Des pompiers interviennent après une frappe israélienne qui a visé une zone où se trouvaient des véhicules de construction, au Liban-Sud, le 30 janvier 2026. Photo Mahmoud ZAYAT / AFP
L’armée israélienne a poursuivi vendredi ses attaques contre le territoire libanais, tuant en journée, un membre du Hezbollah dans une frappe de drone qui a touché sa voiture à Siddiqine, dans le caza de Tyr, avant de se déchaîner en soirée contre les caza de Saïda et Nabatiyé.
« L’armée israélienne frappe actuellement des infrastructures liées au Hezbollah dans le Liban-Sud », a annoncé le porte-parole arabophone de l’armée, Avichay Adraee vers 19h30. Selon notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah, onze explosions ont été entendues à ce moment là. Les frappes ont touché plusieurs sites dans les cazas de Saïda et de Nabatiyé : la vallée entre les localités de Msayleh, Taffehta et Najjariyé (Saïda), ainsi que les vallées de Aazé, Roumine et Zefta (Nabatiyé). Sept missiles ont notamment visé un commerce de véhicules de construction à Daoudiyé (caza de Saïda). Le courant électrique a par ailleurs été complètement coupé dans les localités de Taffehta, Msayleh, Najjariyé, Daoudiyé et Maamariyé. Ces frappes ont fait trois blessés, selon notre correspondant.
L'armée israélienne a ensuite précisé avoir frappé « des infrastructures et du matériel d’ingénierie appartenant au Hezbollah et utilisés pour tenter de reconstruire ses infrastructures dans la région de Mazraat al-Daoudiyé ». « La présence de ces infrastructures et de ce matériel, et leur utilisation par le Hezbollah pour reconstituer ses capacités au Liban, constituent une violation des accords entre Israël et le Liban », a-t-elle dénoncé.
Concernant la frappe de Siddiqine, la victime, Mohammad Youssef, a été présentée par Avichay Adraee comme « affiliée au Hezbollah ». Le parti chiite a confirmé son décès et précisé que ses funérailles auront lieu samedi à 15 heures à Kafa’at, dans la banlieue sud de Beyrouth.
Mécanisme « en vigueur et opérationnel »
Ces attaques interviennent alors que les réunions du « mécanisme » de cessez-le-feu au Liban, auquel participent des représentants civils et militaires libanais et israéliens, sont temporairement suspendues. L’ambassade des États-Unis au Liban a néanmoins fait savoir sur son compte X « que le cadre de coordination militaire, tel qu’établi dans l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024, demeure pleinement en vigueur et opérationnel, avec les mêmes objectifs, participants et responsables ».
C'est au sein de ce comité que des pourparlers entre officiels civils israéliens et libanais ont eu lieu en décembre, les premiers depuis plus de 40 ans entre les deux pays. Cette annonce survient également dans un contexte de crainte persistante d’une offensive israélienne d’envergure au Liban. Selon l'ambassade américaine, la prochaine réunion du mécanisme est prévue à Naqoura le 25 février, suivie de rencontres programmées les 25 mars, 22 avril et 20 mai. Celles-ci « continueront de constituer le principal cadre de coordination militaire entre les parties participantes », a-t-elle déclaré.
Dans ce contexte, et en marge de sa visite prévue à Washington du 3 au 5 février, le commandant en chef de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a été reçu vendredi en audience à Baabda par le président Joseph Aoun. Les deux hommes ont évoqué la situation sécuritaire dans le pays, notamment dans le Sud, et le chef de l'armée a informé le chef de l’État des préparatifs en cours pour son déplacement au cours duquel il doit s'entretenir avec plusieurs responsables américains.
Le général Haykal a par ailleurs reçu dans son bureau à Yarzé le général de brigade Patrick Gauchat, qui dirige l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST, une agence d'observateurs créée après la première guerre israélo-arabe). Les discussions ont porté sur la situation générale au Liban et dans la région. Le responsable onusien s’est également rendu auprès du président Aoun dans le cadre d’une visite d’adieu, marquant la fin de sa mission au Liban. Leur rencontre a porté sur le travail des observateurs de la trêve dans les pays où ils sont déployés, dont le Liban. Le chef de l’État a remercié le général Gauchat pour les efforts déployés au cours de son mandat, lui souhaitant plein succès dans ses nouvelles fonctions. Il a souligné « la nécessité du maintien » des observateurs de la trêve au Liban, « compte tenu du rôle important qu’ils jouent », rappelant que le pays reste « attaché à l’accord d'armistice (1948) dans toutes ses dispositions », a rapporté la présidence libanaise.
Colère à Saïda face à la poursuite des assassinats de journalistes
Dans la matinée, des dizaines de professionnels des médias ont organisé un sit-in de protestation vendredi à Saïda (Liban-Sud) pour exprimer leur « colère et leur condamnation » face à la poursuite des assassinats de journalistes par l'armée israélienne, a rapporté notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Au cours de ce rassemblement organisé sous le slogan « Israël tue des journalistes », des photos du cheikh Ali Noureddine qui animait une émission religieuse sur la chaîne du Hezbollah al-Manar, ont été brandies. Ce dernier avait été tué lundi dans une frappe israélienne à Hoch (Tyr). Selon le décompte de L’Orient-Le Jour, 14 journalistes ont été tués au Liban depuis le déclenchement de la guerre entre le Hezbollah et Israël, le 8 octobre 2023.
Toujours dans le sud du pays, un drone de l'armée israélienne a largué dans la matinée une bombe sonore à proximité de la zone dite des « chalets », dans le quartier ouest de la localité de Khiam (Marjeyoun). Des tirs de mitrailleuse israéliens, provenant de la position de Raheb, ont aussi touché la périphérie de la localité de Aïta el-Chaab (Bint Jbeil).
La nuit de jeudi à vendredi a été marquée par des tirs israéliens d’artillerie visant les abords de Yaroun (Bint Jbeil). Une force israélienne composée d’un char Merkava et de deux véhicules militaires a également été aperçue en train de s’infiltrer en direction de l’une des maisons habitées de la périphérie de Yaroun, ce qui a poussé les propriétaires de la maison à l’évacuer, de crainte que les Israéliens ne procèdent à sa destruction. Une patrouille conjointe de l’armée libanaise et de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) s’est dirigée vers les lieux. À minuit, l’artillerie israélienne a tiré une bombe éclairante dans le ciel de la localité de Kfarchouba (caza de Hasbaya).


C’est toujours ça de fait en moins pour notre armée. Ces vendus continuent de nous menacer avec leurs armes et sont prêts à mourir pour sauver leurs chefs soumis à un pays étranger et prêts à les sacrifier pour s’en sortir triomphants. Du moins c’est ce qu’ils espèrent. Mais à quel prix et combien de morts leur faudrait il pour comprendre qu’ils font fausse route et que l’ennemi est celui qui leur demande de se sacrifier alors qu’il est incapable de sauver ses plumes. Et surtout POURQUOI sont ils prêts à mourir pour rester des vassaux à sacrifier. Ça n’a rien de noble.
12 h 43, le 31 janvier 2026