Des habitants filmant l'impact d'une frappe israélienne contre un bâtiment dans le village de Aïn Cana, au Liban-Sud, le 2 février 2026. Photo Mahmoud Zayyat / AFP
Comme chaque jour ou presque ces dernières semaines, l'armée israélienne a maintenu lundi sa pression militaire inexorable sur le Liban-Sud, menant une nouvelle vague importante de frappes aériennes contre des localités situées au nord du fleuve Litani, où doit se poursuivre la deuxième phase du plan de désarmement des milices conduit par l'armée libanaise.
Le point culminant des attaques a été la vague de bombardements menés par l'aviation israélienne contre deux localités du caza de Nabatiyé : Kfar Tebnit et Aïn Cana. Une heure après des menaces de frappes publiées en ligne par le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, des avions de chasse israéliens ont successivement visé deux bâtiments ciblés par les avertissements publiés auparavant, endommageant également les maisons alentours. Dans son communiqué, la troupe a affirmé avoir visé des « infrastructures militaires » supposées du Hezbollah.
Le moukhtar de Kfar Tebnit a indiqué à notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah, que les frappes ont totalement détruit le bâtiment visé, mais qu'aucune victime n’a été signalée, les habitants ayant évacué les lieux avant l'attaque dans un rayon de 300 mètres. À Aïn Cana, la frappe a visé « un immeuble résidentiel, dans une zone civile », selon un membre du conseil municipal du village joint par notre publication, ajoutant qu'aucune victime n'est à déplorer à ce stade. « Ce bâtiment est composé de deux étages et abrite, au rez-de-chaussée, des commerces : un salon de coiffure et un magasin de fruits secs », a-t-il souligné. Et d'ajouter : « Les affirmations de l’ennemi (israélien) faisant état de l’existence d’une infrastructure du Hezbollah sont une accusation mensongère ».

La municipalité de Kfar Tebnit a par ailleurs dénoncé dans un communiqué « l’agression sioniste barbare et sauvage qui continue de viser nos concitoyens, leurs moyens de subsistance et nos localités du Sud. » Elle a également dit « s’interroger, une fois encore, sur le rôle de l’État dans l’instauration de la sécurité et de la protection dans cette partie » du Liban. Les habitants du village avaient aussi réclamé que l'armée libanaise et les forces de sécurité inspectent la bâtisse menacée pour établir si elle contenait ou non du matériel militaire avant qu'elles ne soient frappées. En décembre, l'armée libanaise avait permis à Yanouh (caza de Tyr) d'éviter un raid contre une habitation après son inspection, dans le cadre du « Mécanisme », le comité de surveillance de l'application des modalités du cessez-le-feu.
Il s'agit de la troisième vague de bombardements d'ampleur lancée depuis le début de l'année par l'aviation israélienne contre des zones situées au nord du fleuve Litani au Liban-Sud, où l'armée libanaise doit poursuivre le démantèlement de l'arsenal du Hezbollah, après l'achèvement de la première phase au sud de ce fleuve début janvier.
Israël a lancé le 21 janvier une série de frappes sans précédent depuis le début du cessez-le-feu le 27 novembre 2024 contre les localités de Qennarit, Kfour, Jarjouh, Kharayeb et Ansar, faisant 19 blessés selon le ministère de la Santé. Deux semaines auparavant, le 5 janvier, l’aviation israélienne avait visé quatre localités dans le caza de Jezzine et dans l'est de la Békaa, près de la frontière libano-syrienne.
Frappe de drone sur l'autoroute Saïda-Tyr, incidents répétés près de la frontière
Plus tôt dans la journée, un drone israélien a visé une camionnette circulant sur l'autoroute entre Saïda et Tyr, sur une portion reliant les localités de Sarafand et Ansariyé (Saïda). Tué dans l'attaque, le conducteur du véhicule ciblé a été identifié comme étant Abbas Ahmad Ghadboun, originaire de Qana, au Liban-Sud, qui a fait l'objet d'un faire-part publié par le Hezbollah confirmant son décès, après avoir été désigné comme un « membre du Hezbollah » par l'armée israélienne.
D'après un bilan officiel du ministère libanais de la Santé, cette frappe a également fait quatre blessés, parmi lesquels des automobilistes ayant eu un accident suite au raid. Une autre frappe de drone menée quelques instants plus tard contre le village de Qlaylé (Tyr) a par ailleurs fait quatre blessés, toujours selon le ministère.
La veille, dimanche, deux autres membres du Hezbollah, appelés Ali Daoud Omais et Abdel Hadi Moustapha el-Haqani, ont été respectivement tués dans des attaques similaires à Doueir et Harouf (Nabatiyé).
En outre, d'autres incidents ont été rapportés par notre correspondant dans la zone frontalière. Dans l'après-midi, l'armée israélienne a tiré plusieurs obus d'artillerie sur les abords des localités de Ramiyé, de Beit Lif (Bint Jbeil) et de Blida (Marjeyoun). Dans la nuit, plusieurs attaques avaient également été signalées, lorsque l'armée israélienne a provoqué trois grandes explosions, une dans les environs des villages de Aïta el-Chaab (Bint Jbeil), de Markaba et de Adaïssé (Marjeyoun). Il n'était pas immédiatement clair s'il s'agissait de bâtiments dynamités par des soldats infiltrés en territoire libanais.
Les forces israéliennes ont également tiré, à l’aide de mitrailleuses, sur les environs du village de Yaroun, (Bint Jbeil), avant qu'un drone lance une grenade assourdissante sur Kfar Kila (Marjeyoun). Des tirs à l'arme automatique ont encore été rapportés depuis l'une des sept positions qu'elles continuent d'occuper au Liban-Sud, à Jabal el-Bat, en direction du village voisin de Aïtaroun (Bint Jbeil).
Par ailleurs, depuis lundi matin, l'armée israélienne a tiré depuis la partie occupée du village de Ghajar vers des bergers dans une plaine qui fait face à cette localité, située dans les territoires libanais, toujours selon notre correspondant.
Les attaques israéliennes se poursuivent de façon quasi quotidienne au Liban malgré l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024. Depuis cette date, plus de 350 personnes ont été tuées, dont 140 civils, selon un décompte de L'Orient-Le Jour basé sur des données du ministère de la Santé et de l'ONU.



Où est-il possible à écrire que ce qu’ils font est immonde? Un enfant tué ici, une femme ou toute une famille là-bas….À quel but?
22 h 43, le 09 février 2026