Israel Katz, ministre israélien de la Défense, lors d'une conférence de presse à Budapest, en juin 2024. Photo d'archives Attila Kisbendek / AFP
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, s'est rendu mercredi au Liban-Sud, réaffirmant sa détermination à maintenir des troupes dans une zone qu'elles occupent plus de 600 km² de territoire libanais, ainsi qu'en Syrie et à Gaza. Ordonnant l’armée israélienne de se préparer, sur les plans administratif et opérationnel, à une présence de longue durée au Liban, le ministre israélien a assuré que l'État hébreu ne se retirerait « en aucun cas » des « zones de sécurité ».
« Comme le Premier ministre et moi-même l'avons clairement affirmé, nous ne nous retirons pas de cette zone de sécurité » - le terme par lequel Israël désigne la bande territoriale qu'il occupe - a dit M. Katz, cité par son bureau. « L'armée est ici pour protéger les localités du nord » d'Israël « et ses propres forces. Nous nettoierons cette zone (...) Nous ne nous retirerons en aucun cas des zones de sécurité: ni au Liban, ni en Syrie, ni à Gaza », a-t-il insisté lors d’une visite auprès de soldats israéliens dans des villages libanais frontaliers d’Israël, dont des dizaines sont occupés et démolis. Il a demandé à l’armée de se préparer à rester durablement dans ces secteurs, tout en poursuivant la destruction de « toutes les maisons » et ce qu’il présente comme des « infrastructures terroristes ». « Nous voyons ici la crête du Beaufort, après la destruction des tunnels qui s’y trouvaient », a lancé M. Katz. Des dynamitages de grande ampleur, en contrebas du château croisé de Beaufort, avaient été effectués il y a une dizaine de jours, les forces israéliennes étant déployées et poursuivant leurs opérations sur une bande d'environ 10 kilomètres à l'intérieur du pays voisin, le long de la frontière.
Israël et le Liban, toujours techniquement en état de guerre, ont signé un accord-cadre fin juin qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans le sud, à commencer par des « zones pilotes » qu'Israël doit évacuer sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien. Le parti chiite rejette cet accord et refuse de déposer les armes. Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël poursuit des frappes ponctuelles au Liban.
Selon un responsable du département d'État américain, les États-Unis organiseront un nouveau cycle de négociations entre Israël et le Liban début septembre à Rome, dans le but de mettre fin aux hostilités entre les deux pays. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient en mars, en tirant des roquettes sur Israël en soutien à son parrain iranien. Israël a répliqué par de lourds bombardements aériens et une invasion terrestre dans le sud, qui ont fait plus de 4.300 morts selon Beyrouth.
A Gaza, où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis octobre 2025, les forces israéliennes occupent plus de 60% du petit territoire surpeuplé. La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté une feuille de route américaine prévoyant le désarmement du Hamas et à terme le retrait israélien, excluant le départ de ses troupes « tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé ».

