L’Irako-Américain Mark Savaya aux côtés du président américain Donald Trump. Photo tirée du compte X de Mark Savaya
L’Irako-Américain Mark Savaya, nommé en octobre dernier envoyé spécial des États-Unis en Irak par le président Donald Trump, n’occupe plus ce poste, a indiqué dimanche l'agence Reuters, citant des sources proches du dossier.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bagdad, liées aux pressions américaines visant à réduire l’influence iranienne sur la scène politique irakienne.
Homme d’affaires chrétien devenu diplomate au sein de l’administration Trump, Mark Savaya faisait partie d’un nombre restreint d’Arabes américains nommés à des postes de haut niveau. Le locataire de la Maison-Blanche avait mené une campagne soutenue lors de l’élection présidentielle de 2024 pour séduire l’électorat arabe et musulman, notamment à Detroit et dans d’autres bastions de cette communauté.
« Mauvaise gestion »
Les raisons exactes de son absence n’étaient pas immédiatement claires, pas plus que la désignation éventuelle d’un successeur. Selon l’une des sources citées par Reuters, ce départ serait toutefois lié à une « mauvaise gestion » de dossiers sensibles, en particulier son incapacité à empêcher un éventuel retour au pouvoir de l’ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.
Donald Trump avait publiquement mis en garde Bagdad contre une telle option, allant jusqu’à menacer de priver l’Irak de toute aide américaine si M. Maliki revenait à la tête du gouvernement. Dimanche, la principale alliance chiite du pays, qui détient la majorité au Parlement, a néanmoins annoncé son soutien à la candidature de M. Maliki au poste de Premier ministre. Figure de la vie politique irakienne, il a déjà exercé deux mandats avant de quitter le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington, qui le perçoit comme proche de l’Iran. Il est accusé par les États-Unis d’avoir attisé les tensions sectaires et favorisé l’émergence du groupe État islamique durant son mandat.
Selon la même source, ainsi qu’un haut responsable irakien cités par l'agence, l’ambassadeur des États-Unis en Turquie et émissaire spécial pour la Syrie, Tom Barrack, serait pressenti pour reprendre le portefeuille irakien au sein du département d’État. Un porte-parole de M. Barrack a toutefois refusé de commenter.
Contacté par Reuters, Mark Savaya a nié tout changement de fonction, affirmant être toujours engagé dans les procédures administratives nécessaires pour assumer officiellement son rôle. Une source au fait du dossier a cependant indiqué qu’il n’avait jamais été formellement employé par le département d’État. Son compte X, actif jusqu’à récemment, n’était plus accessible depuis jeudi. Il n’a pas répondu aux sollicitations ultérieures, vendredi et samedi, visant à confirmer s’il occupait toujours ses fonctions et à expliquer la suppression de son compte.
Proche de Donald Trump et ancien dirigeant d’une entreprise à Detroit, Mark Savaya avait surpris par sa nomination, en l’absence de toute expérience diplomatique. Selon deux sources, il ne s’est jamais rendu officiellement en Irak depuis son annonce. Il devait toutefois s’y rendre vendredi dernier pour rencontrer de hauts responsables irakiens, mais a annulé ces rendez-vous de manière soudaine, ont indiqué deux responsables irakiens.
Ce développement intervient alors que Washington accentue sa pression sur Bagdad pour qu’il désarme les groupes pro-iraniens et se détache de l’influence de Téhéran. Les déclarations de Donald Trump constituent l’illustration la plus explicite à ce jour de sa volonté de contenir l’influence des acteurs liés à l’Iran en Irak, un pays qui a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les États-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ces deux ennemis.



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