Les émissaires étrangers posent tous la même question : que fera le Hezbollah en cas de bombardements américains contre l’Iran ? Selon des sources proches du gouvernement, cette question revient inévitablement dans tous les entretiens, à l'heure où les risques d’éclatement d’une nouvelle guerre contre l’Iran augmentent. Le parti interviendra-t-il ainsi pour ouvrir un nouveau « front de soutien » à l’Iran ? Selon l’armée libanaise, le Hezbollah n’a plus de présence militaire dans la zone située au sud du Litani. Mais, là aussi, il n’y a aucune certitude, car le parti n’a pas publié de communiqué, comme le suggéraient les Égyptiens, pour confirmer qu’il n’a plus de présence militaire dans la région frontalière. De plus, certaines figures qui évoluent dans son orbite laissent entendre que si le besoin s’en fait sentir, il pourrait rapidement revenir dans la zone.
Ce sujet constitue un souci majeur pour les émissaires occidentaux, qui soutiennent officiellement le déploiement de l’armée dans la zone située au sud du Litani. Au point, d’ailleurs, de fixer enfin une date pour la tenue d’une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, le 5 mars, à Paris. Mais, pour tout ce qui concerne le Hezbollah, la méfiance internationale est toujours de mise, surtout que les Israéliens font tout ce qu’ils peuvent pour semer le doute sur la réalité des réalisations de l’armée libanaise au sujet du processus de monopole des armes. C’est pourquoi le principal souci des émissaires internationaux est actuellement d’essayer de savoir quelles sont les véritables intentions du Hezbollah dans ce contexte explosif. Surtout qu’il ne faut pas non plus occulter le fait qu’un nouveau cycle de violence pourrait accentuer le clivage interne au Liban. Dans les milieux politiques, on affirme que si la tension continue de monter entre la communauté chiite et les autres composantes du pays, la situation pourrait devenir incontrôlable.
Pour toutes ces raisons, les émissaires étrangers cherchent à comprendre ce que prépare le Hezbollah, en posant des questions précises à leurs interlocuteurs libanais. Mais, jusqu’à présent, les réponses qu’ils ont reçues s’inscrivent davantage dans le cadre de spéculations que d’informations. En réalité, nul n’est en mesure de définir avec précision quelle sera l’attitude du Hezbollah, qui maintient le flou sur ses intentions, mais aussi sur ses capacités, depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessation des hostilités le 27 novembre 2024. Dans les discours qu’il a prononcés au cours de l’année écoulée, le chef de la formation Naïm Kassem a multiplié les affirmations sur le fait que le Hezbollah s'est reconstitué, tout en reconnaissant que la formation n’a plus le surplus de force qu’elle avait dans le passé. Il a aussi déclaré à plusieurs reprises que la patience du Hezbollah a des limites, laissant entendre qu’il ne devrait pas accepter indéfiniment d’être attaqué sans réagir. Mais quel sera le moment à partir duquel il décidera de réagir, nul ne le sait et certains se demandent si justement ce ne serait pas celui où le régime iranien serait attaqué au point d’être renversé.
C’est pourquoi la réponse la plus adéquate à la question des émissaires étrangers reste la suivante : on ne peut prédire la réaction du Hezbollah. Si l’attaque reste limitée à une confrontation entre l’Iran et les États-Unis, il n’interviendrait pas. Mais si les Israéliens s’en mêlent, cela pourrait changer la donne. Surtout si le Hezbollah se sent menacé. La tactique du flou est donc, pour l’instant, sa meilleure réponse. Car s’il affirme qu’il compte intervenir si l’Iran est attaqué, cela pourrait servir de prétexte aux Israéliens pour lancer une attaque préventive plus large contre le Hezbollah et contre son environnement populaire. Et si, au contraire, il déclare qu’il compte rester à l’écart, comme il l’avait fait en juin 2025 lors de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, cela pourrait aussi pousser les Israéliens à profiter de son inertie pour multiplier leurs attaques.


Il faut arrêtez de voir le Hezbollah comme l’épouvantail de la région ou du pays. Il n'a jamais représenté quoi que ce soit d'autre que le régime des mollahs qui s'effrite de jour en jour juste comme le Hezbollah s'est effrité. Il n'a plus les moyens de quoi que ce soit. Certains lui donne plus d'importance qu'il n'en faut pour des raisons politiques. Malheureusement le Président lui même en fait partie. Le Hezbollah a imposé a l’état un accord de cessez le feu qu'il n'a toujours pas respecté. Il faut en assumer les conséquences. Ces dernières arrivent très très vite!!!
14 h 30, le 19 janvier 2026