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Société - Liban-Nord

Effondrement à Kobbé : les recherches se poursuivent « à mains nues » pour retrouver la jeune Élissar

Le père de famille a été retrouvé mort sous les décombres, la mère et deux des enfants retrouvés vivants. Deux autres immeubles de Tripoli ont été évacués dans la journée.

Effondrement à Kobbé : les recherches se poursuivent « à mains nues » pour retrouver la jeune Élissar

Des secouristes sur le site du bâtiment effondré à Qobbé, au Liban-Nord, dans la nuit du 24 au 25 janvier 2026. Photo Lyana Alameddine / L'Orient-Le Jour

Les recherches et l'agitation n'ont pas faibli dimanche dans la rue « al-Jadid » à Kobbé, dans et autour des décombres de l'immeuble qui s'était effondré dans la nuit de vendredi à samedi dans ce quartier pauvre de Tripoli, au Liban-Nord. Les services de secours ont poursuivi toute la journée, leurs opérations sur le site à la recherche d'Élissar, l'aînée de la famille el-Mir, toujours portée disparue. Les fouilles se font « à mains nues » pour donner à l'infirmière d'une vingtaine d'années plus de chances de survie, selon le directeur général de la Défense civile, le général Imad Khoreiche.

Présent sur place, ce dernier a affirmé que ses équipes « venues de tout le Liban travaillent à mains nues, avec des collègues de la Croix-Rouge libanaise ». « Nous évitons l'utilisation de bulldozers afin de donner à Élissar le maximum de chances de survie. Nous maintiendrons cette approche jusqu'au dernier moment », a-t-il fait savoir, cité par notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. « Les conditions sont difficiles, entre le béton armé et les décombres. Nous essayons de surmonter ces obstacles et d'atteindre l'endroit où Élissar pourrait se trouver », a-t-il poursuivi, expliquant que les recherches se basent notamment sur des indications données par la mère sur l'endroit où pourrait se trouver la jeune femme. « Elle a indiqué qu'Élissar n'était pas loin d'elle et qu'elle s'apprêtait à franchir la porte de l'appartement », a-t-il ajouté.

La mère et son fils hospitalisés

La jeune femme est la dernière membre de la famille el-Mir toujours sous les décombres de cet immeuble de plusieurs étages. Dans la nuit, les fouilles avaient permis vers minuit à Amal el-Mir, la mère de famille, et à son fils Omar de sortir vivants de sous les gravats. Lorsqu'Amal el-Mir et son fils ont été extraits des décombres, des cris de joie et des « Allah Akbar » (Dieu est grand) avaient accompagné les civières sur lesquelles ils étaient transportés vers les ambulances, rapporte notre correspondant. Outre les fractures, ils souffrent d'épuisement extrême et de difficultés respiratoires causées par la poussière. Quelques heures auparavant, le père, Ahmad el-Mir, avait été retrouvé mort sous les gravats. Une autre fille de la famille, âgée de 18 ans, avait, elle, été secourue dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans et autour du périmètre de sécurité établi autour du bâtiment, proches et voisins sont sous le choc. Khaled, le frère d'Amal, se trouve près des ruines. Il précise à notre journaliste Lyana Alameddine, présente sur place, que sa sœur hospitalisée dans la nuit souffre de quelques fractures mais « va bien. » « Nous sommes tous sous le choc », ajoute-t-il, exprimant cependant un semblant d'espoir concernant sa nièce Élissar. « Certains disent qu’ils ont entendu des battements de cœur » via les appareils spécialisés utilisés par les secouristes. « J’espère tellement que c'est vrai », lâche-t-il.

« C'est devenu ordinaire »

Notre correspondant rapporte en outre, citant une source locale, qu'un homme aurait été placé en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur le drame par les forces de sécurité du Sérail de Tripoli. Il s'agirait du propriétaire d'un commerce installé au rez-de-chaussée du bâtiment et qui aurait démoli des piliers dans son local avant l'effondrement. L'enquête sur ces allégations se poursuit selon cette source.

Selon Khaled, son beau-frère, qui souffrait de diabète et venait de faire une opération à cœur ouvert, avait décidé d'attendre samedi matin pour évacuer le bâtiment, dont il était le propriétaire et qu'il ne pensait pas à un risque d'effondrement imminent. Pourtant, plusieurs immeubles s'étaient déjà écroulés au cours des dernières semaines. Un phénomène qui a provoqué l'indignation des habitants.

« Il y a eu tellement d'immeubles qui sont tombés cette année... Avant, quand un seul s'écroulait, nous étions choqués, mais maintenant c'est devenu ordinaire », affirme notamment un voisin, alors qu'un bâtiment du quartier de Dahr el-Moghr a encore été évacué la veille au soir, selon notre correspondant. Dans ce contexte, une autre habitante confie à notre publication avoir « peur », avant de blâmer les autorités pour leur « inaction. »

Sit-in pour des actions de l'exécutif libanais

La police municipale de Tripoli a entre-temps appelé à l'évacuation d'un immeuble du quartier de Bab el-Tebbané, où des fissures font craindre qu'il ne s'écroule, selon notre correspondant.

Par ailleurs, des habitants de la région de Kobbé ont manifesté dimanche devant la mosquée al-Rahma, précise notre correspondant. Ils ont appelé les députés de Tripoli et du Liban-Nord à pousser le gouvernement à régler rapidement la question des bâtiments qui menacent de s'effondrer. Ils ont également demandé que des logements provisoires soient mis à disposition des habitants des bâtisses qu'il faudra rénover. Les manifestants ont affirmé que « l'État a manqué à son devoir et que Tripoli est privée de ses droits ». Ils ont aussi exhorté la municipalité de la ville à « mobiliser toutes les ressources disponibles et à commencer immédiatement le pompage de l'eau », qui s'est accumulée dans des entrepôts se trouvant sous certains bâtiments de Kobbé et Bab el-Tebbané, « dont les fondations sont déjà fragilisées par l'accumulation des eaux stagnantes ». Ils ont insisté sur la nécessité de démolir sans délai les bâtiments menacés, afin d'éviter une nouvelle « catastrophe ».

Les recherches et l'agitation n'ont pas faibli dimanche dans la rue « al-Jadid » à Kobbé, dans et autour des décombres de l'immeuble qui s'était effondré dans la nuit de vendredi à samedi dans ce quartier pauvre de Tripoli, au Liban-Nord. Les services de secours ont poursuivi toute la journée, leurs opérations sur le site à la recherche d'Élissar, l'aînée de la famille el-Mir, toujours portée disparue. Les fouilles se font « à mains nues » pour donner à l'infirmière d'une vingtaine d'années plus de chances de survie, selon le directeur général de la Défense civile, le général Imad Khoreiche.Présent sur place, ce dernier a affirmé que ses équipes « venues de tout le Liban travaillent à mains nues, avec des collègues de la Croix-Rouge libanaise ». « Nous évitons...
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