distinction entre le nord et le sud du Litani, et prévoit également le retrait israélien. » Le Hezbollah refuse de se désarmer au nord du fleuve Litani, arguant que l'accord ne concerne que le sud. Le texte de la trêve fait clairement allusion à plusieurs autres textes, comme l'accord de Taëf et des résolutions de l'ONU, qui prônent clairement le désarmement total de toutes les milices au Liban.

M. Bassil a également rejeté tout lien entre la rencontre « positive » avec l’émissaire saoudien Yazid ben Farhane, puis la hausse de ton à l'égard du Hezbollah en janvier dernier, lorsqu'il avait affirmé que l’accord de Mar Mikhaël, qui avait scellé en 2006 une alliance historique entre sa formation et le parti chiite, était « tombé ». « L'entente est tombée depuis 2022 (...) Cela ne signifie pas que le Hezbollah est un ennemi, il demeure une composante essentielle du pays avec laquelle nous devons traiter », a-t-il encore souligné, laissant poindre de possibles alliances lors des législatives. Le CPL et le Hezbollah ont intérêt s'allier pour assurer la victoire dans plusieurs régions à dominante chrétienne, notamment à Baabda (deux sièges chiites) et à Jbeil (un siège chiite), mais M. Bassil doit également composer avec l'humeur de la base chrétienne, aujourd'hui majoritairement remontée contre le parti chiite pro-iranien.

Le chef du CPL est enfin revenu l'imbroglio avec son son grand rival politique Samir Geagea, qu'il a convié à un débat télévisé la semaine dernière, avant que les deux dirigeants maronites ne se s'échangent des insultes. « Je me réconcilie avec tout le monde dans l’intérêt du Liban, mais certains ne le veulent pas. J’ai appelé à un débat, pas à une surenchère », a-t-il dit.

Accusé par M. Geagea d'être à l'origine « d'une des plus grandes opérations de tromperie qu’ont connues le Liban et les Libanais », dans sa gestion du dossier de l’électricité, M. Bassil s'est à nouveau défendu, fustigeant l'absence de « subvention de l'État à l'électricité », et arguant que « nous « avons attribué les contrats pour la construction de centrales, mais le gouvernement n’a pas financé le plan. » Le secteur de l’électricité se trouve dans un état de délabrement particulièrement avancé en raison d’investissements insuffisants dans les infrastructures, d’une capacité de production limitée, et d’un réseau endommagé par la guerre et miné par des branchements illégaux. Des solutions alternatives, coûteuses, peu efficaces et aux contrats souvent obscurs, ont été trouvées au fil des années, comme la location de navires-centrales, alors que les ministres qui se sont succédé à la tête du ministère de l'Énergie, dont M. Bassil, étaient affiliés au CPL ou proches de cette formation entre 2008 et 2025.

Pour ce qui est des centrales flottantes, le député de Batroun s'est défendu d'avoir « gaspillé 1,2 milliard de dollars. » « L’histoire est simple, nous n’avons pas loué des navires, mais acheté de l’électricité produite par un générateur en mer, à un coût moyen de 14 cents, alors que le coût moyen de l’État était de 15 cents. Cela signifie que nous avons fait économiser de l’argent à l’État. »

Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, poursuit son retour sur le devant de la scène médiatique libanaise, à trois mois des élections législatives, normalement prévues en mai. Interrogé sur le scrutin, le leader du CPL a déclaré qu'il n'y a « pas d’enthousiasme pour la tenue des élections, car elles ne modifieront pas la configuration du Parlement » , lors de l'émission « Sar el-Waet » (Il est temps, en arabe) sur la chaîne MTV.« Je ne peux pas affirmer avec certitude que les élections auront lieu, mais je constate qu’il n’y a pas d’enthousiasme, car elles ne changeront pas le paysage politique. Le Hezbollah conservera sa force, et nous disposerons d’un groupe parlementaire conséquent », a déclaré l'ancien allié du parti chiite, à la tête aujourd'hui...
commentaires (4)

il est etonnant que marcel ghanem ait laisse faire gebran bassile sans une seule fois ne serait-ce que essayer de le coincer... de le contredire. ETONNANT ? que non... c marcel ghanem apres tout !

L’acidulé

09 h 48, le 07 février 2026

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Commentaires (4)

  • il est etonnant que marcel ghanem ait laisse faire gebran bassile sans une seule fois ne serait-ce que essayer de le coincer... de le contredire. ETONNANT ? que non... c marcel ghanem apres tout !

    L’acidulé

    09 h 48, le 07 février 2026

  • gebran bassile ne s'est pas montre conciliant vis a vis la milice iranienne, gebran bassile s'est montre -encore une fois- a nu a force de mensonges et/ou de contradictions!

    L’acidulé

    09 h 47, le 07 février 2026

  • Il faudrait donc remercier bassil d’avoir acheté à très bon prix le courant (pas tellement courant) fourni par ses bateaux. Ces mêmes bateaux qu’il avait lui-même qualifié auparavant d’arnaque. Et tout celà pour seulement vingt deux milliards. Ya baléch ! Quant à son cher hezbollah il prépare déja le retour à son giron. Il faut bien survivre et les temps sont dûrs. Tout celà pour le bien du Liban non ?

    NG

    09 h 05, le 07 février 2026

  • Il existe encore celui-là ? Un jour il devra rendre compte de sa location des barges centrales électriques , et autres dossiers …… lucratifs !

    LeRougeEtLeNoir

    05 h 41, le 07 février 2026

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