Le chef du parquet d’appel de Beyrouth, Raja Hamouche. Photo DR
Le procureur général près la cour d’appel de Beyrouth, Raja Hamouche, a engagé, lundi, des poursuites dans l’affaire « Abou Omar ». Ce surnom était utilisé par Moustapha Hessiane, un garagiste originaire du Akkar (Liban-Nord), qui se faisait passer pour un membre de la cour royale d’Arabie saoudite auprès de personnalités politiques et d’hommes d’affaires libanais, leur faisant miroiter un soutien du royaume wahhabite dans leurs démarches et activités, en échange de paiements.
Le juge Hamouche, à qui le dossier avait été envoyé, mercredi, par le chef du parquet de cassation, Jamal Hajjar, après clôture de l’enquête préliminaire, a ainsi mis en cause « Abou Omar » et un cheikh sunnite, Khaldoun Oraymet, tous deux arrêtés en décembre dernier par Jamal Hajjar. Suspecté d’avoir joué un rôle-clé dans la facilitation des contacts entre l’imposteur et ses victimes, le cheikh Oraymet avait tenu, une semaine avant son arrestation, une conférence de presse dans laquelle il niait toute accusation et dénonçait une cabale contre lui.
Argent et voiture
Raja Hamouche a également engagé des poursuites contre le fils du cheikh Khaldoun, Mohammad, actuellement en cavale, pour son implication dans l’escroquerie présumée. Une source judiciaire indique à L’Orient-Le Jour que ce dernier est soupçonné d’avoir extorqué une somme d’argent d’un homme d’affaires, Ahmad Haddara, et d’avoir reçu de sa part une voiture. C’est M. Haddara qui avait révélé au grand jour la supercherie, lors d’un recours présenté, en décembre, devant le parquet de cassation.
Abou Omar, le cheikh Oraymet et son fils sont soupçonnés par Raja Hamouche d’avoir cherché à « détériorer les relations entre le Liban et l’Arabie saoudite », sur la base de l’article 288 du Code pénal qui prévoit une « détention à temps » de « quiconque perturbe les relations avec un État étranger ». Le procureur d’appel les suspecte également de « fraude, chantage, influence exercée sur des responsables politiques et usurpation d’identité ».
Un autre cheikh sunnite, Khaled Sabsabi, fait, en outre, l’objet de poursuites, que le juge Hamouche a fondées sur le procès-verbal d’un interrogatoire mené le 31 décembre, sous la supervision du procureur de cassation, par le service des renseignements de l’armée. Ce jour-là, M. Sabsabi avait été maintenu en liberté sous réserve de nouvelle comparution pour les besoins de l’enquête. Selon la source judiciaire citée plus haut, le cheikh est suspecté d’un « faux témoignage » dans lequel il avait affirmé avoir présenté « Abou Omar » au cheikh Oraymet, avant de se rétracter en expliquant qu’il voulait protéger ce dernier et éviter que la justice lui impute l’escroquerie présumée.
Ce sera désormais à la première juge d’instruction de Beyrouth, Roula Osmane, à qui Raja Hamouche a déféré, lundi, le dossier, de poursuivre les investigations.
Dans le cadre de son enquête, le juge Hajjar avait entendu, dès le 31 décembre, plusieurs hommes politiques qui auraient été cités par les prévenus comme ayant joué le jeu. Il avait ainsi interrogé Fouad Makhzoumi, député de Beyrouth, Mohammad Choucair, ancien ministre, ainsi que Mohammad Sleiman, Sajih Attié et Ahmad Kheir, députés du Liban-Nord, tous en tant que témoins. Au cours d’une réunion du bloc de la Modération nationale, dont font partie ces trois derniers, Mohammad Sleiman avait été contacté par le faux prince saoudien, qui l’avait incité à ne pas choisir Nagib Mikati pendant les consultations parlementaires de janvier 2025, lesquelles avaient finalement conduit à la désignation de Nawaf Salam au poste de Premier ministre. MM. Sleiman, Attié et Kheir avaient néanmoins déclaré au juge Hajjar que l’appel d’« Abou Omar » était superflu, car ils avaient déjà décidé d’appuyer Nawaf Salam.
Interrogé également, l’ancien ministre Youssef Fenianos, proche du chef des Marada, Sleiman Frangié, avait, pour sa part, indiqué qu’« Abou Omar » l’avait contacté à trois reprises, avant l’élection présidentielle de janvier 2025, l’assurant du soutien de la candidature de M. Frangié par l’Arabie saoudite. Lorsque M. Fenianos a sollicité, dans ce cadre, une visite en Arabie de l’ex-candidat à la présidentielle, « Abou Omar » aurait interrompu tout contact. Plus généralement, tous les politiques interrogés ont nié toute implication personnelle ou tout versement dans l’escroquerie attribuée à « Abou Omar ».



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Mais arrêtez donc de noyer le poisson en faisant semblant de faire votre boulot Messieurs les magistrats et justiciers de notre pays. Attelez-vous plutôt à faire la chasse aux vrais criminels et aux vassaux sur notre sol qui continuent à imposer leurs conditions, même vaincus et aux abois que vous continuez à caresser dans le sens du poil en espérant nous convaincre qu’ils sont dans leurs droits de détruire notre pays. Les voleurs aussi sont toujours dans la nature et vous vous concentrez sur des faits divers qui en aucune façon ne menacent la sécurité de notre pays.
12 h 34, le 13 janvier 2026