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Société - Justice

Affaire Abou Omar : mandats d’arrêt contre le faux prince et le cheikh Oraymet

Durant leur audition par la première juge d’instruction de Beyrouth, les deux prévenus ont fait des dépositions contradictoires.

Affaire Abou Omar : mandats d’arrêt contre le faux prince et le cheikh Oraymet

Le cheikh Khaldoun Oraymet, parmi ses visiteurs dans le Akkar. Crédit photo Michel Hallak

La première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a livré, mardi, un mandat d’arrêt à l’encontre de Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un garagiste du Akkar (Liban-Nord) qui s’était fait passer auprès de politiciens et d’hommes d’affaires pour un émir saoudien capable de leur garantir un soutien du royaume wahhabite en échange de paiements. La magistrate a également prononcé un mandat d’arrêt contre Khaldoun Oraymet, un cheikh sunnite suspecté d’avoir joué un rôle-clé dans la facilitation des contacts entre ces personnalités et Abou Omar. En amont des arrestations, la juge d’instruction a interrogé chacun des deux suspects pendant deux heures, et procédé à une confrontation d’une demi-heure entre eux. À l’heure de publier cet article, la juge Osman n’avait pas encore fixé une nouvelle date d’audience.

Le dossier, qui secoue les milieux politiques et religieux sunnites, avait été déféré, la semaine dernière, à la juge d’instruction par le procureur près la cour d’appel de Beyrouth, Raja Hamouche, après avoir engagé des poursuites contre les deux prévenus. Ceux-ci avaient été arrêtés, en décembre dernier, dans le cadre d’une enquête préliminaire menée par le service des renseignements de l’armée et le chef du parquet de cassation, Jamal Hajjar, auprès duquel un homme d’affaires qui serait tombé dans le piège, Ahmad Haddara, avait déposé un recours.

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Joints de part et d’autre par L’Orient-Le Jour, les avocats d’Abou Omar et de Khaldoun Oraymet, respectivement Youssef Zeaïter et Sakhr Hachem, ont fait état de contradictions dans les dépositions des deux détenus, durant l’audience de mardi. Abou Omar aurait ainsi affirmé à la juge d’instruction qu’il avait été contacté par le cheikh sunnite, qui l’aurait, selon lui, « orienté et exploité », dans l’organisation et la conduite de ses contacts avec les hommes politiques et hommes d’affaires présumés visés par la supercherie. À l’opposé, Khaldoun Oraymet aurait déclaré que c’est Abou Omar qui l’avait contacté, se faisant passer à ses yeux pour un prince de la cour royale d’Arabie saoudite.

Selon nos informations, chacun des deux avocats a demandé à la juge Osman un délai pour lui soumettre un mémoire de défense. Dans le document qu’il présentera, Me Zeaïter devrait demander l’audition en tant que témoins de tous les politiciens présumés concernés, dont Abou Omar avait cité les noms au cours des différentes étapes de l’enquête. Dans cette liste, figurent Fouad Makhzoumi, député de Beyrouth, Mohammad Choucair et Youssef Fenianos, anciens ministres, ainsi que Mohammad Sleiman, Sajih Attié et Ahmad Kheir, députés du Liban-Nord. Ils avaient tous été entendus une première fois en cette qualité par le parquet de cassation. Me Zeaïter devrait également demander la convocation, en tant que témoins, de l’ancien chef du gouvernement Fouad Siniora et de Khalaf Habtour, homme d’affaires émirati. Une source proche du dossier précise que le cheikh Oraymet a affirmé, lors de son interrogatoire, que M. Habtour le finançait en tant que dirigeant d’une association.

Tous les témoins politiques précités avaient nié le versement des sommes d’argent pour obtenir des faveurs auprès de l’Arabie saoudite. M. Makhzoumi avait, par exemple, indiqué que sa relation avec les cheikhs de Dar el Fatwa – dont Khaldoun Oraymet fait partie – se limite à la caisse d’hospitalisation qu’il avait créée il y a trois ans.

Interrogés sur une présumée incitation du faux prince saoudien à ne pas choisir Nagib Mikati pendant les consultations parlementaires de janvier 2025, qui avaient finalement conduit à la désignation de Nawaf Salam au poste de Premier ministre, les députés Sleiman, Attié et Kheir avaient déclaré au juge Hajjar avoir effectivement reçu un appel d’Abou Omar en ce sens, mais que cet appel était superflu, car ils avaient déjà décidé d’appuyer Nawaf Salam.

« Pas de crime sans victimes et préjudices »

Une situation qui fait dire à Me Sakhr Hachem qu’en l’espèce, « le crime ne semble pas établi ». Selon lui, il n’y a pas de crime en l’absence de victimes et de préjudices. Il note, à cet égard, que les hommes politiques concernés n’ont ni déposé plainte pour escroquerie ou extorsion d’argent ni pour tentatives de pression sur leurs prises de décision. De même, « l’atteinte aux relations avec un État étranger (article 288 du Code pénal) ne semble pas vérifiée, l’Arabie saoudite n’ayant pas entrepris d’action en ce sens », ajoute-t-il.

En même temps que contre Abou Omar et Khaldoun Oraymet, le juge Hamouche avait engagé des poursuites contre le fils du cheikh Oraymet, Mohammad, actuellement en cavale, pour son implication dans l’affaire. Un autre cheikh sunnite, Khaled Sabsabi, est également poursuivi pour un « faux témoignage » dans lequel il avait affirmé avoir présenté Abou Omar au cheikh Oraymet, avant de se rétracter en expliquant qu’il voulait protéger ce dernier et éviter que la justice ne lui impute l’escroquerie présumée.

La première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osman, a livré, mardi, un mandat d’arrêt à l’encontre de Moustapha Hessiane, alias Abou Omar, un garagiste du Akkar (Liban-Nord) qui s’était fait passer auprès de politiciens et d’hommes d’affaires pour un émir saoudien capable de leur garantir un soutien du royaume wahhabite en échange de paiements. La magistrate a également prononcé un mandat d’arrêt contre Khaldoun Oraymet, un cheikh sunnite suspecté d’avoir joué un rôle-clé dans la facilitation des contacts entre ces personnalités et Abou Omar. En amont des arrestations, la juge d’instruction a interrogé chacun des deux suspects pendant deux heures, et procédé à une confrontation d’une demi-heure entre eux. À l’heure de publier cet article, la juge Osman n’avait pas encore fixé une...
commentaires (5)

ils sont nés pour être faux,ces groupes.

Marie Claude

08 h 35, le 21 janvier 2026

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Commentaires (5)

  • ils sont nés pour être faux,ces groupes.

    Marie Claude

    08 h 35, le 21 janvier 2026

  • Hilarious.

    Avette

    08 h 26, le 21 janvier 2026

  • En quoi wafic safa et ses autres voyous sont différents de ce abou omar ? Au moins le abou omar n’était pas armé lui ! Une justice borgne n’est pas une justice. Tant que le wafic sera libre on restera sur notre faim.

    NG

    06 h 01, le 21 janvier 2026

  • C'est bien que ce soit une juge femme qui jugent ces escrocs de la religion. C'est un signe

    Sou

    23 h 39, le 20 janvier 2026

  • on fait les forts avec toutes les communautes sauf une...

    Karim Ghantous

    20 h 42, le 20 janvier 2026

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